17th Lancers
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Le 17th Lancers (Duke of Cambridge's Own) (littéralement le 17e régiment de lanciers du duc de Cambridge) est un régiment de cavalerie de l'armée de terre britannique ayant servi de 1759 à 1922. Il est surtout connu pour sa participation à la charge de la brigade légère pendant la guerre de Crimée.
| 17th Lancers (Duke of Cambridge's Own) | |
Insigne de casquette du 17th Lancers. | |
| Création | 7 novembre 1759 |
|---|---|
| Dissolution | 27 juin 1922 |
| Pays | |
| Branche | British Army |
| Type | Régiment |
| Rôle | Cavalerie |
| Surnom | The Death or Glory Boys, The Horse Marines, The Tots, The White Lancers |
| Devise | Death Or Glory (« La mort ou la gloire ») |
| Guerres | Guerre d'indépendance des États-Unis Guerres de la Révolution française Guerres napoléoniennes Guerre de Crimée Révolte des cipayes Guerre anglo-zouloue Seconde guerre des Boers Première Guerre mondiale |
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Historique
Guerre de Sept Ans

En 1759, le colonel John Hale du 47e régiment d'infanterie rentre en Grande-Bretagne avec les dernières lettres du général James Wolfe et la nouvelle de sa victoire contre les Français à la bataille des Plaines d'Abraham, en septembre de la même année[1]. Après son retour, Hale est récompensé par l'octroi de terres au Canada et la permission de lever un régiment de dragons légers. Ce régiment est organisé à Hertfordshire le sous le nom de 18th Regiment of (Light) Dragoons, également connu sous l'appellation de Hale's Light Horse (« cavalerie légère de Hale »)[2],[3]. Le colonel Hale choisit pour son unité l'insigne de tête de mort avec la devise Or Glory (« Ou la Gloire »)[4].
Le régiment sert en Allemagne au cours de l'année 1761[5] et devient le 17th Regiment of (Light) Dragoons en [3]. Il est affecté en Irlande en 1764[6]. En , il change une nouvelle fois de numéro, pour devenir le 3rd Regiment of Light Dragoons. Il retrouve finalement le no 17 en 1769 en tant que 17th Regiment of (Light) Dragoons[3].
Guerre d'indépendance des États-Unis

Sous la direction du lieutenant-colonel Samuel Birch, le régiment est envoyé en Amérique du Nord en 1775 et débarque à Boston, alors assiégé par les insurgés américains en lutte pour leur indépendance. En juin, le 17e dragons légers combat à la bataille de Bunker Hill, qui s'achève sur une coûteuse victoire britannique[7]. Renvoyé sur Halifax, il participe ensuite aux batailles de Long Island en [8], de White Plains en octobre suivant et de Fort Washington en novembre[9]. Il est encore engagé lors des batailles des forts Clinton et Montgomery en [10], de Crooked Billet en et de Barren Hill un peu plus tard dans le mois[11].
Un peloton du 17e est attaché à la British Legion du colonel Banastre Tarleton et prend part à plusieurs batailles durant la campagne du Sud[12]. Fiers de leur appartenance à l'armée régulière, les dragons du 17e entretiennent une identité distincte du reste du corps, à recrutement provincial, et conservent leurs tenues écarlates délavées plutôt que d'adopter l'uniforme vert de la légion[13].
Un lieutenant est tué et plusieurs cavaliers trouvent la mort ou sont blessés lors de la bataille de Cowpens, en [14]. Lors de cet engagement, nombre de cavaliers de la légion, recrutés sur la base du volontariat parmi les prisonniers américains de la précédente bataille de Camden, refusent de croiser le fer avec leurs compatriotes. Tarleton, à la tête d'une cinquantaine d'hommes regroupant des officiers de la légion et les cavaliers du 17e, effectue alors une charge pour tenter de soutenir son aile droite, mais ses dragons, bien qu'initialement victorieux, sont surpris et défaits par une force de cavalerie américaine supérieure en nombre[15].
