Étienne Rufz de Lavison

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Décès
Nationalité
Française
Activité
Docteur en médecine
Maire de Saint-Pierre (1854-1856)
Président du Conseil général de la Martinique (1854-1857)
Directeur du Jardin d'Acclimatation
Délégué pour la Martinique au Comité des colonies (1867-1870)
Étienne Rufz de Lavison
Fonctions
Délégué (en)
Martinique
à partir de
Directeur
Jardin d'acclimatation
-
Président
Conseil général de la Martinique
-
Maire de Saint-Pierre
-
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Française
Activité
Docteur en médecine
Maire de Saint-Pierre (1854-1856)
Président du Conseil général de la Martinique (1854-1857)
Directeur du Jardin d'Acclimatation
Délégué pour la Martinique au Comité des colonies (1867-1870)
Parentèle
Véronique Goulet (d) (descendant en ligne directe)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Distinction
Officier de la Légion d'honneur (1856)
Membre associé de l'Académie de médecine (1875)

Étienne Rufz de Lavison est un médecin, administrateur colonial et homme politique français né le 14 janvier 1804 à Saint-Pierre en Martinique et décédé le 2 octobre 1884 à Neuilly-sur-Seine.

Formé à Paris, il fut l’un des médecins martiniquais les plus actifs du XIXe siècle, tant par ses travaux médicaux que par son rôle politique dans l’administration de l’île.

Né en 1804 dans une famille créole d'origine bordelaise, arrivée à la Martinique vers 1790, d'un père capitaine au long cours[1], Étienne Rufz de Lavison poursuit de brillantes études à Paris, où il obtient son doctorat en médecine en 1835 et est reçu premier à l'agrégation. Durant son internat, il reçoit la médaille d’or des hôpitaux de Paris (1833)[1],[2].

En 1836, il est envoyé par l’administration à Marseille où sévit une épidémie de choléra à Marseille[2], et est récompensé de son zèle par la croix de chevalier de la Légion d'honneur[3].

Il retourne ensuite en Martinique où il est nommé médecin en chef de l’hôpital civil de Saint-Pierre, alors la plus grande ville de l'île, fonctions qu'il occupe pendant de longues années, et qui lui permettent de se dévouer à de nombreuses causes. Ainsi, il instaure les premières campagnes d’hygiène publique de la Martinique, dirige le comité de vaccination et crée le premier hôpital psychiatrique dans la ville de Saint-Pierre[1].

Esprit très curieux et novateur, il rédige un grand nombre d'études et fut l'un des pionniers à utiliser le chloroforme fait à base de venin de serpent comme anesthésiant naturel. Propriétaire depuis 1850 de l'habitation sucrière « le Fond Cannonville »[1], assesseur du tribunal civil, il est élu en 1854 maire de Saint-Pierre, puis occupe les fonctions de président du Conseil général de la Martinique entre 1854 et 1857[2].

Rentré en France métropolitaine vers 1860 pour veiller à l'éducation de ses enfants[1], Etienne Rufz de Lavison est bientôt nommé le premier directeur du Jardin d'acclimatation du Bois de Boulogne, à Paris, nouvellement créé, fonctions qu'il cède en 1865 à son adjoint Albert Geoffroy Saint-Hilaire[2].

Resté proche des réseaux antillais, il est nommé en 1867 délégué pour la Martinique par le Comité des colonies.

Correspondant national de l'Académie de médecine depuis 1846, il est élu membre associé en 1875[2]. Il était officier de la Légion d'honneur depuis 1856.

Il meurt en 1884 à Neuilly-sur-Seine,

Travaux médicaux

Étienne Rufz de Lavison contribue à plusieurs domaines de la médecine du XIXe siècle, notamment :

  • la connaissance de la méningite[4] ;
  • la neurologie pédiatrique, avec des recherches sur l’« hydrocéphale aiguë » ;
  • l’hygiène publique et la médecine coloniale ;
  • l’organisation des soins psychiatriques en milieu colonial.

Son Mémoire sur la maison des aliénés de Saint-Pierre (1856) constitue l’un des premiers témoignages sur l’organisation de la psychiatrie dans les Antilles françaises. Ses Études historiques et statistiques sur la population de la Martinique fournissent par ailleurs des données précieuses sur la santé, la démographie et l’environnement social de l’île durant la période coloniale.

Engagement politique et administratif

Rufz de Lavison participe à la vie politique martiniquaise en tant que maire de Saint-Pierre (1854-1856) et membre du Conseil général, dont il assume la présidence entre 1854 et 1857. Sous le Second Empire, il est nommé en 1867 délégué pour la Martinique par le Comité des colonies.

Publications

  • Sand, ou les étudiants allemands, tragédie en vers en cinq actes, jouée au théâtre de l'Odéon, 1835[2].
  • Quelques Recherches sur les symptômes et sur les lésions anatomiques de l'affection décrite sous les noms d'hydrocéphale aiguë, fièvre cérébrale, méningite, méningo-céphalite, chez les enfans, thèse, 1835.
  • Des fluides et des solides dans l’économie animale, thèse, 1835.
  • Quelques recherches sur les symptômes et les lésions anatomiques de l’hydrocéphale aiguë chez les enfants, 1835.
  • Enquête sur les serpents de la Martinique, dits fer-de-lance, 1843, réed. 1859.
  • Recherches sur les empoisonnements pratiqués par les nègres de la Martinique, 1844.
  • Études historiques et statistiques sur la population de la Martinique, 1850.
  • Mémoire sur la maison des aliénés de Saint-Pierre (Martinique), 1856.
  • Discours prononcés par M. Rufz de Lavison comme maire de Saint-Pierre (Martinique), de Soye et Bouchet Imp., Paris, 1862 (lire en ligne).
  • La Martinique sous le gouvernement de M. le contre-amiral Mathieu : 1844-1848, Revue britannique, Paris, 1882.
  • La Martinique sous le gouvernement de M. le contre-amiral du Val d'Ailly (1840-44), Revue britannique, Paris, 1882, 48 pages (lire en ligne).

Famille

En 1844, Etienne de Rufz de Lavison épouse Cécile Martin de La Martinière avec laquelle, il aura 4 enfants, dont descendance contemporaine.

La famille de Rufz de Lavison, toujours subsistante, est une famille d'ancienne bourgeoisie, originaire de Saint-Macaire, en Guyenne, où elle a donné plusieurs générations de juges royaux et où elle possédait le fief noble de Lavison, depuis le XVIIe siècle[5],[6].

Distinctions

Bibliographie

  • Alain Garnier, Étienne de Rufz de Lavison (1804–1884) : recherches biographiques pour la Société martiniquaise d’histoire de la médecine, C’Éditions, Fort-de-France, 2012, 203 pages.

Voir aussi

Notes et références

Liens externes

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