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Abbaye Saint-Bénigne de Dijon

abbaye française From Wikipedia, the free encyclopedia

L'abbaye Saint-Bénigne de Dijon était un édifice monastique de moines bénédictins fondé au IXe siècle. L'abbaye était située au centre de Dijon, dans le département français de Côte-d'Or, dans la région Bourgogne-Franche-Comté.

FondationVIe siècle - vers 535
DédicataireSaint Bénigne
Style(s)dominant(s)Roman, gothique, classique
Faits en bref Fondation, Diocèse ...
Abbaye Saint-Bénigne de Dijon
Maquette de l'ancienne abbaye Saint-Bénigne de Dijon du musée archéologique de Dijon réalisée par Laurent Renou en 1995
Maquette de l'ancienne abbaye Saint-Bénigne de Dijon du musée archéologique de Dijon réalisée par Laurent Renou en 1995

Fondation VIe siècle - vers 535
Diocèse Archidiocèse de Dijon
Dédicataire Saint Bénigne
Style(s) dominant(s) Roman, gothique, classique
Protection Logo monument historique Classée MH (1939)
Logo monument historique Inscrite MH (1979)
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Côte-d'Or
Commune Dijon
Coordonnées 47° 19′ 19″ nord, 5° 02′ 06″ est
Géolocalisation sur la carte : Dijon
(Voir situation sur carte : Dijon)
Abbaye Saint-Bénigne de Dijon
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Abbaye Saint-Bénigne de Dijon
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Son abbatiale est aujourd'hui la cathédrale Saint-Bénigne dédiée à Bénigne de Dijon, un martyr chrétien du IIe siècle. Cette cathédrale est depuis 1792 le siège de l'archidiocèse de Dijon.

En partie détruite, l'ancienne abbaye conserve actuellement les restes d'une aile romane édifiée au XIe siècle, qui compte parmi les plus anciens bâtiments conventuels existant en France. Elle héberge depuis 1930 le musée archéologique de Dijon.

Situation géographique

L'abbaye Saint-Bénigne de Dijon est située à l'ouest du centre actuel de la ville, à l'angle des rues Michelet, Mariotte, Danton et Condorcet. Cependant, dans les premiers temps, elle était située à l'extérieur du castrum de Dijon, auquel elle a progressivement été reliée par le développement d'un bourg entre les deux constructions.

Histoire de l'abbaye

Fondation de l'abbaye

Photographie d'un élément de sarcophage de pierre dans une crypte
Sarcophage dit de saint Bénigne de Dijon, dans la crypte de l'abbatiale

L'origine de l'abbaye est entourée de légendes, liées à la personnalité de saint Bénigne de Dijon qui serait apparu à l'évêque Grégoire de Langres pour lui demander d’élever un oratoire sur son tombeau. Cette histoire, rapportée par Grégoire de Tours, petit-fils du précédent, est probablement une façon pour la hiérarchie ecclésiastique de canaliser des dévotions populaires qui pouvaient être héritées du paganisme[1]. Quoi qu'il en soit, l'établissement religieux est donc attesté dès le VIe siècle. Il appartenait directement aux évêques de Langres[2]. Une communauté de moines y est attestée dès le VIIIe siècle, mais pourrait avoir été présente dès le VIe siècle[3]. Vers 870, le monastère est transformé : l'évêque de Langres Isaac et le roi Charles le Chauve y introduisent la règle bénédictine[2].

Réforme de Guillaume de Volpiano

En 989, Guillaume de Volpiano est envoyé à Dijon par l'abbé Mayeul de Cluny avec douze moines pour réformer l'abbaye, à la demande de Brunon de Roucy, évêque de Langres. Elle n'est cependant pas affiliée juridiquement à l'ordo cluniacensis et garde son indépendance[4]. Brunon et Guillaume, d'un commun accord, se lancent en 1001 dans une ambitieuse reconstruction de l'église abbatiale, avec une basilique doublée d'une rotonde. Cette construction est un symbole du renouveau de la vie monastique mais aussi le fruit de la nécessité, compte tenu de l'adoption des usages clunisiens ainsi que de l'accroissement de la communauté : douze en 990, les moines sont en effet 80 en 1016, lorsque la construction de la basilique s'achève. La rotonde est terminée deux ans plus tard[5].

En parallèle, Brunon de Roucy s'emploie à affermir la situation financière de l'abbaye en restaurant ses possessions temporelles, tandis que plusieurs grands seigneurs de la région participent financièrement, notamment Otte-Guillaume, comte de Mâcon et avoué de l'abbaye jusqu'en 1016[5].