La guerre d'indépendance des États-Unis prend officiellement fin en 1783. Un officier du régiment, le capitaine Stapleton, est choisi pour remettre à George Washington la dépêche confirmant la cessation des hostilités[16].
Guerres de la Révolution française
Après la fin des combats en Amérique, le régiment regagne l'Irlande où il demeure jusqu'en 1795, date à laquelle il est envoyé dans les Caraïbes pour y renforcer les unités décimées dans la guerre contre les Français[17]. Deux pelotons du 17e participent, peu après leur arrivée, à la répression d'un soulèvement des marrons en Jamaïque[18]. D'autres détachements sont embarqués à bord du HMS Success en qualité de troupes « surnuméraires ». Selon certains historiens, leur expérience en mer serait à l'origine du surnom Horse Marines (les « Marines à cheval ») attribué au régiment[19]. Ce dernier retourne en Angleterre en [20]. Il stationne de nouveau en Irlande à partir de , et ce jusqu'à l'hiver 1805[21].
Guerres napoléoniennes et conversion en régiment de lanciers

En 1806, le régiment prend part aux invasions britanniques du Río de la Plata en Amérique du Sud, alors sous domination de l'Espagne et alliée à la France de Napoléon Ier. À l'initiative du commodore Home Riggs Popham, une première expédition, ordonnée sans le consentement du gouvernement britannique, échoue. Une seconde tentative est alors menée, cette fois sous la responsabilité du général Samuel Auchmuty. Le contingent de ce dernier, dont fait partie le 17e dragons légers, assiège Montevideo qui capitule en [22]. La même année, le régiment sert dans le corps expéditionnaire de John Whitelocke, chargé de s'emparer de Buenos Aires ; l'opération se solde toutefois par un échec retentissant[23]. Les troupes britanniques (parmi lesquelles les dragons du 17e) sont contraintes à la reddition et ne regagnent leur pays d'origine qu'en [24].
Peu après son retour en Angleterre, l'unité est transférée en Inde[25] où elle prend part à une attaque contre les Pindarî en 1817, dans le cadre de la troisième guerre anglo-marathe[25]. Pendant son séjour sur place, la maladie fait des ravages au sein du régiment[26]. Le 17e dragons légers sert toujours en Inde quand, sur décision du haut commandement britannique, il est transformé nominalement en régiment de lanciers[27] ; le qualificatif Lancers est ajouté à sa titulature en 1822[2],[3]. Le corps ne prend connaissance de son nouveau statut qu'en 1823 lorsque, à l'occasion d'une escale à Sainte-Hélène durant son voyage de retour en Grande-Bretagne, il se voit remettre un exemplaire de l'Army List[27]. Si l'emploi de la lance est, à cette époque, encore en vigueur dans différentes régions de l'Europe continentale[28], il ne l'est plus dans l'armée britannique depuis plus d'un siècle[29]. Sa réintroduction par le duc Frédéric d'York, commandant en chef des forces britanniques, est en grande partie motivée par les prouesses accomplies sur le champ de bataille par les lanciers polonais de Napoléon[30]. L'uniforme adopté par les régiments de lanciers britanniques, dont le 17e, est également d'inspiration polonaise[31].
En 1826, George Bingham (futur 3e comte de Lucan) prend le commandement du régiment après avoir acheté son grade de lieutenant-colonel pour la somme présumée de 25 000 livres[32]. Jusqu'à son départ, Bingham dépense sans compter pour les uniformes et les chevaux de ses hommes, ce qui vaut au 17e lanciers le surnom de Bingham's Dandies (les « dandys de Bingham »)[33].
