État islamique au Caucase
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Fondation |
|---|
| Zone d'activité | |
|---|---|
| Type | |
| Pays |
| Présidents |
Rustam Asildarov, Aslan Byutukayev (en) |
|---|---|
| Organisation mère |
L'État islamique au Caucase, est une subdivision territoriale et une faction armée de l'organisation djihadiste État islamique[1]. Son théâtre d'opérations se situe dans le district fédéral du Caucase du Nord, en Russie. La proclamation de l'établissement de cette entité est intervenue le 23 juin 2015, par un message officiel de la direction centrale de l'organisation mère. À cette occasion, le commandement en fut confié à Rustam Asildarov[2],[3]. Bien que sa structure organisée ait été militairement démantelée en tant que force de combat cohérente dès 2017, la mouvance perpétue des actions sporadiques par le biais d'initiatives individuelles ou de cellules dormantes se réclamant de son obédience. À l'instar d'autres wilayats, telles que les provinces turque, azerbaïdjanaise ou philippine, cette instance n'est actuellement dotée d'aucune autorité centrale clairement identifiée[4],[5].
Dès novembre 2014, une mutation structurelle s'opère au sein de l'Émirat du Caucase. Des cadres intermédiaires de l'organisation insurgée rompent leur serment d’obéissance envers l’émir Aliaskhab Kebekov pour se rallier à Abou Bakr al-Baghdadi. Ce basculement fait suite à l'instauration, quelques mois auparavant, d'un califat par l'État islamique[6]. Le phénomène de défection s'amplifie en février 2015, touchant une part substantielle du commandement des subdivisions de Tchétchénie (Vilayat Nokhchicho) et du Daghestan (Vilayat Dagestan)[6],[7]. En réaction, Kebekov et les instances dirigeantes de l'Émirat publient des diatribes fustigeant ces ralliements et frappent Rustam Asildarov, figure de proue des transfuges, du sceau de la félonie[8],[9]. La fragmentation de l'organisation s'achève en juin 2015 lorsque Aslan Byutukayev[10], à la tête de la branche tchétchène, prête allégeance à al-Baghdadi, suivi par une proclamation sonore émanant de combattants opérant au Daghestan, en Tchétchénie, en Ingouchie et en Kabardino-Balkarie[11].
Présence en Russie
Le 23 juin 2015, le porte-parole de l'organisation État islamique, Abou Mohammed al-Adnani, entérine ces serments d'allégeance et décrète l'institution d'une nouvelle circonscription administrative — ou wilaya — dont le ressort s'étend sur le Caucase septentrional. À cette occasion, Adnani investit Rustam Asildarov de la charge de préfet de cette entité territoriale et enjoint aux insurgés locaux de se placer sous son autorité[12],[13].
L'organisation revendique son acte inaugural le 2 septembre 2015, en ciblant une enclave militaire de la Fédération de Russie située dans la partie méridionale du Daghestan[14]. Par le truchement d'une communication vidéographique diffusée au cours du même mois, Asildarov exhorte les affidés de l'État islamique établis dans le Caucase à privilégier l'engagement belliqueux endogène au détriment d'une expatriation vers les théâtres d'opérations irakiens et syriens[15].
Le 4 décembre 2016, les forces de sécurité de la Fédération de Russie font état de la mort d'Asildarov ainsi que de quatre de ses associés. Cette estocade survient au cours d’une incursion ciblée visant une habitation sise à Makhatchkala[16].
Le 18 février 2018, un individu âgé de vingt-deux ans ouvre le feu au sein d’une église à Kizliar. L’agression cause le décès de cinq personnes et en blesse cinq autres. L’assaillant est neutralisé par les forces de l’ordre. Subséquemment, une séquence vidéo est divulguée, sur laquelle l’auteur de l’attentat prête serment d’allégeance à l’État islamique. Par ailleurs, l’organisation revendique la responsabilité de l’attaque[17].
Le 20 août 2018, un commando de jeunes assaillants a perpétré une attaque au couteau contre un commissariat de police à Grozny. L’assaut a causé des blessures à sept agents des forces de l’ordre. L’ensemble des agresseurs trouve la mort durant l’opération. L’organisation État islamique revendique la responsabilité de cette action[18].
Au cours de la première semaine du mois de janvier 2019, l'organisation a revendiqué la responsabilité de deux actions violentes survenues en 2018 à Magnitogorsk, en Russie : l'effondrement d'un immeuble d'habitation et un attentat perpétré le lendemain. Selon les dires du groupe, la destruction de l'immeuble résultait d'un sabotage au moyen d'engins explosifs. Toutefois, cette allégation a été contestée par des enquêteurs russes, lesquels privilégient l'hypothèse d'une déflagration accidentelle provoquée par une fuite de gaz[19].
Le 25 janvier 2019, dans la localité de Sernovodskoye, au sein du district de Kourski, un individu armé a pris pour cible un détachement de forces de l'ordre. L'agression a occasionné des blessures à deux fonctionnaires de police. En réaction à cette attaque, les représentants des forces de l'ordre ont fait usage de leurs armes de service, neutralisant mortellement leur assaillant. La dépouille de ce dernier a été ultérieurement découverte en zone boisée, à proximité d'un fusil d'assaut de type Kalachnikov. L'État islamique a revendiqué la perpétration de cet acte[20],[21].
Le 23 juin 2019, à Grozny, un assaillant, muni d’une arme blanche, agresse deux agents des forces de l’ordre devant la résidence officielle de Ramzan Kadyrov. L’individu est immédiatement neutralisé par les services de sécurité. À l’issue de l’intervention, un fusil de chasse est découvert à l’intérieur de son véhicule. L'État islamique revendique ultérieurement la responsabilité de cet acte[22].
