2000 AD (périodique)

magazine de bande dessinée britannique From Wikipedia, the free encyclopedia

2000 AD est un hebdomadaire britannique de bande dessinée publiant principalement de la science-fiction. Il a été fondé en 1977 par Pat Mills, John Wagner et Kelvin Gosnell de IPC Magazines. Il rassemble plusieurs bandes dessinées, dont Judge Dredd ou encore Sláine de Pat Mills.

LangueAnglais
Périodicitéhebdomadaire
Faits en bref Pays, Langue ...
2000 AD
Pays Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Langue Anglais
Périodicité hebdomadaire
Genre Bande dessinée de science-fiction
Date de fondation février 1977
Ville d’édition IPC Magazines, Fleetway Publications, Rebellion Developments

Propriétaire Rebellion Developments
Rédacteur en chef Pat Mills, Kelvin Gosnell, John Wagner
Fermer

Historique

Le , le magazine Valiant qui a duré quatorze ans et qui a été un des titres phares de l'éditeur anglais IPC cesse de paraître à cause de la chute de ses ventes. Pat Mills, qui a été le responsable éditorial du magazine Action[1] propose à l'éditeur de publier un nouveau magazine pour le remplacer. Action lancé le [1] a été très vite critiqué par la presse pour sa violence alors qu'il est destiné à un public d'adolescents de 10 à 14 ans[2] et IPC est amené à adoucir son contenu, entre autres, en remplaçant Pat Mills par Sid Bicknell. Le contenu est beaucoup moins violent mais les ventes chutent[3]. Le nouveau magazine prévu par Pat Mills doit garder l'énergie punk de la première version d'Action mais avec des histoires de science-fiction. Le nom est choisi au dernier moment par John Sanders, le supérieur de Mills[4]. Les premières séries publiées sont Invasion de Mills et Jesus Blasco, Flesh de Mills et Joan Boix, M.A.C.H.1 de Mills et Enio Legisamòn, une reprise de Dan Dare scénarisée par Mills et Ken Armstrong et dessinée par Massimo Belardinelli et Harlem Heroes de Mills et Dave Gibbons. Cette dernière série est remarquable puisque ses protagonistes sont surtout des afro-américains, ce qui était très rare dans les bandes dessinées britanniques à cette époque. C'est aussi la première longue série que Gibbons, alors âgé de 27 ans, va dessiner[5].

Le premier numéro connaît un très grand succès et se vend à 220 000 exemplaires[6]. Le personnage qui va devenir le plus important du magazine, n'est pas encore là. En effet, John Wagner qui fait partie des auteurs choisis pour travailler à ce magazine, a eu l'idée d'un policier luttant contre le crime dans un monde futuriste[6]. Cependant, il n'y a pas assez de place pour toutes les séries prévues et celle de Wagner n'apparaît que dans le deuxième numéro de 2000 AD. Judge Dredd est alors un policier qui est aussi juge, jury et bourreau. Carlos Ezquerra dessine la première histoire et met en place le design des juges et de la ville gigantesque de Mega-City One. Son apport important pour donner corps au monde créé par John Wagner fait qu'il est crédité comme cocréateur de Judge Dredd[7]. Ce premier épisode est très violent et Pat Mills le refuse car les critiques acérées contre Action ont rendu très prudents les responsables d'IPC[7]. C'est donc une histoire écrite par Peter Harris et dessinée par Mike McMahon[8] qui est publiée dans le deuxième numéros de 2000 AD. D'autres auteurs, Kelvin Gosnell, Malcolm Shaw et Charles Herring, prennent la suite, supervisés par Pat Mills qui réécrit ensuite les scénarios[9]. C'est seulement deux mois après le deuxième numéro de 2000 AD que John Wagner reprend sa création. Il scénarise Robot Wars, qui est la première histoire de Dredd qui s'étend sur plusieurs numéros -huit au total- du magazine. Ezquerra dessine la première partie mais lui succèdent Mike McMahon et Ian Gibson[10]. Cette longue histoire est très appréciée des lecteurs qui placent la série comme leur préférée parmi toutes celles publiées. En 1978, Pat Mills prend en main le scénario de Dredd et écrit The Cursed earth qui est la première grande aventure de Dredd qui fait plus de 20 épisodes et qui installe durablement plusieurs éléments de ce monde post-apocalyptique[9].

