Émilie ou la Petite Sirène 76

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Émilie ou la Petite Sirène 76 est une émission télévisée musicale française réalisée par Marion Sarraut et diffusée en 1976 dans la collection Numéro un de TF1. Le scénario et la musique sont de Michel Berger.

CréationMichel Berger
Franck Lipsik
RéalisationMarion Sarraut
PaysDrapeau de la France France
Faits en bref Genre, Création ...
Émilie ou la Petite Sirène 76
La Petite Sirène aime la musique...Peinture de John William Waterhouse (1900)
La Petite Sirène aime la musique...
Peinture de John William Waterhouse (1900)

Genre Conte musical
Création Michel Berger
Franck Lipsik
Réalisation Marion Sarraut
Pays Drapeau de la France France
Langue anglais
français
Production
Durée 56 min
Format d’image Couleur1.33:1 (4/3)
Format audio Monophonique
Production Maritie et Gilbert Carpentier pour Numéro 1
Date de première diffusion sur TF1
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Synopsis

Marie-France Pisier, narratrice farfelue, nous conte l’histoire d’Émilie, l’une des trois filles d’un éclairagiste de télévision. Comme son père, Émilie vit dans un monde de rêves, ce qui ne manque pas de susciter les gentilles moqueries de ses deux sœurs. Passionnée par la musique et les chanteurs qu’elle regarde régulièrement à la télévision, Émilie décide d'y tenter sa chance. Entrée en catimini dans l’un des studios, où l’on se prépare à filmer une prestation du chanteur Rod Stewart, elle se fait remarquer par Sébastien le cadreur, en le gênant dans son travail, et tous deux sont mutuellement troublés par cette rencontre.

Alors qu'elle visait un autre but, Émilie est touchée par l'amour et cherche les conseils de sa marraine Cécile, femme pleine d'expérience. Enhardie par les conseils de cette dernière, Émilie retourne aux studios, mais découvre que Sébastien, promu réalisateur par un célèbre couple de producteurs, a eu le coup de foudre pour la séduisante vedette de sa première émission.

Le mariage est célébré pendant qu’Émilie, désemparée, confie son chagrin à ses sœurs. Celles-ci lui remontent le moral et la renvoient à son objectif initial : faire de la musique. Émilie est auditionnée par un producteur qui lui donne sa chance pour une prochaine émission, celle à l'origine de ses aspirations musicales.

Suivant les conseils avisés du bon producteur, Émilie, grâce à l'aide de ses sœurs et de sa marraine, se transforme en meneuse de revue et son show est un triomphe. Emportant gloire et succès, elle reste peinée de n'avoir jamais pu regagner l'amour de Sébastien. Que sont la musique et la gloire, si l’on n’a pas l’amour ?

Fiche technique

  • Titre : Émilie ou La Petite Sirène 76
  • Réalisation : Marion Sarraut
  • Scénario : Michel Berger, Franck Lipsik, librement inspiré du conte La Petite Sirène d’Hans Christian Andersen
  • Musique : Michel Berger
  • Musique additionnelle : Gavin Sutherland
  • Directeur de la photographie : Daniel Poteau
  • Cadreurs : Martial Hazan, Jean-Yves Lemener, Marcel Moulinard, Gérard Raddaz, Patrick Epinette
  • Effets spéciaux : Michel Faure
  • Collaboration artistique : Pierre Fournier-Bidoz, Catherine Clément, Stéphanie de Crombrugghe, Monique Salmon
  • Ingénieur du son : Joël Moulet, assisté d’Armel Le Roy
  • Décorateur : François Comtet, assisté d’Alain Desjardin
  • Chorégraphe : Barry Collins, assisté de Connel Miles
  • Créateur des costumes : Michel Fresnay
  • Costumière : Monique Jolivot
  • Maquilleuse : Aida Rupert
  • Coiffeuse : Nicole Stevanin
  • Scripte : Catherine Roche
  • Monteur magnétoscope : Gérard Griselin
  • Pays d’origine : Drapeau de la France France
  • Producteurs : Maritie et Gilbert Carpentier
  • Chargée de production : Thérèse Guichard
  • Production  : TF1
  • Distributeurs : INA, LCJ Éditions & Productions
  • Studios : SFP (Société française de production)
  • Date de tournage : 1976
  • Format : couleur1.33:1 (Format 4/3) — son monophonique
  • Genre : conte musical
  • Durée : 56 minutes
  • Date de première diffusion : sur TF1
  • Public : tous publics

