On ignore la date exacte de la composition du Đại Việt sử lược[1] mais d’après le dernier chapitre du livre, qui porte en titre le nom de l’ère Trần Phế Đế, il était achevé en 1377[2],[3]. On ignore tout autant le nom de l’auteur[1] mais selon diverses sources, il s'agirait du chroniqueur Sử Hy Nhan[3]. Ce haut fonctionnaire, reçu premier aux Examens impériaux de 1363, était si réputé pour sa connaissance de l'histoire que l'empereur Trần décida de changer son patronyme de « Trần » en « Sử » (qui signifie « histoire » en vietnamien)[4]. D'après d’autres sources, le Đại Việt sử lược ne serait qu'une version résumée du Đại Việt sử ký, chroniques composées par Lê Văn Hưu en 1272, voire peut être seulement des Việt chí (Annales du Viet) de Trần Phổ, avec des chapitres supplémentaires relatifs à la Dynastie Trần ; toutefois l'absence de tradition indirecte ne permet pas de confirmer l'une ou l'autre de ces hypothèses[5].
Au cours de la Quatrième occupation chinoise du Vietnam, plusieurs archives importantes pour l'histoire du Đại Việt furent confisquées par la Dynastie Ming, dont le Đại Việt sử ký, et disparurent ensuite[5],[6],[7],[8]. Malgré son transfert en Chine[9], le Đại Việt sử lược fut conservé dans sa forme d'origine et rejoignitSiku Quanshu, la bibliothèque impériale de la Dynastie Qing, sous le titre de Việt sử lược ; le premier idéogramme, Đại (大, qui signifie Grand) fut supprimé pour marquer la précédence chinoise[5]. C'est pourquoi cet ouvrage est considéré comme le plus ancien recueil d'annales encore intactes relatives à l’histoire du Viêt Nam[1],[4],[10] et le livre le plus précieux jamais ramené de Chine au Vietnam[11]. En 1978, le Đại Việt sử lược fut le premier livre sur l'histoire du Vietnam à être traduit directement du chinois classique en russe[12].