Émile Voillard
From Wikipedia, the free encyclopedia
Émile Voillard, né le 18 février 1872 à Chaumont et mort le 9 juillet 1921 à Cayenne est un journaliste, dessinateur et peintre anarchiste français. Condamné en 1898 dans l’affaire dite de la « bande à Papa », il est déporté au bagne de Guyane, où il réalise des dessins et des aquarelles offrant un témoignage rare sur la vie carcérale et le fonctionnement du système pénitentiaire colonial.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Pierre-Fourier Émile Voillard |
| Surnom |
Papa |
| Nationalité | |
| Formation |
Lycée de Chaumont |
| Activités | |
| Père |
Émile Voillard |
| Mère |
Lucie Renauld |
| Idéologie | |
|---|---|
| Genres artistiques | |
| Condamnation |
15 ans de travaux forcés |
| Lieu de détention |
Prison de Holloway (1897–1898) Prison de Chaumont (1898) Dépôt de Saint-Martin-de-Ré (1898–1899) Bagne de Guyane (1899–1912) |
Biographie
Né à Chaumont en Haute-Marne[1], Pierre-Fourier Émile Voillard fait ses études au lycée de la ville sans obtenir le baccalauréat. Après un passage dans l’armée (1890–1893), il devient rédacteur en chef du journal républicain et socialiste à Chaumont. En 1895, il part à Paris, fréquente les milieux anarchistes de Montmartre et bascule peu à peu dans la délinquance. Surnommé « Papa », il dirige une bande spécialisée dans le vol et le proxénétisme. Son parcours criminel s’achève avec le meurtre d’une veuve lors d’un cambriolage à Chaumont en octobre 1897. Bien qu’il n’ait pas commis le meurtre, il est reconnu complice et organisateur. Condamné le 3 octobre 1898 à quinze ans de travaux forcés, son procès fait sensation sous le nom de « l’affaire de la bande à Papa ».
Déporté en Guyane en 1899, il est affecté au camp des Roches à Kourou. Affaibli par une anémie sévère, il est affecté à des tâches légères à l'infirmerie et se consacre à la peinture. Il produit une série de caricatures à la plume et à l’aquarelle, signées « E.V. », qui dépeignent avec ironie la vie carcérale, les surveillants, les détenus et les conditions d’hygiène. Longtemps confondu avec le dessinateur du bagne « L.K. », il a été distingué de Léon Kroëf grâce à des recherches récentes.
Libéré en 1912, il demeure en Guyane en application de la loi du doublage et s’installe à Cayenne. Il y exerce des activités artistiques, notamment dans la réalisation de décors de théâtre, et produit des caricatures du bagne, dont une partie a été récemment redécouverte et publiée[2].
Après sa réhabilitation accordée le 28 février 1919 par la Cour d'appel de Cayenne, il devient gérant du journal L’Avenir de la Guyane. Son testament, rédigé en juin 1921 et découvert en 2025, confirme son décès le 9 juillet 1921 à l’hôpital colonial de Cayenne à l'âge de 49 ans.
Témoin direct du bagne colonial, Émile Voillard laisse une œuvre rare, à la croisée de l’art, du témoignage et de la critique sociale, qui en fait une figure marquante de la mémoire pénitentiaire française.
Sources primaires
Collection du site-archive Archives Anarchistes versée à Commons et comprenant :
- 2 U 184 aux Archives départementales de la Haute-Marne (400 pages concernant son procès pour meurtre et vol).
- 2 U 185 aux Archives départementales de la Haute-Marne (680 pages concernant son procès pour meurtre et vol).
- 1 J 1165-3 aux Archives départementales de la Haute-Marne (lettre envoyée du bagne en 1900 et saisie)
Bibliographie
- André Bendjebbar, « Les Peintres du bagne de Cayenne », Les Cahiers de la Justice, vol. 1, no 1, , p. 47–60 (ISSN 1958-3702, DOI 10.3917/cdlj.2001.0047, lire en ligne, consulté le )