Distribution

Numéros musicaux

  • Michel Berger a composé treize chansons et trois instrumentaux, à l’exception de Sailing, paroles et musique de Gavin Sutherland :
  1. La Leçon de rock’n roll : Eddy Mitchell, Vannick Le Poulain, Rima Vetter, Michel et Georges Costa, France Gall
  2. Le Monologue d’Émilie : France Gall, Vannick Le Poulain, Rima Vetter
  3. La Lumière plein les yeux : Christophe, Michel et Georges Costa, France Gall, Vannick Le Poulain, Rima Vetter
  4. Chanson des producteurs[1] : Michel Berger, Martine Kelly
  5. Sailing : Rod Stewart
  6. Je n’y arriverai jamais : France Gall, Patrick Bouchitey
  7. Juste un peu d’amour vrai (Chanson de Cécile) : Nicole Croisille, France Gall
  8. Arrivée de la star (instrumental)
  9. Cette chanson-là est au moins pour quelqu’un : Françoise Hardy
  10. Est-ce que par hasard c’est vous ? : Patrick Bouchitey, Françoise Hardy
  11. Une fille de plus : France Gall
  12. Retransmission télévisée du mariage (instrumental)
  13. Aime et tout s’arrangera : France Gall, Vannick Le Poulain, Rima Vetter
  14. Ça balance pas mal à Paris : France Gall, Michel Berger
  15. Suis ta musique où elle va : Michel Berger
  16. Transformation d’Émilie (instrumental)
  17. C’est notre show (final) : Tous
  • Titres retenus et publiés :
  1. La Leçon de rock’n roll : Eddy Mitchell enregistre, en 1977, une version courte dans le volume Il ne rentre pas ce soir de son anthologie parue en 1994, Eddy Mitchell Sessions, CD Polydor / Universal.
  2. Ça balance pas mal à Paris : initialement paru en 1976 en face A du 45 tours Single WEA 16785. Réédité par la suite sur CD dans diverses compilations Warner
  3. Le Monologue d’Émilie : initialement paru en 1976 en face B du 45 tours Single WEA 16785. Réédité en CD en 2004 dans l’anthologie Warner de France Gall.
  4. Suis ta musique où elle va : initialement paru en 1976 sur l’album 33 tours / LP Mon piano danse de Michel Berger, WEA. Album réédité ensuite sur CD WEA[2].

Thèmes et contexte

Émilie ou La Petite Sirène 76 permet à Berger de peaufiner son élaboration de la comédie musicale après le projet commencé puis abandonné d’Angelina Dumas en 1974 et avant l’aboutissement de Starmania, coécrit avec Luc Plamondon en 1978.

La chorégraphie et la scénographie restent restreintes malgré les moyens importants dont bénéficient, à l’époque, les producteurs Maritie et Gilbert Carpentier pour leur Numéro un. Berger y fait d’ailleurs allusion de façon amusante dans l’un de ses couplets extrait de son duo avec Martine Kelly en « célèbre couple de producteurs » (sic) en mal de moyens :

Les producteurs : Chanson des Producteurs
Si on vivait à Hollywood,
Where the music is in the mood,
Ça changerait.
Mais regardez un peu nos coudes,
C’est une bonne machine à coudre
Qu’il nous faudrait.

