Énigme du Sphinx
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L'énigme du Sphinx est une devinette qui, selon la mythologie grecque, fut soumise par le Sphinx à Œdipe, qui en trouva la solution. Il s'agit de déterminer « quel être, pourvu d'une seule voix, a d'abord quatre jambes le matin, puis deux jambes à midi, et trois jambes le soir ? », la réponse correcte du héros étant « l'Homme », lequel enfant marche à quatre pattes, adulte se tient debout seul et âgé s'appuie sur un bâton. L'énigme est un motif culturel récurrent dans les cultures classique et populaire.

Dans la mythologie grecque, le Sphinx garde l'entrée de la ville grecque de Thèbes, exigeant des voyageurs la réponse à une énigme pour leur permettre de passer. L'énigme exacte n'a pas été mentionnée par les premiers conteurs du mythe, et n'a été spécifiée qu'à la fin de l'histoire grecque[1].

Il est dit dans la tradition qu'Héra ou Arès envoie le Sphinx de sa patrie éthiopienne (les Grecs se souvenaient toujours de l'origine étrangère du Sphinx) à Thèbes en Grèce où il soumet à tous les passants la célèbre énigme : « quel être, pourvu d'une seule voix, a d'abord quatre jambes le matin, puis deux jambes à midi, et trois jambes le soir ? »
Il étrangle et dévore quiconque ne peut y répondre. Œdipe résout l'énigme en répondant : « L'homme - qui rampe à quatre pattes comme un bébé, puis marche sur deux pieds à l'âge adulte, puis utilise une canne dans la vieillesse »[2]. Rarement, une seconde énigme est évoquée[3] : « Il y a deux sœurs: l'une donne naissance à l'autre et elle, à son tour, donne naissance à la première. Qui sont les deux sœurs? ». La réponse est « jour et nuit » (les deux mots - respectivement ἡμέρα et νύξ - sont féminins en grec ancien). Cette deuxième énigme se retrouve également dans une version gasconne du mythe et pourrait être très ancienne[4].
Œdipe, étymologisé en « celui qui a les pieds gonflés » (du verbe οἰδέω / oidéō, « gonfler ») peut aussi être compris comme « celui qui sait les pieds » (du verbe οἶδα / oîda, « savoir ») et renvoyer à l'énigme du Sphinx. Œdipe, comme beaucoup d'autres héros, a un nom qui le prédestine (comme Ulysse, dont le nom est explicitement rapproché par Homère du verbe ὀδύσσομαι / odússomai (« être en colère »), qui appelle sur lui la colère de Poséidon). Or, ironie tragique, l'énigme peut aussi être une prophétie de la part du Sphinx qu'Œdipe ne peut comprendre : l’animal étrange qui marche à quatre pattes, puis sur deux, et enfin sur trois, est lui-même, les yeux crevés à la fin de la pièce de Sophocle, sa canne à la main.[réf. nécessaire]
Vaincu, le Sphinx se jette alors de son haut rocher et meurt[5]. Dans certaines autres versions, plus rares, Œdipe le tue[6]. Une version alternative raconte qu'il se dévore lui-même[réf. nécessaire]. Dans les deux cas, Œdipe peut donc être reconnu comme une figure de « liminarité », contribuant à effectuer la transition entre les anciennes pratiques religieuses, représentées par la mort du Sphinx, et la montée des nouveaux dieux olympiens.[réf. nécessaire].
