Ésaïe Gasc soutient sa thèse de théologie publiquement en 1771 puis, après ses derniers examens, il est accepté par la Compagnie des pasteurs de Genève en 1772. Il accède à la bourgeoisie de Genève en 1774. Il épouse Etiennette-Louise Dominicé à Vandœuvres[2]. Il est nommé pasteur-catéchiste à Saint-Gervais le . Il est banni de Genève après la révolution manquée de 1782, pour une durée de dix ans[1], et prend un poste dans l'église wallonne de Hanau en Hesse de 1784 à 1786, pour lequel il reçoit une recommandation de la Compagnie des pasteurs de Genève, qui atteste que «son exil de Genève n'avait d’autres causes que des raisons politiques», puis à Constance (1786-1790), dans une église créée pour les réfugiés genevois[1], en 1789, il est rappelé à Genève, à la demande de la Compagnie des pasteurs qui fait une démarche pour que son bannissement soit levé, et il est rétabli dans ses fonctions et nommé pasteur à Cartigny puis à Genève (1790-1793)[3].
En 1793, il quitte ses fonctions pastorales et est élu, le , membre de l'Assemblée nationale de Genève. Il participe à la rédaction de la Constitution et est élu syndic en 1794[3]. il est soupçonné de participer aux événements de Terreur révolutionnaire d'. Il appartient au Conseil législatif en 1795 et est secrétaire d’État en 1798. Il est signataire du traité de réunion à la France qui fait de Genève le chef-lieu du département français du Léman. Gasc ne retrouve pas sa place dans la compagnie des pasteurs.
En 1809, il est nommé professeur à la faculté de théologie de Montauban, qui vient d'être créée, et prend ses fonctions en [4]. Ses positions théologiques libérales et antitrinitaires suscitent des contestations de la part des orthodoxes. Les premières contestations viennent de Lasalle, d'un pasteur dont le frère est étudiant à la faculté de Montauban. Elles sont relayées à Nîmes, Montpellier, Anduze, Alès, et jusqu'à Toulouse[1], et Daniel Encontre, ancien pasteur et professeur à l'université de Montpellier, porte son argumentation sur la confession de foi, pour réfuter les thèses de Gasc. Des pasteurs de Nîmes lui opposent quant à eux, dans des courriers qu'ils lui adressent, la «doctrine reçue» de l'Église réformée[5]. Gasc accepte des «concessions nécessaires à la conservation de son poste»[6]. Il meurt de façon subite peu après, le , juste avant la reprise des cours, ce qui éteint la polémique[7]. Il est remplacé par Daniel Encontre.
Références
1234Charles Dardier, Ésaïe Gasc, citoyen de Genève, sa politique et sa théologie. Genève - Constance - Montauban 1748-1813, Paris, Fischbacher, 1876.
↑Daniel Robert, «Ésaïe Gasc», dans André Encrevé (dir.), Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine. 5 Les Protestants, Paris, Beauchesne, (ISBN2701012619), p.212-213.
Charles Dardier, Ésaïe Gasc, citoyen de Genève, sa politique et sa théologie: Genève - Constance - Montauban 1748-1813, Paris, Fischbacher, (lire en ligne)
Daniel Robert, «Ésaïe Gasc», dans André Encrevé (dir.), Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine. 5 Les Protestants, Paris, Beauchesne, (ISBN2701012619), p.212-213
Liens externes
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