Si le premier numéro est un très grand succès, les ventes diminuent ensuite progressivement au point qu'au bout d'un an, les dirigeants d'IPC envisagent de fusionner 2000 AD avec un autre titre[11]. 2000 AD échappe finalement à ce couperet. De nouvelles séries sont régulièrement créées et deviennent récurrentes telles que Rogue Trooper de Gerry Finley-Day et Dave Gibbons, Strontium Dog d'Alan Grant et Carlos Ezquerra et Nemesis the Warlock de Pat Mills au scénario et Kevin O'Neill et Bryan Talbot au dessin[11]. Alan Moore devient aussi un contributeur régulier de 2000 AD à partir de 1980 mais dans un premier temps il scénarise des histoires courtes. Depuis le numéro 25 sont publiés de manière irrégulière des histoires brèves sous le titre générique Tharg's Future Shocks qui servent à compléter le magazine lorsqu'il n'y a pas assez de longs récits. Alan Moore en écrit beaucoup avant de se lancer dans des séries plus longues[12]. Il propose Halo Jones dessiné par Ian Gibson, Skizz dessiné par Jim Baikie et D.R. & Quinch dessiné par Alan Davis[13].

À côté de toutes ces séries, une devient prépondérante dans 2000 AD : Judge Dredd. Il devient l'icône du magazine, étant tout le temps présent et mêle l'aventure et l'ironie[14]. En 1990, le succès de ce personnage fait qu'un nouveau magazine, intitulé Judge Dredd: the Megazine et consacré, à l'origine, uniquement à Dredd et à son univers est publié[9].

Contenu

Le magazine est composé de plusieurs séries de bandes dessinées dont l'histoire s'étend sur plusieurs numéros. Un personnage, présenté comme le responsable éditorial de 2000 AD, présente en première page les séries et s'adresse au lecteur pour lui donner envie de lire ce numéro (appelé programme puis prog). Cet «éditeur» est un extra-terrestre nommé Tharg venu de la planète Quaxxann qui fait travailler des robots (les auteurs) pour que le meilleur magazine soit proposé. Tharg aura même droit plus tard à sa propre série publiée dans 2000 AD[15]

Sous la houlette de Pat Mills, les histoires ont droit à plus de pages dans chaque numéro. Alors que la moyenne dans les magazines est de quatre page par histoire, Mills accorde six pages. Cela permet aux dessinateurs d'avoir un rythme moins haché et de prendre plus de place pour présenter les évènements[16].

Influence

Lorsque 2000 AD est lancé, les séries dans les magazines anglais ne sont pas signées. L'explication donnée est que les éditeurs ne voulaient pas que leurs auteurs soient débauchés et abandonnent leurs séries pour travailler chez la concurrence. Kevin O'Neill, lui même auteur, est nommé directeur artistique de la revue alors qu'elle est publiée depuis quelques mois. Une des décisions importantes qu'il prend et qui aura un impact sur la bande dessinée britannique dans son ensemble est de mettre les noms des auteurs de chaque série dans le magazine[17]. O'Neill organise aussi le retour des planches à leurs auteurs, a contrario de la politique des éditeurs de bande dessinées. À ce moment c'est encore informel mais c'est le premier pas qui conduira plus tard à ce que ce soit institutionnalisé[18].

Le style artistique connaît aussi une révolution. Alors que la mise en page est le plus souvent très classique et est basée sur le gaufrier, les éditeurs laissent les dessinateurs se libérer de cette contrainte pour avoir une mise en page plus dynamique imitant celle des comics américains[11]. Quant aux scénarios ils sont aussi plus libres. Des jeunes auteurs issus de l'underground viennent travailler pour 2000 AD. Bien qu'IPC soit une société classique au fonctionnement capitaliste, les rédacteurs en chef de la revue essaient de donner une plus grande liberté de ton à ces scénaristes. Ils attirent ainsi Dave Gibbons, Brian Bolland, Bryan Talbot et Alan Moore entre autres[11].

Auteurs de 2000 AD

Adaptations

Télévision et cinéma

Jeu vidéo

Les jeux vidéo 2000 AD regroupent tous les jeux vidéo adaptés des différentes histoires ou héros du périodique 2000 AD, comme Strontium Dog, Rogue Trooper, Judge Dredd, Nemesis the Warlock ou Sláine. Cette série débute en 1984 sur ordinateurs personnels, et connait régulièrement des jeux sur consoles toutes générations confondues, sur PC, mais aussi sur mobile[19],[20].

Références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI