36e division SS

division SS issue de l'unité speciale commandée par Oskar Dirlewanger From Wikipedia, the free encyclopedia

La 36e division de grenadiers SS (en allemand : 36. Waffen-Grenadier-Division der SS), plus connue sous le nom de « Dirlewanger » (son commandant historique), constituait une unité emblématique et controversée de la Waffen-SS durant la Seconde Guerre mondiale.

Création
Dissolution
Branche Waffen-SS
Faits en bref Création, Dissolution ...
36. Waffen-Grenadier-Division der SS
Image illustrative de l’article 36e division SS
Ce blason a été rétroactivement utilisé à partir de 1960 pour décrire l'unité.[réf. nécessaire]

Création
Dissolution
Pays Drapeau de l'Allemagne nazie Troisième Reich
Branche Waffen-SS
Type Division SS
Rôle Bandenbekämpfung
Effectif 6 000 à 6 500
Fait partie de 4. Panzerarmee
Garnison Lausitz
Ancienne dénomination SS-Sturmbrigade "Dirlewanger"
Surnom Division Dirlewanger
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Essentiellement des actions anti-partisans
Commandant historique Oskar Paul Dirlewanger
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La division a été forgée dans la lie des marges sociales du IIIe Reich et constituée initialement en comme Sonderkommando Dirlewanger à partir de braconniers recrutés par Oskar Dirlewanger (un officier SS déchu pour ses crimes sexuels) ; la formation évolue en un réservoir de repris de justice, de délinquants et de prisonniers politiques cumulant jusqu’à 6 500 hommes au faîte de sa puissance.

Déployée dès en Biélorussie pour des opérations anti-partisans d’une brutalité inouïe (telles les actions « Bamberg » et « Cottbus ») qui entraînent la mort de dizaines de milliers de civils, la 36e division de grenadiers SS acquiert la sinistre renommée pour ses exactions systématique et systémique, mêlant massacres, viols et rapines, pour évoluer en brigade () puis division en .

La 36e division de grenadiers SS (engagée dans les phases terminales du conflit) a joué un rôle funeste lors de la répression de l’Insurrection de Varsovie , où elle a contribué à l’anéantissement de la résistance polonaise, puis lors des combats en Slovaquie, Hongrie et sur la ligne de l’Oder, où ses effectifs fondent sous les assauts soviétiques.

Oskar Dirlewanger, blessé en , disparaît dans des circonstances étranges (probablement exécuté par ses propres hommes ou une autorité alliée), tandis que les rescapés de « son » unité se rendent.

Les débris de la division, capturés par les forces soviétiques, sont soit sommairement exécutés, soit déportés vers les camps du Goulags ; tandis que les rares survivants ayant fui vers l’Ouest font l’objet de procès sporadiques sans que l’unité ne soit formellement inculpée de crimes de guerre et dissoute par un tribunal.

Création et recrutement

Origine de l’unité

« Le Führer décrète que tous les braconniers [...] qui ont enfreint la loi non pas en piégeant mais en chassant, peuvent être exemptés de purger leur peine pendant la durée de la guerre en servant dans des compagnies spéciales de tireurs d’élite rattachées à la SS et peuvent bénéficier d’une amnistie s’ils ont une bonne conduite. »[1]

 Gottlob Berger

La 36e division de grenadiers SS trouve ses origines dans une inscription logique de réemploi pénal propre au système nazi, où des condamnés sont réintégrés dans le circuit de la guerre pour des missions de coercition.

Alors que se déroule la campagne de l’Ouest, Adolf Hitler reçoit une supplique de l’épouse d’un ancien militant nazi emprisonné pour braconnage (un délit grave et sanctionné par l’interdiction de porter des armes et donc par l’exemption de conscription dans la Wehrmacht)[2].

Influencé par cette demande et par son propre mépris pour la chasse[3], Hitler ordonne la collecte des braconniers condamnés pour port d’armes illégal afin d’en former un détachement spécialisé dans la lutte antipartisane et les opérations en terrain forestier[4].

Cette décision (transmise via Heinrich Himmler à Gottlob Berger) prévoit expressément la libération conditionnelle de ces « braconniers honorables », non coupables de piégeage et aptes à intégrer des corps de tireurs[4]. Le Reichsministerium der Justiz, averti par Karl Wolff (adjoint d’Himmler), se plie à cette directive qui transforme une peine en opportunité martiale, associant savoir-faire cynégétique et connaissance du milieu boisé à l’ardeur supposée des contrevenants à la loi.

Commando de voleurs de gibiers

En , Oskar Dirlewanger est dépêché à Oranienburg pour prendre en charge l’instruction de 80 braconniers temporairement libérés de leurs peines et rassemblés de tout le Reich.

Après deux mois de formation militaire au sein du camp de concentration de Sachsenhausen, seuls 55 hommes répondent aux critères physiques et sont retenus[5], les autres, jugés inaptes, sont renvoyés en détention.

