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4e régiment de tirailleurs tunisiens

régiment d'infanterie français From Wikipedia, the free encyclopedia

Le 4e régiment de tirailleurs tunisiens (4e RTT) est un régiment d'infanterie français, de l'armée d'Afrique[1], en activité entre 1884 et 1962[2]. Il fait partie de la famille des régiments de tirailleurs tunisiens, dont il est le doyen et le seul maintenu sans interruption jusqu'à sa dissolution.

Création
Dissolution
PaysDrapeau de la France France
Faits en bref Création, Dissolution ...
4e régiment de tirailleurs tunisiens
Image illustrative de l’article 4e régiment de tirailleurs tunisiens
Insigne régimentaire du 4e régiment de tirailleurs tunisiens
(1er modèle) : un sceau de Salomon et un croissant entrelacés avec, au centre, un 4 stylisé superposé à la formule arabe ما شاء الله (« ce qu'Allah a voulu »).

Création
Dissolution
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Type Régiment de tirailleurs
Rôle Infanterie
Garnison Sousse
Ancienne dénomination 4e régiment de tirailleurs algériens
Devise Sous la garde d'Allah
ou
Sous la protection d'Allah
Inscriptions sur l’emblème Casablanca 1908
Guise 1914
Artois 1915
Champagne 1915
Verdun 1917
L'Aisne 1918
Picardie 1918
Somme-Py 1918
Le Belvédère 1944
Garigliano 1944
Vosges 1944
Stuttgart 1945
Indochine 1947-1954
Guerres Campagne du Maroc
Première Guerre mondiale
Guerre du Rif
Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Indochine
Batailles Chemin des Dames
Verdun
Le Belvédère
Fourragères Légion d'honneur avec une olive aux couleurs de la Médaille militaire
Décorations Légion d'honneur
Croix de guerre 1914-1918
6 palmes et 1 étoile de bronze
Croix de guerre 1939-1945
4 palmes
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs
1 palme
Mérite chérifien
Ordre du Nichan Iftikhar
Fermer

Il est l'un des régiments les plus décorés de l'armée française[3]. Il se distingue particulièrement lors de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il est cité six fois à l'ordre de l'Armée et obtient la Légion d'honneur, puis lors de la Seconde Guerre mondiale, au sein de la 3e division d'infanterie algérienne, notamment lors de la campagne d'Italie avec le corps expéditionnaire français du général Juin ; il est à nouveau cité quatre fois à l'ordre de l'Armée.

Création et différentes dénominations

  • au  : 4e régiment de tirailleurs algériens (4e RTA)[4]
  • au  : 4e régiment de tirailleurs indigènes (4e RTI). Appellation officielle très peu utilisée.
  • au  : 4e régiment de tirailleurs tunisiens (4e RTT)
  • au  : 4e régiment de tirailleurs nord-africains (4e RTNA). Appellation officielle très peu utilisée.
  • au  : 4e régiment de tirailleurs tunisiens (4e RTT)

Chefs de corps

  • Lieutenant-colonel Albert Daugan, commandant le régiment à titre temporaire le , puis à titre définitif le et ce jusqu'au .
  • Lieutenant-colonel Georges Ernest Maurice, commandant le régiment du au .
  • Lieutenant-colonel Heni Louis Victor Dardenne, commandant le régiment du au .
  • Lieutenant-colonel Charles Joseph Aubertin, commandant le régiment du à 1919.
  • -  : colonel Jacques Roux (1891-1944), tué au combat le au cours des combats au Belvédère (au nord de Monte Cassino).
Colonel Roux (1891 - 1944).
  • -  : colonel Georges Guillebaud (1894-1973).

Historique des garnisons, combats et batailles

De 1884 à 1914

À l'origine, les régiments de tirailleurs algériens et tunisiens sont « fondus » en un seul système de numérotation, sans doute lié au fait que les territoires correspondants ont été soustraits de la même tutelle ottomane dont les responsables sont le dey d'Alger et le bey de Tunis. Ce sont souvent leurs anciennes troupes qui sont recrutées dans un premier temps pour constituer la base des premiers régiments. De là vient certainement le surnom de « Turcos » donné à ces unités. Selon d'autres sources, les tirailleurs gagnent leur surnom lors de la guerre de Crimée[5].

Créé le , sous l'appellation de 4e régiment de tirailleurs algériens (4e RTA)[2], il établit sa garnison principale à Sousse et est constitué essentiellement de soldats tunisiens et de cadres français, ces derniers représentant entre 20 et 30 % des effectifs. Il compte en 1899 six bataillons de 600 hommes chacun[1].

