L’équation de Gross–Pitaevskii est l'équation qui régit l'état et la dynamique d'un gaz de bosons ultra-froids (condensat de Bose-Einstein) sous l'approximation d'Hartree. Sa forme indépendante du temps s'écrit:
On considère un gaz dilué de bosons ultra-froids dans un potentiel de confinement , interagissant entre eux via un potentiel ne dépendant que de la distance entre 2 bosons . Le hamiltonien de ce système est donc:
.
Dans l’approximation de Hartree, la fonction d’onde totale du système est considérée
comme étant le produit des fonctions d’onde à une particule :
.
Une telle forme pour la fonction d'onde totale signifie que les bosons sont tous dans le même état, ce qui est raisonnable à ultra-basse température. De plus, cette fonction d'onde reste inchangée par permutation de 2 particules, ce qui correspond bien à un système bosonique.
Puisque le gaz est dilué, la distance moyenne entre atomes est beaucoup plus grande
que la distance caractéristique d’interaction. On considère alors que:
On peut montrer[1] que si la fonction d’onde à une particule satisfait l'équation de Gross-Pitaevskii, alors la fonction d’onde totale minimise l’énergie du hamiltonien sous la contrainte de normalisation .
Remarques sur l'équation de Gross-Pitaevskii
Il est remarquable que cette équation corresponde à l'équation de Schrödinger du gaz parfait à laquelle on ajoute un terme non linéaire. L'équation de Gross-Pitaevskii est d'ailleurs souvent appelée équation de Schrödinger non linéaire par les mathématiciens.
Le choix de la condition de normalisation est essentiel pour l'obtention de l'équation de Gross-Pitaevskii. Cependant, en changeant cette normalisation, on change l'équation. Elle devient par exemple si on choisit . Malgré les apparences, ceci n'est qu'un artifice mathématique, et ne change rien à la physique sous-jacente.