Éclipse lunaire du 1er mars 1504

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L'éclipse lunaire du est une éclipse lunaire totale visible principalement depuis l'Afrique, l'Europe et l'est de l'Amérique du Sud. Elle se rattache à la série du saros lunaire 105, et présente un gamma de 0,41 et une magnitude de 1,10. Faisant partie de la première saison d'éclipses de , elle précède de 15 jours l'éclipse solaire du .

Gamma0,4057
Magnitude1,0956
Saros105 (53 sur 74)
Faits en bref Type d’éclipse, Nature ...
Éclipse lunaire du
Gravure sur bois représentant Christophe Colomb montrant l'éclipse du 1er mars 1504 aux autochtones, issue de lAstronomie populaire de Camille Flammarion.
Gravure sur bois représentant Christophe Colomb montrant l'éclipse du aux autochtones, issue de l'Astronomie populaire de Camille Flammarion.
Type d’éclipse
Nature éclipse lunaire totale
Gamma 0,4057
Magnitude 1,0956
Saros 105 (53 sur 74)
Éclipse maximum
Durée 5 h 39 min 40 s (pénombrale)
3 h 25 min 45 s (partielle)
47 min 36 s (totale)
Localisation Afrique de l'Ouest
Circonstances générales (UTC)
Début de l'éclipse pénombrale (P1) 21 h 51 min 47 s
Début de l'éclipse partielle (U1) 22 h 58 min 41 s
Début de l'éclipse totale (U2) 0 h 17 min 46 s
Maximum de l'éclipse 0 h 41 min 35 s
Fin de l'éclipse totale (U3) 1 h 5 min 22 s
Fin de l'éclipse partielle (U4) 2 h 24 min 26 s
Fin de l'éclipse pénombrale (P4) 3 h 31 min 27 s
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Cette éclipse est notamment connue sous le nom d'« éclipse de Colomb ». En effet, Christophe Colomb, cherchant à ce que les natifs de la Jamaïque continuent d'approvisionner son équipage, réussit à les intimider en prédisant correctement la venue de cette éclipse.

Caractéristiques

Contexte astronomique

Cette éclipse appartient au cycle de saros lunaire 105 et constitue le 53e événement sur 74 de cette série astronomique[1]. Elle fait partie de la première saison d'éclipse de , et est suivie de l'éclipse solaire du .

Paramètres

Trajectoire de la Lune à travers l'ombre de la Terre.

Comme toutes les autres éclipses de la série de saros lunaire 105, celle du se produit au nœud descendant de l'orbite de la Lune. Son gamma est de 0,4057, ce qui signifie que le centre de l'ombre de la Terre passe légèrement au nord du centre de la Lune durant l'éclipse. Sa magnitude est de 1,0956. Survenant 6 jours avant l'apogée de la Lune ayant lieu le à 16 h 50 UTC[2], le demi-diamètre apparent de la Lune durant l'éclipse est de 15′30,3″.

L'éclipse pénombrale (P1) commence à 22 h 51 min 47 s UTC, suivie par le début de la phase partielle (U1) à 22 h 58 min 41 s UTC, puis de la totalité (U2) à 0 h 17 min 46 s UTC. Le maximum de l'éclipse a lieu à 0 h 41 min 35 s UTC. La phase totale (U3) se termine à 1 h 5 min 22 s UTC, la partielle (U4) à 2 h 24 min 26 s UTC, et enfin la pénombrale (P4) s'achève à 3 h 31 min 27 s UTC. Ainsi, la durée de la phase pénombrale est de 5 h 39 min 40 s, de 3 h 25 min 45 s pour la phase partielle et de 47 min 36 s pour la phase totale.

Zone de visibilité

La Terre vue du centre de la Lune au moment du maximum de l'éclipse.

L'éclipse lunaire du est visible dans son intégralité depuis l'Europe, l'Afrique, le Groenland, est l'est de l'actuel Brésil. En Asie, l'éclipse est observable au coucher de la Lune, celle-ci se couchant avant la fin de l'éclipse. À l'inverse, dans le reste du continent américain, le phénomène est visible au lever de la Lune, l'astre apparaissant déjà éclipsé au-dessus de l'horizon. Enfin, l'ensemble de l'Océanie reste en dehors de la zone de visibilité, la Lune y demeurant sous l'horizon tout au long de l'événement.