Le successeur de Guillaume de Volpiano, l'abbé Halinard, fait reconstruire les bâtiments conventuels dans les années 1030-1040, autour du cloître situé au nord de l'église et non au sud comme il est d'usage, peut-être à cause de la présence d'un cimetière ou d'un autre lieu sacré à cet endroit[6].

Reconstructions successives

En 1137 un important incendie ravage Dijon et l’abbatiale (seule la rotonde est épargnée par les flammes). L’abbé Pierre de Genève reconstruit l’église presque entièrement en architecture romane.

Entre 1280 et 1393 l'église Saint-Bénigne de Dijon est construite en style gothique sur la précédente basilique effondrée en 1271. L'abbé Hugues d'Arc achète la moitié de la terre de Ville-Comte en décembre 1287 à Eudes de Frôloys[7],[8].

L’abbaye au XVIIe siècle, planche gravée du Monasticon Gallicanum.

Au XVIIe siècle la congrégation des Bénédictins de Saint-Maur entreprend des transformations architecturales de l'abbaye en architecture classique.

En 1791 durant la Révolution française, à la suite de la dissolution des ordres religieux à vœux solennels, les derniers moines quittent l'abbaye et en 1792 l'abbatiale (devenue d'abord église paroissiale) est consacrée cathédrale.

En 1930 le musée archéologique de Dijon (crée en 1831) hébergé au musée des beaux-arts de Dijon est transféré dans l'aile principale de l'abbaye Saint-Bénigne avec au niveau 0 : la salle capitulaire et le scriptorium (XIe siècle), au niveau 1 : le dortoir des moines (style gothique, XIIIe siècle) et au niveau 2 : des salles du XVIIe siècle.

L'abbaye bénéficie de plusieurs protections aux monuments historiques : un classement pour son cellier le , une inscription pour l'ancien logis abbatial le [9].

Architecture

Église abbatiale

Bâtiments conventuels

Salle capitulaire

La salle du chapitre date de la première moitié du XIe siècle ; elle est la plus ancienne salle capitulaire encore en élévation en France.

Jusqu'au XVe siècle, elle garde cette fonction et sert de lieu d'inhumation (4 sépultures furent relevées dans cette pièce, 5 abbés et 2 seigneurs).

Elle est plus tard transformée en cave par les moines de la congrégation de Saint-Maur qui s'installent dans l'abbaye au XVIIe siècle. Selon le plan mauriste de 1670, le chapitre est transféré au premier étage, dans le dortoir gothique.

Scriptorium

La salle attenante à la salle capitulaire longue de 30 mètres date elle aussi de la première moitié du XIe siècle. Elle est supposée être le scriptorium. Le rehaussement du niveau du sol en mille ans d'existence a transformé cette salle située autrefois au rez-de-chaussée, en crypte. Les accès extérieurs qui donnaient sur le cloître ont été condamnés.

Dortoir des moines

Le dortoir est construit à la fin du XIIIe siècle, au-dessus du scriptorium de l'époque romane. Il est construit avec des voûtes d’ogives, en style gothique.

En 1652, les mauristes font surélever l'aile par un niveau supplémentaire pour ajouter de nouvelles cellules. Les baies sont agrandies. Le toit est recouvert de tuiles plates de couleurs: blanches, noires, rouges et vertes.

Palais abbatial

Il renferme aujourd'hui l'École nationale supérieure des beaux-arts de Dijon

La maladrerie

Située à l'entrée de l'abbaye, elle accueillait les pèlerins et les voyageurs.

Cloître

Cloître roman avec ses quatre ailes qui desservaient les principaux édifices abbatiaux. On a retrouvé dans le cloître, les sépultures de 65 personnes réparties de la façon suivante :

Galerie orientale

Elle forme un angle droit avec l'église et abritait la salle capitulaire, le scriptorium au niveau du rez-de-chaussée et le dortoir au niveau I, les autres bâtiments : cuisine, réfectoire, bibliothèque, logement de l'abbé ont tous disparus en élévation. Dans cette galerie furent retrouvées les sépultures de: 14 moines, 11 seigneurs, 1 duc, 1 curé, 3 abbés

galerie occidentale

12 moines, 1 seigneur, 1 inconnu, 1 clerc, 1 curé, 1 bourgeois

Galerie septentrionale

4 moines, 2 inconnus, 1 curé

Galerie méridionale

11 moines

Jardins

La rivière du Raisne, affluent de l'Ouche traverse les jardins inférieurs de l'abbaye[10].

Cimetière

Au Moyen Âge l'investiture du maire et des échevins se faisait dans le cimetière de l'abbaye Saint-Bénigne en face au portail de l'église Saint-Philibert[11].