Le , le Wilddiebkommando Oranienburg Détachement de braconniers d'Oranienburg ») est officiellement constitué et rattaché au Wachstandarte 5 « Dietrich Eckart » (5e régiment de garde) de la SS-Totenkopfverbände[6].

Promu Obersturmführer, Dirlewanger reçoit le commandement du détachement de Himmler. L’unité est envoyée en Pologne occupée, dans le Gouvernement général, où elle reçoit quatre sous-officiers SS aux antécédents disciplinaires et une vingtaine de recrues supplémentaires[7].

En , les effectifs dépassent les 300 hommes et l’unité est rebaptisé SS-Sonderkommando Dirlewanger, officiellement détaché de la SS pour contourner les critiques sur l’armement de criminels tout en restant sous le contrôle opérationnel de celle-ci.

Affectations en Pologne

Déploiement à Lublin

« Ils [ndr: les hommes de la Dirlewanger] se sont notamment illustrés à Lublin dans la mise en œuvre du « Sonderbehandlung » (« traitement spécial ») des victimes — euphémisme nazi utilisé pour dissimuler des crimes tels que les meurtres de masse. »[8]

 Alexandra Richie, (en) Warsaw 44

Fin , l'unité est envoyée dans le district de Lublin, sous l'autorité du SS-und Polizeiführer (SSPf) Odilo Globocnik et est renommée en Sondereinheit Oranienburg[9],[10].

De à , la Sondereinheit opère dans une zone délimitée par la ligne de démarcation germano-soviétique, entre la ville de Lublin et les environs de Stary Dzików[11],[note 1]. Ses missions consistent principalement en la surveillance de camps de travail forcé pour juifs et d'infrastructures sensibles[11]. Elle est aussi utilisée dans ses premières actions anti-partisans, dans les maquis de Varsovie.

Dérive criminelle

« Dans ces territoires immenses et vides, la brigade Dirlewanger applique les méthodes de la traque du gibier : battues, feux croisés, incendies de forêts entières, abattage systématique. Les chasseurs posent même avec leurs « trophées », des carcasses d’hommes et de femmes pendues et mutilées. »[13]

 Nicolas Mera

Karl Johannes Jung, membre du Sonderregiment Dirlewanger photographié en (), avec une mitraillette MP35 en sautoir. K.J. Jung a été incarcéré au camp de concentration de Buchenwald en tant que récidiviste dans le cadre du système judiciaire nazi, du jusqu'à sa libération, le . Après sa sortie de Buchenwald, Jung est envoyé rejoindre le Sonderregiment Dirlewanger.

Sur le terrain, les activités s'éloignent des standards militaires conventionnels. Les témoignages internes mentionnent peu de combats, mais insistent sur la surveillance de la population et la lutte contre le marché noir[11].

En , les premières actions contre partisans et le marché noir dégénèrent en crimes de guerre : pillages systématiques de biens civils, extorsions sous menace d’armes, viols de femmes polonaises et exécutions sommaires de suspects lors de rafles arbitraires[14]. L’absence de combats structurés et la liberté d’action conférée à l’unité favorisent une violence endémique qui provoque les premières enquêtes disciplinaires de la SS[11]. ces exactions, loin d’être isolées, marquent l’émergence d’une culture répressive où la terreur supplante toute considération tactique.

L'absence de pertes au combat durant cette période confirme le rôle prédominant de l'unité comme force de police répressive. Sa réputation de désordres (partant d'infractions multiples et beuveries aux méthodes brutales) provoque l'hostilité de Friedrich-Wilhelm Krüger, Höhere SS- und Polizeiführer (HSSPf) du Gouvernement général.

Malgré la protection de Gottlob Berger, l'unité reçoit un ordre de transfert fin , marquant la fin de sa première phase d'emploi[15].

Le transfert en Biélorussie

En , par suite des plaintes de Krüger, l’unité reçoit son ordre de transfert vers la Biélorussie occupée, sous le commandement du HSSPf Erich von dem Bach-Zelewski[16].

Bien que présenté comme une réaffectation opérationnelle pour lutter contre les partisans soviétiques, ce mouvement sanctionne de facto l’indiscipline chronique de la Sondereinheit Oranienburg[17].

Protégée par Berger, l’unité échappe à une dissolution pure et simple et est renforcée en effectifs (passage à bataillon)[15] et redéployée comme force de choc anti-partisane à Minsk, inaugurant ainsi sa phase biélorusse marquée par des opérations de ratissage d’une violence accrue.

La Biélorussie ou les premières armes

Instrument de répression

« Partout où l'unité de Dirlewanger opérait, la corruption et les viols faisaient partie du quotidien, tandis que les massacres aveugles, les passages à tabac et les pillages étaient monnaie courante. »[18]

 Matthew Cooper

Au début de l’année , la Sondereinheit Dirlewanger est envoyée en Biélorussie sur l’ordre direct du Reichsführer-SS Heinrich Himmler.