Néanmoins, on a droit à quelques tandems réjouissants, pas vraiment des duos, mais des dialogues chantés qui annoncent l’architecture musicale des futurs opéras-rock de Berger. Les échos féminins et masculins des complaintes amoureuses, qu’ils soient d’Émilie ou de la star avec le même cadreur, Sébastien, se répondent significativement :

Émilie et Sébastien : Je n’y arriverai jamais

Émilie
Une minute, un sourire peut-être,
Toute la vie pour vivre au passé.
Je crois le voir, le reconnaître,
Si par hasard je me trompais.

Sébastien
Une minute pour dire des mots tendres,
Toute la vie pour les regretter.
Une minute pour ne rien attendre,
Toute la vie pour espérer.

Je n’y arriverai jamais,
Je ne saurai pas comment m’y prendre,
Je n’y arriverai jamais,
Et s’il ne savait pas me comprendre.

Je n’y arriverai jamais,
Je ne saurai pas comment m’y prendre,
Je n’y arriverai jamais,
Si elle ne savait pas me comprendre.

La star et Sébastien : Est-ce que par hasard c’est vous ?

Sébastien
J’ai pas besoin de voir celle que j’aime
Le soir à la télévision,
Plutôt que de l’entendre sur les antennes,
J’aime mieux la voir à la maison,
C’est pas une star qu’il me faut.

La star
J’ai pas besoin d’un cameraman
Pour mettre en scène mes psychodrames,
J’ai pas besoin d’un metteur en scène,
Je distribuerai le rôle moi-même,
Je sais bien ce qu’il me faut.

Ensemble
Je rêve de quelqu’un de simple
Qui me parle d’amour sans faire semblant,
Je rêve de quelqu’un de simple
Qui me parle d’amour simplement,
Est-ce que par hasard c’est vous ?

La quête amoureuse qu’on retrouvera dans Starmania concerne presque tous les intervenants et, quand ils ne sont pas déçus, ils espèrent sans grande conviction :

Émilie : Le Monologue d’Émilie
Moi, Émilie, je croyais
Que l’amour vrai existait,
Mais ne le trouvais jamais.

Cécile, la marraine : Juste un peu d’amour vrai
Pauvre Cécile, tu voulais
Juste un peu d’amour vrai,
Mais ne le trouvais jamais.

La star : Cette chanson-là est au moins pour quelqu’un
Et quand son rire a chaviré,
Et que mon rire l’a consolé,
S’il me dit que chanter n’est rien,
Cette chanson-là est au moins pour quelqu’un.

Émilie : Une fille de plus
Je ne suis qu’une fille de plus
Qui croise son chemin,
Qui croise son destin,
Une fille de plus.

Les sœurs d'Émilie : Aime et tout s'arrangera
Elle attend depuis trop longtemps
Qu'on vienne la prendre par la main,
L'amour échoue encore une fois
Mais il réussira demain.

Le contrepoint léger ou humoristique de la trame est dû, outre les commentaires distanciés de la narratrice excentrique, aux interventions de personnages secondaires comme le père d’Émilie, ses sœurs ou son professeur de rock, prétextes à des ballets, déploiements artistiques hauts en couleur (La Lumière plein les yeux) ou effets spéciaux (Transformation d’Émilie) jusqu'au finale qui clôturera joyeusement ce conte qui se termine mal :

Final : C’est notre show
C’est notre show,
Ça passe trop vite, c’est comme la vie,
C’est notre show,
On tourne la tête et c’est déjà fini.

Les fleurons de cette comédie musicale restent les titres édités, dont l’un eut beaucoup de succès et l’autre nettement moins mais ils constituent pourtant un diptyque, d’un côté, aspirations artistiques d’une chanteuse en devenir et de l’autre, conseils avisés et profession de foi du producteur :

Émilie et le producteur : Ça balance pas mal à Paris
Émilie : Je veux faire un show.
Le producteur : Je demande pas mieux.
Émilie : Mais du nouveau.
Le producteur : C’est tout ce que je veux.
Émilie : Mais je veux pas copier Ginger Rogers.
Le producteur : Pourquoi toujours America first ?

