2084 : la fin du monde
From Wikipedia, the free encyclopedia
| 2084 : la fin du monde | ||||||||
Couverture. | ||||||||
| Auteur | Boualem Sansal | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Pays | ||||||||
| Genre | Roman | |||||||
| Éditeur | Gallimard | |||||||
| Collection | Collection Blanche | |||||||
| Date de parution | ||||||||
| Nombre de pages | 288 | |||||||
| ISBN | 978-2-07-014993-3 | |||||||
| Chronologie | ||||||||
| ||||||||
| modifier |
||||||||

2084 : la fin du monde est un roman de Boualem Sansal paru le aux éditions Gallimard et ayant conjointement reçu, avec Les Prépondérants de Hédi Kaddour, le Grand prix du roman de l'Académie française ainsi que le prix du meilleur livre de l'année 2015 par le magazine Lire[1].
L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, « délégué » de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questionnement. La religion contrôle les individus dans leur vie la plus intime. La pensée est réduite par l'instauration d'une langue unique, l’abilang, limitant la longueur des mots, mais, malgré tout, le personnage principal, Ati, va sentir en lui l'appel de la liberté et chercher à comprendre s'il existe autre chose sur la terre.
L'action se déroule dans cet empire d'Abistan, qui se prétend être toute la terre et au commencement de l'histoire, en 2084, car rien ne pouvait exister avant. Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il va découvrir l’existence d’un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion…
L'intrigue se noue autour de la découverte d'un village ancien par un archéologue, Nas, qui remettrait en cause l'histoire d'Abistan. La puissance d'Abi est de réécrire l'histoire pour la faire sienne et de convertir le village en lieu de pèlerinage, permettant à quelques fratries du pouvoir de s'enrichir par la venue des fidèles.
Ati, confronté à cette histoire, va entreprendre, avec son ami Koa, un voyage à travers les quartiers d'Abistan, pour s'affranchir de la soumission à l'ignorance et découvrir l'origine du Gkabul (le Livre saint), qui est le remède qui tue.
Personnages
- Abi : délégué de Yölah sur terre
- Ati : personnage principal, se met à douter et part à la recherche de la vérité
- Koa : compagnon d'Ati, il l'accompagne dans sa recherche
- Nas : archéologue qui a fait une importante découverte, menaçante pour l'histoire officielle
- Toz : puissant dirigeant de l'Abistan, qui va aider Ati
- Yölah : Dieu
Analyse
Inspirations de 1984
Le titre du livre de Boualem Sansal assume une inspiration avec le roman dystopique de l'auteur britannique George Orwell publié en 1949, 1984[2],[3]. Ces deux auteurs décrivent une mutation dystopique dans la fiction, se voulant surtout un avertissement quant au présent, en « prolongeant » deux exemples observables : l'Union soviétique de Staline en 1948, et probablement la Turquie d’Erdogan en 2015[3].
Ainsi, cette inspiration d'Orwell qui peut aussi être considérée comme un hommage, est observable dans de nombreux passages du roman de Sansal[3] :
- L'intrigue se déroule dans un pays fictif gigantesque dont les frontières sont floues, l'Océania dans 1984 et l'Abistan dans 2084[4]. À noter néanmoins que le lieu de l'intrigue est plus précis dans 1984 puisqu'elle se déroule à Londres.
- Les héros principaux de ces deux œuvres, Winston et Ati se ressemblent, il s'agit dans les deux récit un fonctionnaire formaté au système totalitaire depuis l’enfance, qui derrière sa naïveté fait naitre peu à peu un esprit rebelle qui cherche une alternative[4],[5].
- Les portraits d'Abi diffusés partout dans le pays fictif où se déroule avec l'inscription « Big Eye » rappelle les portraits de Big Brother dans 1984 portant l’inscription « Big Brother vous regarde »[4],[5].
- Le parti unique et autocratique qui ce pays organise une réinvention de la langue pour en imposer une version simplifiée qui limite la capacité de penser, le Novlangue dans 1984 et l'Abilang dans 2084[4].
- La destruction et la réécriture du passé par le parti au pouvoir[5].
- Une guerre mystérieuse, invisible et permanente entretenue par le parti au pouvoir pour soumettre sa population[5].
Autres inspirations probables
Le quartier d'où Ati le personnage principal est originaire s'appelle « S21 ». Il peut s'agir d'une allusion à un bâtiment à Phnom Pehn transformé en prison et centre de torture par les Khmers rouges, régime totalitaire marxiste ayant dirigé le Cambodge de 1975 à 1979, nommé « S-21 ».
Dans le roman, une jeune femme est accusée de blasphème par ses voisines à la suite d'une dispute et condamnée à mort, ce qui rappelle l'affaire Asia Bibi au Pakistan.