Ce déplacement survient alors que des signalements font état, au sein de cette unité, d’indiscipline, de brutalités incontrôlées et de comportements criminels, y compris envers des populations considérées comme « amies »[19]. Loin d'apparaître comme une sanction, ce transfert sur le front de l'Est donne à la Sondereinheit un théâtre d'opérations qui correspond à sa fonction implicite : la violence extrême sous couvert de lutte anti-partisans.

Au moment de son arrivée dans la région de Mahiliow (en biélorusse : Магілёў), l'unité est attachée aux structures SS chargées de la Bandenbekämpfung (en français : lutte contre les bandits) et rattachée, de manière périodique, à d'autres unités de sécurité. Elle ne se comporte pas comme une unité de combat ordinaire, mais comme un dispositif de répression mobile (à ne pas confondre avec les Einsatzkommando) destiné à intervenir dans les zones de forêt et marécageuses où l'autorité du Reich demeure instable[20].

C’est dans ce climat que, dès , l’unité construit une réputation de brutalité, même au sein de l’appareil SS[21].

Un membre de la Brigade Dirlewanger, reconnaissable à son insigne de col.

La situation sécuritaire en Biélorussie résulte des conséquences de l’offensive allemande de l’été . Des milliers de soldats de l’Armée rouge, dépassés par les percées initiales, se retrouvent isolés à l’arrière des lignes allemandes[22]. Durant les premiers mois, ces groupes cherchent surtout à survivre, en s’abritant dans les forêts et marais et en s’intégrant, parfois de force, aux communautés rurales[23].

Ce n’est qu’au tournant de que le commandement soviétique entreprend un effort de coordination, d’unification et de politisation du mouvement partisan, via le Siège centrale du mouvement partisan (en) à Moscou. Au début de , ce dernier évalue les forces partisanes en Biélorussie à plus de 20 000 hommes[24].

Face à cette montée de l’activité des partisans, les autorités allemandes opèrent un changement doctrinal. Les actions ponctuelles de police cèdent la place à des opérations de ratissage de grande ampleur[24], combinant unités SS, de polices, de formations auxiliaires et de détachements de sécurité de la Wehrmacht[25].

Dans cette nouvelle phase, la distinction entre combattants irréguliers et population civile devient délibérément floue, voire inexistante. L’objectif n’est plus de neutraliser des groupes armés, mais de terroriser les zones soupçonnées de soutien, par la destruction des villages, l’exécution de masse et les déportations[26].

C’est dans ce cadre que l’unité Dirlewanger se voit engagée de manière quasi permanente. Pour la seule année , elle participe à plus d’une dizaine de grandes opérations de ratissage, soit de façon autonome, soit intégrée à des dispositifs plus larges (ces dispositifs se chevauchant entre et )[24].

À ces opérations s’ajoute un nombre considérable d’actions dites « mineures » menées à proximité directe dans la région de Mahiliow[24]. Ces interventions, absentes des communiqués officiels, suivent pourtant un schéma récurrent : arrestations arbitraires, exécutions sommaires et meurtres, incendie systématique des habitations et violences sexuelles[24].

L’absence du journal de marche de l’unité (jamais retrouvé) empêche d’établir un décompte précis des opérations menées (une cinquantaine d’actions violentes peuvent être attribuées à la formation Dirlewanger pour la seule période allant de janvier à décembre 1942)[8].

Dans la majorité des cas, les victimes civiles constituent l’écrasante majorité des morts, tandis que les partisans effectivement combattants représentent une part marginale des pertes.

Dès cette première année en Biélorussie, la Sondereinheit Dirlewanger cesse d’être une simple « anomalie disciplinaire » au sein de la Waffen‑SS pour devenir un outil assumé de terreur, dont l’extrême criminalité, et cruauté, n’est ni accidentelle ni incontrôlée, mais compatible avec les objectifs de domination et de destruction poursuivis par l’appareil SS dans l’Est occupé.

Les grandes opérations

« Nous ne découvrirons pas le camp de l’ennemi en suivant des chemins confortables, mais en forçant notre chemin à travers les marais... le marais n’est pas un obstacle pour les bandits ; ce que les bandits peuvent faire, les braconniers peuvent aussi le faire. »[27]

 O. Dirlewanger

L'année marque le tournant sinistre pour l’unité dirigée par Oskar Dirlewanger. Après avoir sévi dans le district de Lublin, le Sonderkommando est transféré en Biélorussie (Reichskommissariat Ostland) en pour être rattaché à l'état-major du chef de la SS et de la police pour la Russie centrale. C'est durant cette année que l'unité améliore sa méthode de « lutte antipartisane », qui consiste en l'extermination des populations civiles rurales sous couvert de la sécurité militaire.

Opération Bamberg

« La manière opératoire privilégiée par Dirlewanger consiste à rassembler des civils dans une grange, à y mettre le feu et à mitrailler quiconque tente de s'échapper ; le contingent de victimes de son unité s'élève à environ 30 000 personnes. »

 Walter S. Zapotoczny Jr., (en) Strafbattalion: Hitler's Penal Battalions

L’Opération Bamberg se déroule au début du mois de dans la région forestière et marécageuse située au sud de Babrouïsk, en Biélorussie occupée. Placée sous la responsabilité opérationnelle de la 203e division de sécurité de la Wehrmacht, elle constitue l’une des premières grandes opérations de ratissage (Bandenbekämpfung) menées à grande échelle dans la région.