L'éclipse de Colomb

Le , Christophe Colomb échoua ses deux dernières caravelles sur les côtes de la Jamaïque. Les populations de l'île accueillirent Colomb et son équipage et leur fournirent des vivres, mais après six mois, ils cessèrent de les approvisionner[3]. Colomb avait à bord un almanach écrit par Abraham Zacuto, contenant des tables astronomiques couvrant les années 1475-1506[4]. En les consultant, Colomb remarqua la proximité d'une éclipse de Lune. Il demanda alors une rencontre pour ce jour-là avec le cacique, et lui dit que son dieu était en colère contre le traitement que la population locale avait infligé à ses hommes ; il dit que son dieu fournirait un signe clair de son mécontentement en faisant apparaître la pleine lune montante « enflammée de colère ».

L'éclipse et la « lune sanglante » apparurent ponctuellement, impressionnant et effrayant les indigènes. Le fils de Colomb, Ferdinand, écrivit que :

« avec de grands cris et des lamentations, les indigènes accoururent de partout vers les vaisseaux, chargés de provisions, priant l'amiral d'intercéder en leur faveur auprès de la divinité afin qu'elle ne répande pas sa colère sur eux[5]... »

Colomb se retira dans sa cabine pour « prier » (en fait, pour mesurer la durée de l'éclipse avec un sablier) ; peu avant la fin de la totalité (après 48 minutes), il annonça aux indigènes effrayés qu'ils allaient être pardonnés[3], ce qu'il leur confirma lorsque la Lune réapparut[6].

Calculs de longitude

Colomb fut peut-être le premier à utiliser une éclipse de Lune pour déterminer la longitude, une idée proposée par Hipparque. Ces éclipses sont visibles au même moment dans tout un hémisphère, mais l'heure solaire où elles se produisent dépend de la longitude du lieu d'observation, une heure d'écart correspondant à 15 degrés de longitude.

Colomb n'avait pas d'autre moyen de mesurer le chemin parcouru vers l'ouest. Il utilisa l'éclipse lunaire du près d'Hispaniola, et celle du en Jamaïque, mentionnant dans son journal à cette occasion que la Jamaïque était à 7 heures et 15 minutes de Cadix. Cependant, la longitude réelle de la Jamaïque correspond à un décalage de 4 heures 44 minutes. Une erreur aussi importante demande une explication. D. W. Olson remarque que l'almanach utilisé par Colomb (que ce soit celui de Regiomontanus ou celui de Abraham Zacuto) donne l'heure du maximum de l'éclipse, et suppose que Colomb aurait pu l'interpréter comme l'heure de son début[7]. Cela expliquerait une erreur de 150 minutes (et donc de 37 degrés de longitude), qui aurait pu encourager Colomb à penser qu'il avait atteint l'Asie, et non découvert un nouveau continent.

Dans la culture populaire

Littérature

En 1885, Henry Rider Haggard utilisa une version déformée de cette histoire dans son roman Les Mines du roi Salomon, où le héros Allan Quatermain et ses compagnons convertissent les tribus locales à leur cause en prédisant une éclipse de Lune.

Dans le roman de Mark Twain de 1889, Un Yankee à la cour du roi Arthur, Hank Morgan, un voyageur temporel américain venu du 19e siècle, échappe au bûcher en prédisant une éclipse de Soleil dans l'Angleterre au temps du légendaire roi Arthur.

Le roman historique de Bolesław Prus, Pharaon, écrit en 1894-95, utilise la même trame[8].

La même idée apparaît également dans Le Temple du Soleil, quatorzième album de la série de bande dessinée Les Aventures de Tintin de Hergé[9].

Dans sa nouvelle El Eclipse, Augusto Monterroso reprend l'anecdote, mais avec une conclusion sarcastique et anti-impérialiste[10].

Cinéma

Dans le film Apocalypto (1982) de Mel Gibson, le protagoniste est sauvé par cette fameuse éclipse, les antagonistes pensent que leur Dieu refuse le sacrifice.

Notes et références

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