Le 2 juillet 2019, un agent des forces de l'ordre a été tué et plusieurs autres blessés à un point de contrôle à la périphérie de Bamut lorsqu'un militant a réussi à attaquer des policiers avec un couteau et une grenade à main. Le groupe État islamique a par la suite revendiqué l'attaque[23].
Le 21 janvier 2021, Aslan Byutukayev et cinq autres militants de l'EI ont été tués en Tchétchénie[24].
Après 2021, le sort du groupe est incertain. Avec l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, l'organisation se retrouvée sans chef.
Les 2 et 3 mars 2024 se déroule, à Karaboulak, un affrontement armé opposant les forces de l'ordre russes à un groupe de combattants insurgés ingouches. Ces derniers, liés à l'organisation État islamique, sont neutralisés au cours de l'opération. Cet engagement, d'une rare violence, entraîne la mort de plusieurs membres des forces fédérales et de l'ensemble des assaillants retranchés[25].
En avril 2024, la composante ingouche de Vilayat Kavkaz a procédé à la diffusion d'un enregistrement sonore exposant son analyse de la conjoncture opérationnelle du groupe. Selon cette communication, l'organisation accroît ses capacités, voit ses effectifs s'étoffer et manifeste une intensification de son activité sur le terrain. Par ailleurs, la même source indique que la structure s'emploie actuellement à pourvoir à sa direction, demeurée vacante depuis l'année 2021[26].
Le 22 avril 2024, dans la ville de Karatchaïevsk, au sein de la république de Karatchaïévo-Tcherkessie (région du Caucase septentrional), une patrouille des forces de l'ordre russes est la cible d'une attaque perpétrée par des individus armés, présumés appartenir à l'organisation État islamique. L'assaut entraîne le décès de deux policiers, tandis qu'un troisième est grièvement blessé. Les assaillants s'emparent également des armes de service des victimes, soit un pistolet et un fusil, ainsi que d'une certaine quantité de munitions[27].
Le 28 avril 2024, une incursion armée attribuée à des éléments se réclamant de l’État islamique (EI) survient dans le village de Mara-Ayagy, en Karatchaïévo-Tcherkessie. Les assaillants, à bord d’un véhicule automobile, s’approchent d’un poste de police avant de faire usage d’engins explosifs et d’ouvrir le feu. L’attaque cause le décès de deux fonctionnaires de police et blesse au moins quatre autres agents. Les auteurs de l’assaut, encerclés ou neutralisés au cours de l’intervention des forces de l’ordre, auraient tous trouvé la mort dans l’affrontement[28].
Présence en Géorgie
Le 22 novembre 2017, la ville de Tbilissi constitue le théâtre d'une opération de contre-terrorisme d'envergure. À la suite d'un assaut mené par les forces de sécurité géorgiennes contre une cellule retranchée dans un complexe résidentiel, trois membres présumés de l'État islamique perdent la vie, tandis qu'un quatrième individu est appréhendé. Le bilan humain au sein du Service de sécurité d'État de Géorgie fait état de quatre blessés et d'un décès ultérieur en milieu hospitalier. Selon les autorités locales, ce groupuscule projetait la perpétration d'attentats ciblant des représentations diplomatiques étrangères établies en Géorgie ainsi qu'en Turquie[29].
En mai 2022, l'instance judiciaire municipale de Tbilissi prononce la condamnation de cinq individus, appréhendés au cours du mois d'août 2021. Les chefs d'inculpation retiennent leur affiliation à l'organisation État islamique ainsi que l'élaboration d'un projet de ralliement vers des structures paramilitaires situées en République arabe syrienne. Subséquemment, en décembre de la même année, les services de la sûreté de l'État géorgien procèdent à l'interpellation de Tsiskara Tokhosashvili, frère de Tsezar Tokhosashvili, dignitaire de ladite organisation. Cette mesure coercitive fait suite à des présomptions d'allégeance au groupe terroriste et de concours logistique ou opérationnel apporté aux activités belligènes sur les territoires syrien et irakien[30].
En décembre 2022, les autorités géorgiennes procèdent à l'interpellation d'un individu, membre présumé de l'organisation djihadiste État islamique, dans l'enceinte de l'aéroport international de Tbilissi. Cette appréhension est conduite par le Centre antiterroriste, une unité dépendant du Service de sécurité d'État de Géorgie. Le prévenu est le frère cadet de Tsezar Tokhosashvili, également connu sous le pseudonyme de guerre d'Al-Bara al-Shishani. Ce dernier avait été arrêté à Kiev en novembre 2019, au cours d'une opération conjointe menée avec les services ukrainiens, avant d'être remis aux autorités géorgiennes l'année suivante. Signalé par une notice rouge d'Interpol pour des actes de terrorisme, Tsezar Tokhosashvili avait rejoint les rangs de l'État islamique en 2015[31].
Le 6 juin 2024, le Service de sécurité de l'État géorgien a arrêté deux militants affiliés à l'EI ainsi qu'une cache d'armes dans la ville de Batoumi[32].
Le 20 février 2025, les organes de sécurité de la Géorgie ont conduit une série d’interventions visant des individus inféodés à l’organisation État islamique. À l’occasion de ces opérations, les forces de l’ordre ont procédé à la saisie d’un important arsenal, comprenant notamment des projectiles offensifs de type RG-42, des grenades défensives F-1, ainsi que divers agents explosifs, des amorces pyrotechniques et des allumeurs du modèle UZRGM. Ont également été répertoriés dans l’inventaire des chargeurs en résine bakélisée destinés au fusil d’assaut AK-74, de même qu’une quantité substantielle de cartouches de calibre 5,45 millimètres[33].