L’objectif officiellement affiché par le commandement allemand est le nettoyage des zones arrière où se sont réfugiés des soldats de l’Armée rouge laissés derrière les lignes à l’été , ainsi que la neutralisation de groupes partisans accusés de sabotage logistique[17],[22].

Derrière cette justification militaire se profile toutefois un objectif officieux, mais central : la mise en œuvre d’une politique de prédation économique totale[22]. L’Opération Bamberg vise explicitement la confiscation du bétail, des récoltes et des réserves de grain destinées à l’approvisionnement de la Wehrmacht, selon une logique inverse de la « Terre brûlée », appliquée non par le défenseur en retraite mais par la puissance occupante. Cette stratégie s’accompagne de l’application extensive des directives de « Pacification », qui autorisent l’exécution sommaire de tout civil soupçonné, souvent sans preuve, d’avoir entretenu le moindre lien avec les partisans[28].

C’est dans ce cadre que la Sondereinheit Oranienburg connaît son baptême du feu et entre véritablement dans l’histoire de la guerre de sécurité allemande à l’Est. Engagée aux côtés de deux divisions d’infanterie de la Wehrmacht, d’unités de police et de forces auxiliaires alliées, elle participe dès les premiers jours de l’opération à l’attaque et à la destruction de plusieurs camps retranchés de partisans, notamment dans les secteurs d’Assipovitchy, de Klitchaw et de Tcherykaw.

« Alors qu'il faisait ses quinze mille premières victimes, le Commando spécial Dirlewanger n'avait perdu que quatre-vingt-douze hommes – dont beaucoup, sans doute, à cause de tirs amis et d'accidents liés à l'alcool. Un tel rapport n'était possible que si les victimes étaient des civils non armés. »[18]

 Timothy Snyder

Les bilans humains revendiqués par les rapports allemands font état de plusieurs milliers de « partisans éliminés ». Les chiffres avancés varient selon les sources, oscillant entre 3 500–4 000 morts, tandis que les pertes côté allemand demeurent dérisoires (quelques hommes tués tout au plus)[29]. Cette asymétrie extrême des pertes, typique des opérations de sécurité menées en Biélorussie, indique que la majorité des victimes sont des civils non armés, principalement des paysans accusés de soutien logistique ou moral aux insurgés.

Sur le terrain, l’Opération Bamberg se traduit par une destruction systématique de l’espace rural. Environ cinquante villages sont incendiés ou entièrement rasés, leurs habitants fréquemment exécutés sur place. Le recours à l’incendie de granges remplies de civils, pratique déjà observée ailleurs mais appliquée ici avec une régularité glaçante, s’impose comme une méthode quasi industrielle, qui contribuera durablement à la sinistre réputation de l’unité Dirlewanger[30].

« [...] Dirlewanger a brûlé vives des femmes et des enfants et a laissé des bandes de chiens affamés se nourrir de leurs cadavres. »

 Walter S. Zapotoczny Jr.

Dans les semaines qui suivent, la violence ne retombe pas. À la mi‑, la perte de trois hommes lors d’une attaque sur l’axe routier Mahiliow—Minsk déclenche de nouvelles opérations de représailles, menées sans distinction entre combattants et civils.

Le Sonderkommando est à nouveau engagé, quelques jours plus tard, dans une action conjointe avec l’Einsatzkommando 8, dans le triangle Mahiliow—Babrouïsk—Berazino, confirmant son rôle de force de choc dans les dispositifs punitifs opérant à l’arrière du front[31].

Aux yeux de la hiérarchie SS et des responsables de la lutte anti‑partisans, l’Opération Bamberg constitue un « succès » opérationnel.

Les rapports d’évaluation saluent la « bravoure » et l’« efficacité » du commandant Dirlewanger et de ses hommes, au point que les services d’Erich von dem Bach‑Zelewski recommandent rapidement l’extension de l’unité. Ces félicitations officielles scellent la protection politique de Dirlewanger et l’intègrent durablement au dispositif répressif SS en Biélorussie[32].

D’un point de vue stratégique, toutefois, l’Opération Bamberg se révèle profondément contre‑productive. Loin d’anéantir durablement la résistance, la brutalité extrême employée (destructions massives, massacres indiscriminés, pillage systématique) transforme une population rurale parfois attentiste ou contrainte en un vivier de recrutement pour le mouvement partisan soviétique[33].

La logique de terreur appliquée pendant l'opération inaugure ainsi un cercle de radicalisation croissante qui caractérisera l’ensemble de la guerre de sécurité allemande à l’Est.

