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Les Îlets-Jérémie est un secteur de la Municipalité de Colombier dans la région de la Côte-Nord de la province canadienne de Québec. Située sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, la petite communauté est nommée d'après un archipel tout près de ses rives qui marque la partie la plus à l'ouest du territoire du hameau. Les Innus, communauté autochtone de la région, nomme l'endroit Ishkuamishkut, signifiant «là où l'on attend l'ours polaire»[1].
Les îlets ont été nommés d'après un certain Noël Jérémie dit Lamontagne, qui est né entre 1629 et 1638, et est mort entre 1694 et 1697. Vers 1660, il a créé un établissement de traite et de pêche sur le territoire. On trouve la première mention du poste des Îlets-Jérémie (plus tard écrit aussi Îlets-à-Jérémie ou Îlets-de-Jérémie) en 1673 par le père-missionnaire Jésuite François de Crespieul. La même année, Noël Jérémie fut commis au poste de traite de Tadoussac, mais il allait souvent dans les îles avec son fils, Nicolas, pour faire du commerce de la fourrure avec les Innus de Betsiamites et des environs. Nicolas Jérémie Lamontagne devint un interprète et commis pour la Compagnie de la Baie d'Hudson à la suite de la conquête anglaise. Il est l'auteur de la célèbre «Relation du Détroit et de la Baie d'Hudson», publié en 1720. Il décède à Québec le .
Après des fermetures intermittentes, le poste des Îlets-Jérémie devint la propriété de la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1831. Il est alors considéré comme le meilleur poste de traite sur la Côte-Nord. Il ferme définitivement en 1859 et les opérations sont transférées à Betsiamites.
Une communauté s'établit aux Îlets-Jérémie aux environs de 1735 lorsque la chapelle Sainte-Anne fut construite par le père-missionnaire jésuite Jean-Baptiste de la Brosse (1724-1782). Il a enseigné aux Innus la lecture et l'écriture de leur propre langue. Par conséquent, les Innus adoptèrent l'alphabet latin et présentait un degré inattendu d'alphabétisation au XVIIIesiècle[2].