Abbaye Saint-Corentin

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Type
Ordre religieux
Localisation
Abbaye Saint-Corentin à Septeuil
Présentation
Type
Ordre religieux
Localisation
Localisation

L’abbaye royale de Saint-Corentin-lès-Mantes est une ancienne abbaye bénédictine de femmes, construite sur l'actuelle commune de Septeuil (Yvelines), au diocèse de Chartres. Elle a complètement disparu, un château est construit sur son emplacement au XIXe siècle[1].

En 966, la crainte des invasions des Vikings engage les habitants de Quimper de transporter le corps de leur saint évêque Corentin à Paris, où par ordre de Hugues Capet, il fut déposé dans la chapelle de Saint-Barthélémy[2],[1].

Le roi de France Philippe-Auguste, qui avait répudié sa femme Ingeburg de Danemark, épouse Agnès de Méranie, fille de Berthold, duc de Méranie (Tyrol) en 1196. Le pape Innocent III, excommunie le roi en 1199 et le force à se séparer d'Agnès. Elle lui avait donné deux enfants et meurt, à la naissance du troisième, le à Poissy.

Selon Guillaume le Breton : « L'an 1201, lorsque Octavien était encore légat du pape en France, mourut la reine concubine Marie (de Méranie) qui avait épousé Philippe-Auguste, après avoir répudié Ingelburge, et elle fut honorablement ensevelie dans un couvent de religieuses, dans l'église de Saint-Corentin, éloignée de six mille pas de Mantes, où le roi Philippe fit élever une abbaye pour cent vingt vierges qui sous les ordres d'une abbesse, y servent constamment le Seigneur »[3]. Ce qui est complété par un second témoignage, par Albéric de Trois-Fontaines qui nous explique : « L'an 1201, le jeune Philippe et Marie sa sœur, qu'avait eu le roi de sa concubine, sont légitimés par le pape Innocent. La même année, la concubine, leur mère, meurt, et est inhumée auprès de Mantes, dans l'église de Saint-Corentin, où le roi fit élever une abbaye pour cent vingt religieuses[3] ».

Sur le tombeau de la reine Marie[4], inhumée auprès de la porte, se trouvait gravée l'épitaphe suivante : « En cette église est inhumée la reine Marie de Moravie ou Méranie, épouse de Philippe II dit Auguste, roi de France, lequel fonda cette abbaÏe pour cent vingt religieuses sous une abbesse. Philippe, comte de Boulogne, fils des susdits roi et reine, a donné à cette maison dix milliers de harangs sors. Priez dieux pour leur repos[3] ».

Les moines Guillaume le Breton et Albéric de Trois-Fontaines paraissent donner à entendre que ce monastère existait avant 1201, et que ce ne fut qu'après le décès de la reine concubine qu'il reçut le titre plus honorable d'abbaye. Les religieuses de Saint-Cyr prétendaient, en effet, que ce monastère de Saint-Corentin avait été quelque temps sous leur dépendance. En fonction de cela, on peut affirmer qu'au XIIe siècle, ce prieuré était soumis à Saint-Cyr, et que ce n'est que vers 1201 qu'il devint une abbaye indépendante[3].

Histoire

L'abbaye est construite sur le flanc d'une hauteur dominant la Vaucouleurs.

Le cœur et les entrailles de la mère de saint Louis, Blanche de Castille, morte en 1252, sont enterrés dans le chœur de l'église[5]. Selon une inscription : « Cette tombe est de la reine Blanche de Castille, épouse de Louis, huitième du nom, roi de France, et mère de saint Louis, aussi roi de France, dont le cœur et les entrailles sont dans ce monument. Elle a donné à cette abbaïe 50 livres parisis de rente, les vitres de cette église et quantité d'autres bienfaits; pour l'âme de laquelle reine, on dit tous les mois un obit en ce monastère[3] ». Selon d'autres sources ce seraient uniquement les entrailles[6] ; d'autres sources enfin que ce ne serait que le cœur[7].

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les dames de la bonne société y louent des appartements et mènent une existence mondaine, ce qui procure à l'abbaye des revenus importants.

En 1761, l'abbé Beauny, chapelain de l'abbaye royale de Saint-Corentin, a envoyé à l'Académie une caisse de pétrifications trouvées au terroir de Pincerais[8].

Françoise Grain de Saint-Marsault a fait profession de la vie religieuse dans l'abbaye de Saint-Corentin avant de devenir abbesse à Bonnesaigne en (Limousin)[9].

La Révolution lui porte un coup fatal. La dernière abbesse Françoise de Boisse y meurt en . Les autres religieuses sont dispersées et le couvent vendu comme bien national en . Le monastère est ensuite détruit complètement.

Saint Corentin

La légende raconte que l'on voit encore à Quimper la fontaine où vivait un poisson merveilleux. Quoique saint Corentin en coupa chaque matin la moitié pour se nourrir, il était toujours vivant et toujours entier[10].

Les reliques de saint Corentin quittèrent la Bretagne après les invasions des Normands. Elles aboutirent en partie à l'abbaye de Marmoutier près de Tours et à l'abbaye Saint-Magloire de Paris. Philippe Auguste obtint une relique de saint Corentin pour fonder son nouveau monastère près de Mantes, qui prendra le nom de Saint-Corentin-lès-Mantes.

La fête de saint Corentin est célébrée le .

Liste des abbesses

Notes et références

Liens externes

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