En , le premier bataillon est envoyé au Tonkin alors qu'en 1907 et 1908, les 2e et 4e bataillons sont engagés dans la campagne du Maroc avec le 3e bataillon bientôt rejoint en Chaouia par le 4e bataillon[1]. D' à , six des douze bataillons que compte alors le régiment sont également engagés dans des combats contre les tribus hostiles au nouveau protectorat français[1]. Dans un message adressé au bey de Tunis, le , Eugène Regnault, ambassadeur de France au Maroc, souligne alors « la valeur, la discipline et le dévouement […] au-dessus de tout éloge » dont font preuve les tirailleurs tunisiens[1].

Le , en application de la loi du , six de ses bataillons servent à constituer un nouveau régiment, le 8e régiment de tirailleurs tunisiens, dont le 4e RTT est ainsi la matrice[6],[4].

Première Guerre mondiale

Nouba et drapeau du 4e régiment de tirailleurs nord-africains en 1915.

Au début de la Première Guerre mondiale, la France mobilise en Tunisie 62 461 musulmans, contre 9 000 Français de Tunisie, en plus des 24 442 « travailleurs coloniaux », soit un total de 86 903 hommes[1]. Engagés pour la première fois le à Hanzinelle (Belgique), les soldats ne tardent pas à découvrir la guerre des tranchées.

Seuls peuvent être « mobilisés » les citoyens de pleine nationalité française. Les musulmans d'Algérie, qui n'ont pas la pleine nationalité, ainsi que les Tunisiens de nationalité tunisienne, ne sont pas « mobilisés » mais souscrivent un engagement volontaire auprès de l'armée française[7].

Affectations

1914

Le , le 4e régiment de marche (4e RMT) est formé en Tunisie. Il est initialement composé des 6e et 1er bataillons du 4e RTT. Le , le 4e RMT reçoit le 5e bataillon du 4e RTT en provenance du régiment de marche de tirailleurs de la division marocaine. D'abord rattaché à la 38e DI, le 4e RMT passe à la division marocaine le , aux côtés des RMLE, 7e RTA ainsi que du 8e RMZ. Le , il intègre la 2e division marocaine.

1915

1916

1917

Les faits d'armes des tirailleurs tunisiens du Chemin des Dames à Verdun leur valent, en plus de la Croix de guerre et la Légion d'honneur, six citations à l'ordre de l'armée pour le régiment et sept pour les bataillons ainsi qu'une participation au défilé du [1]. Les bilans chiffrés de la participation tunisienne à la Grande Guerre varient sensiblement selon les sources : selon Ridha Kéfi, le ministère français de la Guerre rapporte 16 509 Tunisiens tombés au champ d'honneur sur un total de morts maghrébins estimé entre 28 et 36 000[1] ; une autre source militaire indique 10 500 tués sur un total de 63 000 combattants tunisiens[8]. Le cadre général du recrutement et de l'effort de guerre tunisien est analysé par François Arnoulet[9].

1918

Entre-deux-guerres

Drapeau du 4e RTT salué par le résident général Armand Guillon en à Sousse.

Après l'armistice de 1918, les bataillons tunisiens sont redéployés dans d'autres théâtres d'opérations : Maroc, Sud tunisien ou Dardanelles mais aussi Syrie où ils aident à mater la révolte du Djebel druze en 1925-1926[1].

En 1921[10], la différenciation s'opère entre tirailleurs algériens et tunisiens : il n'existe plus de 4e régiment de tirailleurs algériens, les numéros multiples de quatre étant désormais attribués aux tirailleurs tunisiens (8e, 12e, 16e, 20e, 24e, 28e régiments), les autres l'étant aux tirailleurs algériens. Les héritages de la Grande Guerre sont alors répartis entre plusieurs numéros : les régiments de marche envoyés en France deviennent des régiments autonomes — ainsi le 4e régiment mixte de zouaves et tirailleurs devient le 16e RTT tandis que le 8e régiment de marche donne naissance au 28e RTT[6],[4].

Le régiment prend part à la guerre du Rif au Maroc. Son 1er bataillon (1/4e RTNA) y est engagé du au au sein des groupes mobiles, aux côtés de sept autres bataillons de tirailleurs tunisiens issus des 8e, 20e et 28e régiments — soit huit bataillons de quatre régiments au total. Il combat notamment dans la région de Taza, chez les Branès et vers Bab Achbeur, où le capitaine Gonnet est tué le . Le bataillon, qui perd environ 20 tués et 110 blessés au cours de la campagne, regagne la Tunisie en  ; les pertes cumulées des huit bataillons tunisiens engagés dans le Rif sont estimées à environ 660 hommes hors de combat (160 tués et 500 blessés), le 20e RTT étant le seul dont le drapeau reçoit l'inscription « Maroc 1925 »[6].