Opération Maikäfer

« L'ambiance au sein du régiment est, je dois le dire, souvent digne du Moyen Âge, avec des gourdins et autres armes. Quiconque exprime des doutes quant à la victoire risque fort de tomber raide mort de la table. »[15]

 Heinrich Himmler

Déclenchée entre le et le dans le district de Lubań[34], l’Opération Maikäfer (en français : Hanneton) marque une étape dans l'escalade de la violence du Sonderkommando.

Menée en soutien aux divisions de sécurité de la Wehrmacht[35] pour sécuriser les récoltes et débusquer les bases de partisans dans les zones marécageuses, l'opération se distingue par une intensité de combat inhabituelle. Le , le commandant de l'unité, Oskar Dirlewanger, est blessé à l'épaule lors d'un accrochage[36], un événement qui radicalise davantage le comportement de ses troupes sur le terrain.

Bien que les partisans soviétiques parviennent à maintenir l'essentiel de leur potentiel de combat au prix de pertes significatives pour les forces allemandes (environ 300 morts toutes unités confondues), le bilan humain pour la population civile est désastreux[34].

La vision complète de l'opération révèle une application systémique de la Politique de la terre brûlée, le Sonderkommando étant responsable de l'anéantissement des villages de Gribova Sloboda, Golynka, Duleby et Trebolye. La méthode, une forme de « théâtre de la cruauté »[37], consiste alors à enfermer les habitants dans les bâtiments avant d'y mettre le feu, abattant systématiquement les fuyards à la mitrailleuse[38].

Le résultat de l'Opération Maikäfer, militairement mitigé pour l'état-major allemand en raison de la survie des noyaux de résistance, valide l'efficacité terroriste de l'unité Dirlewanger.

Cette opération sert de laboratoire aux massacres plus vastes de l'été 1942, ancrant l'idée que la Pacification d'un territoire passe par sa dévastation matérielle et l'extermination préventive de ses occupants..

Radicalisation des pratiques

« Sous le commandement de Dirlewanger, cette unité est devenue synonyme d'atrocités commises contre les civils. Si les opérations anti-partisans étaient souvent brutales de part et d'autre, la brigade Dirlewanger a poussé la sauvagerie à un niveau sans précédent.

Dirlewanger et ses hommes se sont livrés à des massacres, des viols et des actes de torture, prenant pour cible non seulement les partisans, mais aussi de simples civils, notamment des femmes, des enfants et des personnes âgées. »[39]

 Dirk de Klein

À la suite des premières grandes opérations du printemps , dont l'Opération Bamberg constitue le modèle[40], la répression allemande en Biélorussie entre dans une phase de multiplication des opérations de ratissage, caractérisée par une fréquence accrue des interventions mais une moindre formalisation de celles‑ci.

Membres du peloton de reconnaissance à moto du SS-Sonderbataillon Dirlewanger. Ils font partie de la section de reconnaissance. L'Unterscharführer le plus gradé, à l'arrière, porte l'insigne de col spécifique à l'unité. La plupart des hommes sur cette photo ne portaient ni insigne de grade, ni aigle sur la manche, ni épaulettes, à l'exception du sous-officier le plus gradé. Il s'agissait probablement de nouvelles recrues du Sonderbataillon.

Si certaines actions apparaissent ponctuellement dans les archives sous des appellations telles que l'Opération Adler[41], Greif, Karlsbad, (etc.), leurs portées restent limitées et leurs structurations incertaines ; elles ne sauraient être assimilées aux grandes opérations coordonnées qui se développent pleinement en [42].

L’essentiel de l’activité repose désormais sur une succession ininterrompue d’actions locales[43] : encerclements de villages, fouilles de zones forestières, représailles immédiates consécutives à des attaques partisanes ou présumées telles.

« Celui qui est considéré comme juif ou soupçonné de partisanerie est éliminé. »[44]

 Johann Henkel (pseudonyme)

Dans ce contexte, l'unité Dirlewanger s’impose progressivement comme l’un des instruments les plus violents de ce dispositif. Son engagement ne se limite pas aux opérations majeures mais elle intervient de manière quasi continue dans des actions de moindre ampleur[43], mais dont l’accumulation produit des effets dévastateurs sur le tissu rural.

Les pratiques observées se stabilisent : exécutions sommaires sans procédure d’identification, incendie systématique des habitations, confiscation des ressources et violences physiques généralisées[45]. Plusieurs rapports allemands signalent, dès , le caractère extrême de ces méthodes, sans que cela n’entraîne de remise en cause effective de l’unité.

La brutalité du Sonderkommando se manifeste particulièrement dans les opérations de représailles, déclenchées à la suite de pertes même minimes subies par les forces allemandes. Ainsi, après la mort de quelques hommes lors d’incidents isolés sur les axes de communication, des actions punitives sont menées contre des localités entières, aboutissant à des exécutions collectives et à la destruction complète de villages concernés[46].

Ces opérations, souvent conduites en coordination avec des unités de police ou des détachements du Sicherheitsdienst (SD)[47] (principalement dans la région de Mahiliow, Babrouïsk—Berezyne) ou encore de la Brigade Kaminski, témoignent d’une disparition quasi totale de la distinction entre action militaire et violence contre les civils (entendue dans la majorité du temps, comme gratuite).

