Œuvres de jeunesse de Balzac

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Les œuvres de jeunesse de Balzac comprennent, d'une part, des essais philosophiques et des essais romanesques inachevés qui resteront inédits du vivant de Balzac, et, d'autre part, des romans de jeunesse produits à des fins alimentaires et sous divers pseudonymes (« Lord R’hoone », « Horace de Saint-Aubin » ou « Aurore Cloteaux »), entre 1820 et 1827. Longtemps « ignorés », ces premiers écrits ont suscité, depuis les années 1960, un certain intérêt auprès d’universitaires qui s’interrogent sur leur lien avec La Comédie humaine[1].

« Avant toute tentative de création romanesque, Balzac s'est exercé à philosopher[2]. » Son « Discours sur l'immortalité de l'âme[3] », est constitué d'une série de fragments dans lesquels il réfute la position du dualisme cartésien en faveur du monisme. Le jeune Balzac s'appuie sur la philosophie des Lumières et le modèle mis de l'avant par Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, qui défendait le principe d'unité de composition contre le système de Georges Cuvier[4]. Certains aphorismes révèlent déjà son ambition littéraire : « Beaucoup de gens écrivent pour qu'on lise leurs pensées, celui qui veut s'attacher au solide doit écrire pour faire penser son lecteur. C'est mon but[5]. » Il affirme sa prédilection pour la philosophie d'Épicure, déplore la fadeur de la peinture des vertus et s'interroge sur le bonheur : « Une bulle de savon qui change de couleur comme l'iris et qui éclate quand on la bouge[6]. »

Ces essais contiennent aussi des notes sur ses « Lectures de philosophes » (Malebranche, Descartes, Spinoza, dont il traduit le début de l'Éthique, et d'Holbach) ainsi qu'un bref « Essai sur le génie poétique » et un « Traité de la prière ». Ces divers textes sont tous inachevés.

Les essais romanesques inédits

Entre 1820 et 1824, Balzac s'essaie à la littérature. Il travaille en 1820 à un projet de roman avorté, dont on a conservé deux ébauches successives, Agathise et Falthurne, récit qu'il attribue à un abbé italien fictif (Savonati) traduit par un traducteur fictif (un maître d’école nommé Matricante). Ces romans dont l’action se déroule en Italie et dont l’héroïne est dotée de pouvoirs surnaturels mêlent le style de Walter Scott et celui de Rabelais[7]. Le début et la fin en sont perdus.

Entre 1820 et 1821, il travaille à un roman épistolaire, Sténie ou les erreurs philosophiques, qu'il envisageait de publier en deux petits volumes, ainsi qu'en atteste le calibrage des signes, mais qu'il abandonna après 52 lettres[8]. Ce roman est inspiré à la fois de La Nouvelle Héloïse et de Werther[9]. L'histoire porte la marque du romantisme, comme le note Maurice Bardèche : « La jeune femme est éperdue, l’amant est irrésistible, le mari brutal et cynique[10]. »

Les romans de jeunesse

Notes et références

Bibliographie

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