Ꟗ
lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée en moyen scots du XVe au XVIe siècle
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La lettre Ꟗ en majuscule et ꟗ en minuscule, aussi appelée s moyen scots, est une lettre additionnelle abréviative de l’alphabet latin utilisée, principalement pour représenté sis ou ser dans certains mots ou comme symbole pour des mots commençant par s, en latin, en moyen anglais, en moyen français, en moyen néerlandais, en moyen scots du XVe au XVIe.
| S moyen scots | |
| Graphies | |
|---|---|
| Capitale | Ꟗ |
| Bas de casse | ꟗ |
| modifier |
|
Utilisation
En latin, le ꟗ est utilisé comme abréviation de sis ou ser[1] ou de séquences similaires ou plus longues, par exemple dans menꟗ (mensis)[2], ꟗmo (sermo), cōmiſꟗii (commissarii). Elle a initialement la forme d’un s long barré ẜ[3],[4], et ses formes plus récentes se confondent avec certaines ligatures comme le ss (ſs ou ſꟙ) ou l’eszett allemand[5],[1].

- reservatis dans le manuscrit Adv.MS.34.5.5 du XVe siècle siècle.
- sermonem dans le manuscrit BSB Clm 18211 du xve siècle.
- sermone dans le manuscrit Jordan von Quedlenburg, Sermones de evangeliis, vol. 2 - BSB Clm 747, 1458.
- sermone imprimé avec ſꝫ dans Leonardus de Utino, Sermones Aurei de sanctis, 1478,
- regis missus dans le manuscript Cambridge, Corpus Christi College, MS 100 du XVIe siècle.
- Lindisfarnensis dans le manuscript Cambridge, Corpus Christi College, MS 100 du XVIe siècle.
- mensis dans un article du Zentralblatt für Bibliotekswesen, vol. 16, 1899.
Anglais
En anglais, cette lettre est notamment utilisée comme abréviation de ser[6], sir ou sire.
- Sir John Williams dans le manuscript Bodleian Library MS. Add. E. 3 (R) de 1553.
Moyen scots
Dans les manuscrits en moyen scots, cette lettre a des formes similaires et est une abréviation similaire utilisée pour ser ou sis, mais aussi parfois au lieu de s, ss, is.
- becauꟗ (because) dans une lettre signée par James IV du 11 avril 1464.
- alꟗ (als ou alse) dans un acte du parlement d’Écosse du 18 mai 1491.
- houꟗ (house) dans un livre de compte de 1505.
- ꟗue (serve) dans Egerton MS 2880, une traduction de la Bible en moyen scots du xvie siècle.
- ꟗr (sire) dans Egerton MS 2880.
- ꟗeffis (shereffis) dans Summons of Inquest, 23 January 1558.
- anꟗr (answer) dans Summons of Inquest, 23 January 1558.
- ꟗuandis (servandis) dans Estate of the Household of James VI, 1580.
- witneſꟗ (witnesses) dans A Case of Slander, 1676.
Dans les éditions imprimées de textes moyen scots du xixe et xxe siècles, des caractères spécifiques sont utilisés. Ceux-ci sont notamment distincts du eszett allemand ‹ ß › lorsqu’il a la forme d’une ligature de ſz, s long et z.L’orthographe du moyen scots s’anglicise et les digrammes et trigrammes tht, ss et ꟗ ne sont plus utilisés après 1570[7].
Le s moyen scots est utilisé comme ligature de ſs, s long et s ou deux s, comme le eszett allemand ‹ ß ›, mais contrairement à celui-ci pas comme ligature ſz, s long et z. Il a donc parfois une forme identique aux eszetts composés de deux s.





Moyen français
Cette lettre a aussi été utilisée en moyen français dans des abréviations pour une contraction après une s, comme ser dans certains mots comme service, servant ou serviteur, sir, sieu, sser, ssieu, saire, ssemen, sain, saint, ses[8], ou encore pour seigneur[9],[10] ou sire notamment dans monseigneur ou messire, dans des mots comme suivant ou enseignement[11]. Elle a aussi été utilisée pour son dans raison.
- monꟗr (monseigneur) dans un texte d’Olivier de la Marche dans le manuscrit de Gand G 4389 produit vers 1475.
- meſꟗe (messire) dans BNF MS. 3480, 1401-1425.
- Sy jay mal faict en vous ꟗuant (servant) dans Le douziesme livre contenant trente chansons amoureuse a cincq parties, vol. « Contratenor », 1550.
- monꟗ (monseigneur) saint augustin dans le manuscrit Den Haag, Huis van het boek: MMW 10 A 12, ca. 1410-1412.
- Aſꟗmoult (assavoir moult) dans Nicolas Chuquet, Le Triparty, BNF Français 1346, 1484.
- ꟗoit (seroit) vuyde dans Nicolas Chuquet, Le Triparty, BNF Français 1346, 1484.
- ꟗche (serche) dans Nicolas Chuquet, Le Triparty, BNF Français 1346, 1484.
- ceste Raiꟗ (Raison) dans Nicolas Chuquet, Le Triparty − BNF Français 1346, 1484.
- laultre ꟗa (sera) de .24. dans Nicole Oresme, Traité de la sphère − BNF NAF 1052, xve siècle.
- Deux variantes de ꟗr (seigneur) illustrées dans Chassant 1839.
- ꟗrie (seigneurie) illustré dans Chassant 1839.
- Monseigneur de Bourbon dans Charles VIII, L’appointement de romme, 1494.