Sculptures

Tympan du Christ en gloire, provenant d’un portail du cloître (1150-1160). Musée archéologique de Dijon.
Tympan de la Cène, provenant du réfectoire : onze personnages entourent le Christ nimbé avec le pain au centre, dont les apôtres Jean, Judas et Pierre. Musée archéologique de Dijon.

Les différents édifices de l'abbaye furent ornés de plusieurs tympans richement sculptés. L'un ornait la façade occidentale de l'abbatiale, connu par une gravure, et dont quelques éléments sont conservés au Musée Archéologique. Les gravures de dom Plancher conservent le souvenir d'un tympan représentant le martyr de Benigne. On a parfois supposé qu'il provenait aussi de la façade occidentale, mais cela paraît peu probable. Son emplacement originel reste inconnu[12].

Un autre fut découvert en 1833 dans les maçonneries de l'église. Plusieurs fois déplacé, son emplacement d'origine est difficile à déterminer. Il ne semble pas possible cependant qu'il s'agisse du portail donnant dans le cloître comme on l'a pensé au XIXe siècle. Lors des travaux menés par les mauristes, il fut remployé comme décors de l'enfeu du tombeau du cardinal de Givry. Il représente le Christ en majesté, entouré des quatre vivants. Il pourrait être daté de la fin du XIIe siècle[12].

Un autre décorait la porte du cloître donnant accès au réfectoire, décoré de la Cène. Sa réalisation pourrait être placée dans le second tiers du XIe siècle. Assez différent des autres tympans sculptés de l'abbaye, ses sculptures se rapprochent du "relief Crosby" retrouvé à Saint-Denis[12].

Une clé de voûte, en Pierre d'Asnières, taillée, 1281-1287.Inv.Arb 1140, conservée au musée archéologique de Dijon, François Perrodin. Cette clef de voûte décorée d'un masque de feuilles enrichissant le programme sculpté de l'abbaye Saint-Bénigne[13][style à revoir]

Rayonnement de l'abbaye

Abbés

Religieux célèbres

Possessions

Postérité

Armoiries

  • D'azur à deux lances d'or posées en sautoir, accompagnées d'un levier d'argent en chef et d'un ange de même en pointe.

item :

  • D'azur à un saint Bénigne de carnation vêtu d'une aube d'or et d'une chasuble d'argent, les flancs percés de deux lances d'or en sautoir, les doigts percés d'alènes de même, et le front sommé d'un levier d'argent.

Sceaux

  • 1208: rond, à un saint Bénigne en buste, nimbé, barbu, vêtu d'une chasuble, tenant de la main droite une palme, et de la main gauche un livre
  • Légende : SIGILLVM SANCTI BENIGNI BVRGVNDIONVM APOSTOLI
  • 1237 : Rond à un saint Bénigne à mi-corps, nimbé, imberbe, vêtu d'une aube, et d'une chasuble, tenant à la main droite une palme, et de la main gauche un livre, accompagné de deux dextrochères mouvant du flanc, tenant chacun une lance dont on aperçoit que la hampe, le fer étant longé dans le corps du martyr.
  • Légende : SIGILLVM CONVENTVS SANCTI BENIGNI DIVIONIS
  • Contre-sceau sans figure
  • Légende : DEVS DEVS MEVS

Ce sceau ne sera modifié qu'à l'arrivée de la Congrégation de Saint-Maur et deviendra:

  • XVIIe siècle : Ovale, à un écusson entouré de deux palmes, surmonté d'une mitre et d'une crosse, et portant les premières armoiries de l'abbaye
  • Légende SIGILLVM MONASTERII SANCTI BENIGNI DIVIONENSIS

Sépultures

Trésor

N'ayant pas de trésor selon les termes de la loi de 1913 qui prévoit que celui est constitué par les œuvres en péril au sein du Diocèse et que ce dernier est de constitution récente (1730), pour y suppléer, un musée d'art sacré est créé en 1980.

Archives

La cosmographie universelle de François de Belleforest de la bibliothèque des Benignes puis de St-Maur.

Parmi les documents anciens concernant l'abbaye nous avons des IXe siècle et XIIe siècle, conservés à la Bibliothèque municipale de Dijon:

  • Le papyrus de la Bulle du pape Jean XV
  • Un pontifical
  • Des Commentaires de Raban Maut
  • La Chronique de saint Jérôme
  • Le Cartulaire (Bibl.Dijon, ms.591)
  • Bible (énorme)
  • Imprimés de l'ancienne bibliothèque de l'abbaye.

Les Archives de l'abbaye conservées depuis La Révolution aux Archives départementales de la Côte-d'Or représente près de 1 800 articles en faisant l'un des fonds religieux les plus importants. Elles portent principalement sur la gestion des biens de l'abbaye.

Notes et références

Annexes

Notes concernant les annexes

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