Seconde Guerre mondiale

1940

À la mobilisation du , le 4e RTT forme, avec le 8e RTT et le 18e régiment de tirailleurs sénégalais, l'infanterie de la 84e division d'infanterie d'Afrique ; il tient d'abord un secteur de la ligne Mareth avant d'être transporté en France à la fin du mois de [11].

Pendant la campagne de France, le , lors de combats entre les troupes allemandes et le 4e RTT, 63 soldats sont tués à Ablis[12] et à Houville-la-Branche (Eure-et-Loir), où un cimetière militaire est aménagé après le conflit[1]. Parmi les tués se trouve le soldat Mohamed Amar Hedhili Ben Salem Ben Hadj dont le corps sera transféré en au Mont Valérien. Son corps est inhumé dans le caveau no 13 de la crypte du mémorial[13].

1943

Lors de la campagne de Tunisie, équipés d'un matériel de fortune et dépourvus d'une véritable intendance, ils se battent aux côtés d'autres Français, d'Américains et de Britanniques, et aident à arrêter l'avance de l'Afrikakorps.

1944

En 1944, pendant la campagne d'Italie, le 4e RTT est commandé par le colonel Jacques Roux puis par le colonel Guillebaud. Il constitue, avec les 3e et 7e régiments de tirailleurs algériens, l'infanterie de la 3e division d'infanterie algérienne commandée par le général de Monsabert au sein du corps expéditionnaire français. Il combat dans la région de l'abbaye du Mont-Cassin, réussit à franchir la ligne Gustave et s'empare du Belvédère[1], durant la Bataille du Belvédère. Durant ces combats, qui durent du au , le bilan est lourd[1] : la moitié des effectifs du régiment et les trois quarts de ses cadres, dont le colonel Jacques Roux, sont tués ou blessés (207 morts, 75 disparus et 1 090 blessés). Selon le général Charles de Gaulle, lors de ces combats du Belvédère, « le 4e régiment de tirailleurs tunisiens accomplit un des faits d'armes les plus brillants de la guerre au prix de pertes énormes »[14].

L'historien Jean-Christophe Notin a consacré à cet épisode, longtemps resté dans l'ombre, un développement dans son étude de référence sur la campagne d'Italie[15]. Le général René Chambe lui avait déjà consacré un ouvrage complet dès 1953[16] ; un autre ouvrage de référence est constitué par la biographie écrite par le général Douceret sur le commandant Paul Gandoët. Outre son colonel, deux officiers ont joué un rôle central dans les combats du Belvédère : le commandant Gandoët (chef du 3e bataillon) et le lieutenant Raymond Jordy (1914-1944). Tué le dernier jour des combats, à l'âge de 29 ans, le , Jordy fut l'utilisateur du ravin Gandoët dans lequel il lança sa 11e compagnie, le , perçant la ligne Gustave. Le maréchal Alphonse Juin lui rendit un hommage dans son ouvrage sur la campagne d'Italie.

1945

Après le Belvédère, bien que décimé, le régiment est reconstitué et participe après le débarquement de Provence, en , à d'autres combats décisifs contre les forces allemandes, dans le Doubs, les Vosges (notamment lors des combats du Hohneck), en Alsace puis en Allemagne. L'adjudant-chef Ahmed El Abed est présenté par plusieurs sources comme l'un des premiers soldats de l'armée française à franchir la frontière allemande lors de la libération de Scheibenhard. À la tête de sa section, il enlève le village, alors tenu par une unité SS, contribuant à l'établissement d'une tête de pont en territoire allemand. La date de cette action varie selon les sources : la citation qui lui est décernée en la situe au , date également retenue par l'historien Jean Bournizeau[17],[18],[6], tandis que Ridha Kéfi retient le [1]. La quatrième citation à l'ordre de l'armée du régiment situe pour sa part au le franchissement de la Lauter à Lauterbourg et Scheibenhardt par l'ensemble du régiment, au cours de la percée qui le porte au-delà de la ligne Siegfried.

Dans son journal de guerre, Ahmed Farhati, soldat du 4e RTT, note à la date du [1] :

« Paris est libre. Nous les Tunisiens, Marocains, Algériens et Sénégalais pouvons être fiers de nous : nous nous sommes battus pour la France comme si elle était notre patrie. J'espère que lorsque je rentrerai, enfin si je rentre en Tunisie, nous pourrons être considérés par les Français comme des frères et non comme des colonisés. »

Bilan des pertes

Cimetière militaire du 4e régiment de tirailleurs tunisiens à Houville-la-Branche, Eure-et-Loir. (combat du ).