Guerre de Crimée

Engagé dans la guerre de Crimée, le régiment débarque dans la baie de Kalamita, près d'Eupatoria, en . Intégré à la brigade légère de Lord Cardigan, il participe quelques jours plus tard à la bataille de l'Alma[34]. Le , le 17e lanciers, commandé par le capitaine William Morris, est déployé en première ligne sur le flanc gauche de la brigade légère au cours de la charge de cette dernière lors de la bataille de Balaklava. La brigade submerge les lignes d'artillerie russes avant de refouler la cavalerie russe placée en soutien ; toutefois, incapable de se maintenir en raison de la faiblesse de ses effectifs, elle doit revenir sur sa position de départ, non sans être attaquée par les Russes au cours de sa retraite. Les pertes du régiment lors de cette débâcle sont de 7 officiers et 67 hommes[35]. Les lanciers prennent ensuite part au siège de Sébastopol durant l'hiver 1854[36]. Après la création de la croix de Victoria en 1856, trois membres du régiment en sont décorés pour actes de bravoure lors de la charge de Balaklava, à savoir le sergent-major de troupe John Berryman[37], le sergent-major Charles Wooden[38] et le sergent John Farrell[39].
Ère victorienne
En , l'unité est dépêchée en Inde afin de combattre la révolte des cipayes contre l'occupant britannique. Le soulèvement est toutefois réprimé avant même que le 17e lanciers n'ait pu participer aux combats, bien qu'étant engagé dans la poursuite de Tatya Tope, le chef des insurgés[40]. Au cours de cette poursuite, le lieutenant Evelyn Wood se voit attribuer la croix de Victoria en reconnaissance de sa bravoure[41]. Devenu le 17th Regiment of Lancers en [3], le régiment est rapatrié en Angleterre en 1865[40] et est rebaptisé en 17th (The Duke of Cambridge's Own) Lancers lorsque le duc de Cambridge est désigné pour être son colonel en chef en 1876[3].
Le 17e lanciers part ensuite pour le Natal où a lieu la guerre anglo-zouloue et est présent à la bataille d'Ulundi sous les ordres du lieutenant-colonel Drury Curzon Drury-Lowe en . Au cours de l'affrontement, il est placé au centre du grand carré formé par l'infanterie britannique pour résister à l'attaque des forces zouloues, lesquelles ont encerclé la position de leurs adversaires. Alors que les assaillants semblent faiblir, le régiment reçoit l'ordre d'avancer et charge les guerriers zoulous qui sont mis en déroute, ce qui décide du sort de la bataille. Renvoyé la même année en Inde, les lanciers du 17e y séjournent jusqu'aux alentours de 1890 avant de revenir en Angleterre[40].
Seconde guerre des Boers
Première Guerre mondiale
Chefs de corps
Les colonels du régiment sont[3] :
- 18th Regiment of (Light) Dragoons, ou Hale's Light Horse
- 1763-1770 : général John Hale
- 17th Regiment of (Light) Dragoons (1769)
- 1770-1782 : lieutenant-général George Preston
- 1782-1785 : général Thomas Gage
- 1785-1795 : major général Thomas Pelham-Clinton (3e duc de Newcastle)
- 1795-1822 : général Oliver De Lancey
- 1822-1829 : général Edward Somerset
- 17th Regiment of (Light) Dragoons (Lancers) (1823)
- 1829-1839 : lieutenant-général John Elley
- 1839 : lieutenant-général Joseph Straton
- 1839-1842 : général Arthur Benjamin Clifton
- 1842-1852 : maréchal George William Frederick Charles (2e duc de Cambridge)
- 1852-1854 : major général Thomas William Taylor
- 1854-1867 : général James Maxwell Wallace
- 17th Regiment of Lancers (1861)
- 1867-1875 : lieutenant-général Charles William Morley Balders
- 1875-1884 : général John Charles Hope Gibsone
- 17th (The Duke of Cambridge's Own) Lancers (1876)
- 1884-1892 : général Henry Roxby Benson
- 1892-1908 : lieutenant-général Drury Curzon Drury-Lowe
- 1908-1912 : major général Thomas Arthur Cooke
- 1912-1922 : maréchal Douglas Haig