L’une des caractéristiques majeures de cette phase (fin ) réside dans son effet cumulatif. Si chacune de ces actions peut apparaître limitée à l’échelle locale, leur répétition engendre une transformation profonde de l’espace occupé : villages désertés ou détruits, populations déplacées ou annihilées, rupture des structures économiques et sociales[48]. Ce processus contribue paradoxalement à renforcer le mouvement partisan, en alimentant un cycle de violence dans lequel la répression allemande produit elle‑même les conditions de son aggravation.

Ainsi, dès la fin de l’année , la Dirlewanger apparaît non seulement comme une unité marginale par son recrutement et sa discipline, mais surtout comme un vecteur central de la radicalisation des pratiques de « lutte anti‑partisans », dont la logique dépasse les objectifs militaires officiellement invoqués.

Systémisation des campagnes

Massification et raffinement des destructions

« Il ordonnait l'exécution de centaines d'enfants d'un seul coup, mais, pour économiser les balles, il exigeait que les exécutions soient effectuées à la baïonnette et à coups de crosse. »[49]

 Katie Serena

Au cours de l’année , les opérations anti‑partisans en Biélorussie entrent dans une phase que l’on peut qualifier de rationalisation de la violence.

Le SS-Obersturmbannführer Oskar Dirlewanger et l'état-major du bataillon dans leurs quartiers à Łohojsk (palais Tyszkiewicz), 1943. De gauche à droite : le SS-Oberscharführer Heinz Feiertag, le SS-Unterscharführer Eugen Wipf, le SS-Oberscharführer Karl Sievers, le Hauptsturmführer Hans Bünger, le SS-Oberscharführer Alfred Mamitsch et le SS-Grenadier Rolf Hartl.

Les campagnes regroupées sous des appellations variées (souvent traduites ou rapprochées des opérations dites de L’opération « Fièvre des marais (de) » (en allemand : Unternehmen Sumpffieber) ne constituent pas une rupture brutale[50], mais l’aboutissement des pratiques expérimentées dès [47]. L’objectif officiel demeure la destruction des formations partisanes retranchées dans les zones marécageuses.

Dans les faits, ces opérations systématisent un modèle déjà éprouvé : dévastation du milieu rural, élimination indistincte des populations et exploitation économique des zones conquises (politique de la terre brulée inversée, etc.)[51].

Ce qui toutefois distingue cette phase est le degré de formalisation des méthodes de mise à mort. Les rapports allemands et les témoignages convergent pour décrire des procédés désormais routiniers : regroupement des habitants dans des bâtiments agricoles, incendie de ceux‑ci, puis élimination des survivants à la mitrailleuse[52].

Certaines sources évoquent également l’application de méthodes dites de « la boite de sardines » (en allemand : Sardinen Packung)[53] (inventée par Jeckeln), consistant à comprimer des groupes de prisonniers dans des espaces clos avant exécution, révélant une volonté de rendement dans la destruction.

La violence ne se limite pas à la mise à mort : elle s’accompagne de violences sexuelles massives, de tortures gratuites et de mutilations sauvages, souvent mentionnées dans les témoignages de survivants et dans certaines correspondances internes[54].

Vecteur central de brutalisation

« Ces hommes devaient marcher en rangs serrés le long des routes, la rangée suivante avançant exactement entre les traces laissées par la première. Ainsi, il n’y avait pas un centimètre carré de terre sur lequel ces hommes n’aient pas posé le pied. Les rangées se mirent en marche… et furent complètement décimées. [...] Les barrages routiers et les barrières artificielles sont presque toujours minés. Pertes enregistrées lors de leur enlèvement jusqu’à présent : 1 mort, 4 blessés. C’est pourquoi, en règle générale, nous n’enlevons pas les barrages, mais les laissons détruire par les habitants. Le sang ainsi épargné justifie la perte de temps. »[55]

 Oskar Dirlewanger

Dans ce dispositif, La Dirlewanger ne se distingue plus seulement par son indiscipline ou son origine pénale, mais par son rôle actif et calculé dans la diffusion et l’intensification des pratiques de massacre[51].

Engagée dans les phases de ratissage les plus violentes, elle intervient à l’intérieur des périmètres sécurisés pour procéder à la liquidation des populations[50]. Ses hommes participent directement aux exécutions collectives et à l’incendie des villages, souvent après des phases de pillage et de violences physiques.

Ces pratiques ne relèvent pas d’excès ponctuels mais d’un mode opératoire stabilisé (une routine : habitants regroupés dans des granges puis incendiés, tentatives de fuite systématiquement réprimées par des tirs à bout portant, femmes violées avant leur exécution, enfants abattus ou laissés dans les bâtiments en flammes), dans lequel l'unité Dirlewanger agit en coordination avec l'Ordnungspolizei, des formations SS et des auxiliaires locaux.