Moyen néerlandais et néerlandais
En néerlandais, la lettre est utilisée dans des abréviations pour une contraction après un s comme dans voorꟗ (voorseid) ou voirꟗ (voirseid), deꟗ (desen), deſꟗ (dessus)[11], pour stuivers[12], ou dans des patronymes comme Jansꟗ (Janszoon)[13],[14]. Elle est généralement remplacée par ss. ou sz. dans les documents imprimées ou numériques, par exemple voorss. ou Jansz.
- dese voirseyde provincie dans Den Haag, Huis van het boek - MMW 10 D 37, circa 1525.
- voorseyd dans Dits die excellente cronike van Vlaenderen, 1531.
- voorseid dans Ordonnantien Statuten, Edicten enn Placcaten, ghepubliceert in de landen van hervvaerts ouer byzonder in Vlaendren, 1559.
- voorseyd dans Copien vande vonnissen binnen der stadt Leyden gevvezen, 1587.
- voorseide dans Octrooi voor de VOC, 1602.
- van onse bloede dans Den Haag, Huis van het boek - MMW 10 C 26, deuxième moitié du xvie siècle.
- deseluer (dezelver) dans Citation d’huissier, en date du 9 juillet 1609.
Italien
En italien, la lettre ou le ſ long barré diagonalement ont été utilisés comme abréviation de sier ou ser, forme courte de signore, dans messer, ou dans d’autres mots.
- per sier Nicolò di Rossi dans Simon Grisogono, Il mercante arrichito del perfetto quaderniere, 1666.
- messer dans Libro di Aritmetica e delle Lunationi - BSB Cod.ital. 220, 1428.
- Et se miseria dans la Divina Comedia de Dante dans le manuscrit BSB Cod.ital. 665 du xiiie siècle.
Catalan
En catalan médiéval et en catalan, la lettre ou le ſ long barré diagonalement ont été utilisés dans l’abréviation de mossen.
- mossen dans une lettre du xve ou xvie siècle dans le Fons personals Josep M. Millàs i Vallicrosa.
Symbole
L’abréviation est aussi utilisée pour le signe demi, semis en latin, en médecine ou alchémie au durant le Moyen Âge et la Renaissance, ainsi que pour le signe du solidus (ou du sou) jusqu’au xixe siècle[15],[16].
- « Demi drachme » dans le manuscrit BSB Clm 963, 1497.
- « Demi drachme » dans J. Reusch, Praecavendae et curandae pestilitatis methodus, 1527.
- « Demi drachme » dans Paracelsus, Der grossenn Wundartzney, 1537.
- « Demi drachme » dans J. Fernel, Therapeutices Universalis, 1574.
- Une drachme et demi dans Gregor Horst, Centvria Problematvm Medicorvm therapeutikōn, 1636.
- Une drachme et demi dans Georg Ernst Stahl, Observationes clinico-practicae, 1718.
- 17 livres 18 sous 7 deniers dans F. Ghaligai, Pratica d'arithmetica, 1548
- 168 florins 1 sous 24 deniers et 9⁄64 dans C. Rudolff, Künstliche rechnung, 1550.
- « livre − sou − denier » dans C. Pesnot, Tariffe et concordance des poids, 1571.
- 1 marks 48 schillings dans B. Willent, Einnahm Kirchengeldes Anno 1614, 1614.
- Deux formes du signe sou dans N. Chuquet, Le Triparty − BNF Français 1346, 1484.
Représentations informatiques
Le s moyen scots peut être représenté avec les caractères Unicode (latin étendu D) suivants :
| formes | représentations | chaînes de caractères | points de code | descriptions |
|---|---|---|---|---|
| capitale | Ꟗ | Ꟗ | U+A7D6 | letter majuscule latine s moyen scots |
| minuscule | ꟗ | ꟗ | U+A7D7 | lettre minuscule latine s moyen scots |