Le producteur à Émilie : Suis ta musique où elle va
Chante-leur les mots pour émouvoir,
Fais-leur connaître ton pouvoir,
Et de l’est jusqu’à l’ouest
Et du nord jusqu’au sud
Suis ta musique où elle va…

Autour de l’œuvre

  • Michel Berger affirme être tombé immédiatement sous le charme de La Petite Sirène quand il l'a lu, et a depuis envisagé d'en faire une adaptation en comédie musicale, transposée dans un monde moderne[3].
  • Jacques Dutronc devait figurer à l'origine dans la pièce, en tant que « livreur de piano », ce qui ne s’est finalement pas concrétisé.
  • C’est l’actrice Marie-Hélène Breillat qui devait incarner, avec Vannick Le Poulain, l’une des deux sœurs d’Émilie. Pour une raison indéterminée, Rima Vetter la remplacera in extremis.
  • Le couple d’amoureux de La Petite Sirène 76 est dans la vraie vie, une paire d’amis. Patrick Bouchitey, comédien révélé au cinéma dans La Meilleure Façon de marcher, en 1976, reçoit de France Gall quelques judicieux conseils sur la meilleure façon de chanter. Avant de devenir comédien, il gagnait d'ailleurs sa vie comme guitariste dans un orchestre de musique pop[3].
  • Michel Berger et France Gall auraient souhaité que les chansons de ce conte musical fassent l’objet d’un album. Malheureusement, à cause de la multiplicité des labels auxquels appartenaient les différents artistes, ce souhait est irréalisable, et un single parait, sous le label WEA.
  • Au-delà de l'inspiration évidente du conte d’Andersen, certains éléments de l'intrigue rappellent étrangement le parcours de France Gall avant sa rencontre avec Michel Berger :
    • Si Émilie a deux sœurs dont elle est proche, France Gall a, elle, deux frères qui l’accompagnent dans sa musique.
    • Le père d’Émilie est un artiste impliqué dans le monde du spectacle, comme celui de France, artiste-parolier réputé.
    • La marraine d'Émilie s'appelle Cécile, comme la mère de France Gall.
    • Les parcours de l'héroïne et de France Gall sont similaires : deux jeunes filles cherchent à réussir dans la musique, et après des histoires d'amour vouées à l'échec, une rencontre leur permet d'accéder à la gloire (le producteur pour Emilie et Michel Berger pour France Gall).

Citations

  • Marie-France Pisier : « Vous avez vu ! La star n’eut aucun mal à convaincre le cameraman… Et ce qui devait arriver, arriva… Le jeune homme, amoureux fou de la star, n’attendit pas longtemps pour l’épouser… ». Et interpellant le professeur de rock qui va commenter le mariage et qui temporise : « Ben, c’est à vous, Zitrone[4] ! Allez ! »
  • Le professeur de rock (Eddy Mitchell) : « Amis téléspectateurs, nous sommes dans cette petite chapelle, perdue au fond d’un hameau, dont le fier clocher se mire où il peut, et c’est ici en direct que nous allons assister à l’événement mondial du siècle, le mariage de la star et du cameraman. À vous, la route du tour ! »
  • Marie-France Pisier : « Pour Émilie, ce mariage était une tragédie… Désespérée, elle retourna se confier à ses sœurs. Leurs conseils allaient lui donner le courage qui l’avait abandonnée… Elle en avait besoin et moi aussi, d’ailleurs… » (Elle essuie quelques larmes au bout de son nez avec son mouchoir).

C’est notre show (final)

Émilie :
Et vous, monsieur le professeur,
Le rock’n’roll ne vous fait pas peur,
Apprenez-nous !

Le professeur de rock :
Eh bien, je vous dirais que si le son d’une Rickenbacker
Vous fait quelque chose là au fond du cœur,
Eh bien, vous emportez la queue du Mickey !
Bonsoir, je rends l’antenne !

Vidéographie

  • 2005 : Émilie ou La Petite Sirène 76, 1 DVD Éditions LCJ (émission originale de 1976) — Réédition en mai et novembre 2007.

Articles connexes

Notes et références

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