L’absence de sanctions, malgré des rapports signalant des excès, témoigne du fait que cette violence est non seulement tolérée, mais fonctionnellement intégrée au système de domination.

Succession des opérations

« Le groupe Dirlewanger a tué 30 000 personnes en Biélorussie »[56]

 Matthew Gault

Sur l’année , les forces allemandes déploient une succession d’opérations de grande ampleur (Opération Hornung (en), Opération Zauberflöte (en), Günther, ...) dont l’objectif demeure la destruction des formations partisanes, mais qui se traduisent en pratique par la continuité de la violence contre les populations civiles.

Cette dynamique atteint son paroxysme avec l’opération Cottbus dont la mission déclarée est l’éradication de bases partisanes dans les zones forestières et marécageuses. Les rapports allemands revendiquent plusieurs dizaines de milliers de « bandits éliminés » ; la très grande majorité des victimes (estimées entre 15 000 et 30 000 personnes) sont des civils, tués lors de rafles, d’exécutions collectives ou d’actions de représailles, tandis que les pertes allemandes restent marginales[51].

Redéploiement en Pologne : la continuité dans l'horreur

Participation directe à l'extermination des Juifs

« On lançait des nourrissons en l’air, sur de longues distances, et nous les descendions en vol, avant même qu’ils n’atterrissent dans la fosse ou dans l’eau. Il faut se débarrasser de cette engeance qui a plongé l’Europe dans la guerre et qui, aujourd’hui, attise en plus les feux en Amérique. »[57]

 Walter Mattner

À la fin de l’année , l'unité est redéployée vers la Pologne occupée, où elle continue d’être employée dans des fonctions de sécurité et de répression.

Ce déplacement ne marque en rien une rupture dans la nature de son engagement et les méthodes développées en Biélorussie (ratissages, représailles collectives, destructions systématiques du milieu rural ou urbain) sont transposées dans le contexte polonais, où elles s’inscrivent désormais dans une politique plus large de contrôle des territoires et de répression des populations considérées comme hostiles.

Dans le même temps, des opérations telles que Erntefest, bien que distinctes par leurs objectif (l’assassinat de masse des Juifs encore présents dans le district de Lublin) illustrent un degré comparable de planification et de mise en œuvre de la violence de masse[58], soulignant la convergence entre guerre anti‑partisans et politiques d’extermination[59].

Opération Heinrich

Le Sonderregiment Dirlewanger participe à l’Opération Heinrich, menée dans le Gouvernement général (dans la région de Lublin) dans le cadre d’une vaste entreprise de lutte anti‑partisans.

L’opération mobilise un ensemble hétérogène de forces (unités de police SS, formations de sécurité, éléments relevant du SD et détachements auxiliaires) dans des actions de ratissage visant à neutraliser les foyers de résistance.

Ces « peignages[note 2] ruraux » reproduisent les modalités déjà éprouvées en Biélorussie et caractérisée par une violence diffuse mais constante, dans laquelle la distinction entre lutte contre les partisans et répression des populations civiles demeure largement abolie.

Engagement sur le front

L’opération Heinrich est perturbée par l’évolution de la situation militaire sur le front de l’Est. Face à l’avancée des forces soviétiques (fin de l’année , avec l’enfoncement des lignes par la continuité de la bataille de Smolenks), le Sonderregiment Dirlewanger est redéployée vers des secteurs de combat conventionnels.

Cet engagement marque une inflexion notable : l’unité, jusqu’alors principalement employée dans des actions asymétriques de pacification, répression, chasse et massacre se trouve exposée à des affrontements directs contre l’Armée rouge dans des conditions qui entraînent des pertes importantes.

Cette expérience ne modifie pas la nature de l’unité, mais contribue à accentuer une dynamique de brutalisation déjà bien établie, en confrontant ses membres à une forme de guerre plus intense et moins unilatérale.

Retraite et reconstitution

À la suite de ces engagements, le régiment Dirlewanger est retirée des zones de combats et reconstituée par l’apport de nouveaux contingents, issus pour une large part du système pénitentiaire, concentrationnaire ou disciplinaire du Reich.

Ce processus de recomposition renforce encore son caractère hétérogène et instable, tout en aggravant le niveau de violence déjà observé. L’unité, désormais reconstituée, est maintenue dans des missions de répression intérieure, dans un contexte où la brutalité de ses méthodes n’est plus perçue comme une anomalie, mais comme un instrument parmi d’autres de la politique de domination allemande.

Cette évolution prépare directement son engagement ultérieur dans les opérations de répression de grande ampleur, notamment lors de l’Insurrection de Varsovie en .

Jusqu'à la fin de la guerre

Elle est envoyée réprimer l'insurrection de Varsovie et arrive dans la ville le . Elle participe aux combats et se distingue par des pertes très élevées ainsi que par son extrême violence. Elle aurait tué environ 30 000 personnes, des membres de l'Armia Krajowa mais aussi des civils : hommes femmes et enfants[60].