Du au , le 4e RTT a subi 1 009 tués (575 en Italie, 342 en France et 92 en Allemagne), 879 disparus et 4 053 blessés[19]. Plus largement, sur les 26 000 Tunisiens qui ont pris part aux combats, 1 700 sont morts à la fin de la guerre et 450 sont portés disparus[1].

De 1945 à nos jours

Guerre d'Indochine

Aussitôt la guerre finie, la France fait de nouveau appel au régiment pour rétablir sa souveraineté en Indochine. Le 4e RTT est reconstitué dès le [1] et l'expédition de ses 2e et 3e bataillons au Cambodge puis au Sud-Vietnam dure jusqu'en 1955.

Début , le bataillon de marche du 4e RTT, qui était déployé dans le sous-secteur de Phan Thiêt depuis le , quitte l'Indochine : il débarque à Bizerte le . Au retour d'Indochine, les deux bataillons de marche du régiment servent, en 1955, à recréer le 8e RTT[11].

Selon un reportage de Middle East Eye, plusieurs tirailleurs épousent des Vietnamiennes durant leur séjour et rentrent en Tunisie avec femme et enfants. Le retour de certains, tardif — au milieu des années 1960 pour quelques-uns, à la faveur d'un accord entre Habib Bourguiba et Hô Chi Minh —, se révèle difficile : mariages mixtes mal acceptés, épouses d'abord isolées et faible soutien des autorités[20].

Indépendance de la Tunisie

Au retour des tirailleurs dans leur pays, celui-ci est sur le point d'accéder à l'indépendance, proclamée le . Expérimentés, une partie d'entre eux s'intègrent à la nouvelle armée nationale, aux côtés des effectifs de la garde beylicale et d'anciens fellagas[1].

Le régiment subsiste néanmoins au sein de l'armée française avec l'apport d'Européens et de tirailleurs tunisiens ayant choisi de continuer à servir la France. Rapatrié en Algérie en , il y est dissous le [2].

1994

Le 1er régiment de tirailleurs est recréé le  ; sa 4e compagnie garde la mémoire du 4e régiment de tirailleurs tunisiens en conservant ses traditions.

Mémoire

La mémoire du régiment reste longtemps discrète, en France comme en Tunisie. En France, le souvenir des troupes coloniales de la Seconde Guerre mondiale est surtout associé aux Algériens, aux Marocains et aux tirailleurs sénégalais ; le film Indigènes (2006), consacré aux soldats nord-africains, ne met en scène aucun engagé tunisien[17]. L'historien Belkacem Recham a souligné l'« amnésie collective » entourant longtemps la part prise par les tirailleurs maghrébins dans la libération de la France[7]. En Tunisie, après l'indépendance, l'engagement dans l'armée coloniale est parfois reproché aux anciens tirailleurs, dont beaucoup gardent le silence sur leur parcours[17]. En Alsace, la commune de Scheibenhard commémore le passage des tirailleurs tunisiens lors de sa libération[17].

Symboles du 4e RTT

Drapeau du régiment

Drapeau du 4e RTT en 1917.

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes[21] :

Drapeau du 4e RTT.

Décorations

Plaque d'une rue de Scheibenhard en Alsace.
Monument à la mémoire du régiment au Hohneck (Vosges).

Comme le 7e régiment de tirailleurs algériens, il porte la fourragère rouge.

Citations

Pour l'ensemble des deux guerres mondiales, le 4e RTT a obtenu 32 citations à l'ordre de l'Armée (dix pour le régiment, huit pour les bataillons et quatorze pour les compagnies)[22].

Insignes

Personnalités ayant servi au 4e RTT

  • Ahmed El Abed, adjudant-chef et chef de section au 4e RTT, présenté comme l'un des premiers soldats à avoir franchi, le , la frontière allemande lors de la libération de Scheibenhard[18].
  • Paul Gandoët (1902-1995), général de corps d'armée, chef du 3e bataillon du 4e RTT lors de la campagne d'Italie, grand-croix de la Légion d'honneur et de l'ordre national du Mérite.
  • Jean Murat (1922-2021), général de division, aspirant au 4e RTT en Italie. Titulaire de 14 citations, grand-croix de la Légion d'honneur en 2009 et de l'ordre national du Mérite[27].
  • Edmond Coussieu (1899-1941), résistant français, Compagnon de la Libération.
  • Joseph Casile (1905-2007), résistant français, Compagnon de la Libération.
  • Aspirant Robert Séguin (1921-1944), père de Philippe Séguin (1943-2010), tué au col de Ferrière, à proximité de Clerval (Doubs), le [28].
  • Lieutenant puis capitaine Bernard Pécout, médecin chef du 1er bataillon puis médecin du régiment. Région de Gafsa. 1956-1957.
  • Général Jean de Rostolan (1915-1993)

Références

Bibliographie

Voir aussi

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