À la suite des pertes importantes à Varsovie, Dirlewanger obtient que lui soient envoyés les soldats et les SS condamnés pour raisons disciplinaires. Plus de 1 500 prisonniers de la SS et 2 000 prisonniers de la Wehrmacht rejoignent la brigade. Ses effectifs atteignent 4 000 à 4 500 hommes à la mi-octobre[61].

La brigade est ensuite envoyée réprimer le Soulèvement national slovaque. Elle arrive les 17 et à Ruzomberok et Oravský Biely Potok[60]. C'est alors la fin du soulèvement et les insurgés sont largement battus. Pour l'historien Hans-Peter Klausch (de), se basant sur le journal des insurgés, Les combats sont cependant intenses et la brigade progresse de 19 km en neuf jours[62]. Pour l'Einsatzgruppen-H, La brigade subit peu de pertes et ses combats ont lieu sur un front de peu d'importance stratégique. Par contre, l'Einsatzgruppen souligne sa brutalité contre les civils et des pillages[61].

À partir de 800 prisonniers politiques, principalement communistes et socialistes, rejoignent la brigade[61]. Un juge SS est alloué à la brigade pour donner un semblant de régularité aux procédure disciplinaires. Celui-ci déclare aux Américains après la guerre que l'unité était composée de 6 500 hommes à la fin 1944 : plus de la moitié était des soldats là pour raison disciplinaires, trente pourcents des anciens prisonniers de camps de concentration (pour raisons politiques ou de droit commun), une dizaine de pourcents d'anciens policiers ou SS exclus et devant faire leur preuve au sein de la brigade. Les braconniers initialement présents avaient été promus aux plus hauts rangs des sous-officiers. L'unité comportait également deux batteries d'artillerie régulière de la police[63].

La brigade part pour la Hongrie le [61]. Elle est envoyée à Ipolysag pour défendre la ville contre l'Armée rouge, malgré les protestations de Dirlewanger car elle comportait des communistes. Himmler et Höfle savent que l'unité est mal préparée. Le , la compagnie composée d'anciens prisonniers politiques se rend à l'Armée rouge qui prend la ville. Cet élément n'est cependant pas la seule cause de la défaite allemande lors de la bataille de Budapest[64].

Le le Brigadeführer Schmedes prend le commandement à la place de Dirlwanger qui doit être soigné pour une blessure infectée. La brigade est scindée en deux : un régiment rattaché au groupe d'armées Vistule avec la neuvième armée. Le reste avec le groupe d'armées Centre et la 4. Panzerarmee[64].

À partir du la brigade prend part à des combats importants à Krossen et Nauenfeld. Un certain nombre des anciens prisonniers politiques désertent à ce moment-là[64].

La brigade devient officiellement la 36e division de genadiers SS le . Elle est cependant immédiatement répartie entre plusieurs corps de troupes[64]. Le l'unité a cessé d'exister alors que seule une cinquantaine d'hommes est encore en état de combattre. On dénombre 634 prisonniers de l'unité qui reviennent des camps de prisonniers russes à la fin de la guerre[65].

Liste des commandants successifs

Davantage d’informations Début, Fin ...
Début Fin Grade Nom
1940 SS-Oberführer Oskar Paul Dirlewanger
Aout 1942 Septembre 1942 SS-Hauptsturmführer Meyer-Mahrndorff
Octobre 42 Février 1945 SS-Oberführer Oskar Paul Dirlewanger
SS-Brigadeführer Fritz Schedes
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Crimes de guerre

L'unité a formellement été identifiée dans les opérations ci-dessus. elle a pu participer à d'autres exactions, comme l'opération Fièvre des marais, la liquidation du ghetto de Sloutsk et celle du ghetto de Lida.

Après la guerre, peu de membres de l'unité sont inquiétés par les procès de dénazification. D'une part leurs crimes sont moins connus que ceux de la solution finale, d'autre part ils parviennent à nier les faits ou à feindre de ne pas s'en souvenir[66].

Emblème

L'insigne de col utilisé par l'unité Dirlewanger dès 1943.

Insigne de col

Contrairement à d’autres unités de la Waffen-SS, la formation Dirlewanger ne dispose pas, durant la Seconde Guerre mondiale, d’un emblème d’unité ou divisionnaire standardisé attesté.

Le seul insigne clairement identifié comme porté par ses membres est le Kragenspiegel (insigne de col), introduit à partir de fin , représentant deux fusils entrecroisés accompagnés d’une grenade à manche[67].

Le motif aux deux grenades entrecroisées, fréquemment présenté comme emblème de la fumeuse unité, apparaît principalement dans des représentations et publications postérieures à et ne correspond pas à un insigne réglementaire attesté pendant le conflit mais comme un badge d'honneur d'appartenance à l'unité pour les anciens[68].

Influence

Le motif des deux grenades à manche entrecroisées est également repris par certains groupuscules néonazis (tel Wolfsbrigade 44 (en)) comme symbole de référence à la formation Dirlewanger[69].

Notes et références

Voir aussi

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