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Abda (tribu)

confédération tribale arabe du Maroc From Wikipedia, the free encyclopedia

Les Abda (en arabe : عَبْدة) sont une confédération tribale arabe marocaine de la région de Safi, au sud de Doukkala. Elle donne son nom à la région de Doukkala-Abda qui l'englobe.

Échelon
Confédération Tribal
Région principale
Province principale
Chef-Lieu
Faits en bref Échelon, Région principale ...
(fr) Abda
(ar) عبدة
al-Abdi
Les Abda en rouge uni avec ses fractions (I, II et III)
Informations générales
Échelon
Confédération Tribal
Géographie
Région principale
Province principale
Chef-Lieu
Histoire et anthropologie
Période d'apparition
Mode de vie
Nomade (Historiquement)
Sédentaire (Actuellement)
Fait partie du groupe tribal
Nombre de fractions
3 (formant un groupe de 35 000 individus en 1902)
Fractions
Al Amer
Rabi’ah
Bahatra
Culture
Langue principale
Personnages marquants
Aïssa ben Omar
Surnom
La Doukkala Rouge[1] (en arabe : دكالة الحمراء, Dukkālah al-Hamrā)
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Origines

Les Abda sont une confédération de tribus arabes, dont les premiers français qui entreront en contact avec décrirons comme "de race purement arabe"[2]. Outre cette classification d'une ère révolue et pas toujours précise, les Abda sont bien arabes, issues principalement des confédérations Banu Maaqil pour une part d'entre eux (Dhawi UbaydAllah), mais également des Jochem, principalement représenté par le puissant clan des Jeramnah, issue de la descendance de Jarmoun ben Aïssa, un caïd des Sefianes[3].

Histoire

Période Wattasside

Occupation portugaises sous les Wattassides

Hachuré de jaune, le territoire portugais dans la région d'Asfi et Doukkala

Depuis plusieurs années, les régions de Safi et des Doukkala sont occupés par une présence portugaise, appuyée par certains chefs locaux tel que Yahya ben Mohamed Ibn Ta’foufat, qui avait une grande renommée et autorité parmis les tribus, jusqu'en 1516, où éclata une révolte paralysante des tribus de la région, dont les Abda et Gharbiyah notamment, qui bloquent les routes menant à Safi et asphyxiant la ville. Le gouverneur Yahya arrive tout de même à maté la révolte mais celle-ci affaiblira fortement sa puissance. Il sera d'ailleurs assassiné le 16 février 1518, dans la tente d'un cheikh des Ouled Mtaa’, par un cheikh des Abda. Cette assassinat laissa la porte grande ouverte à une seconde rébellion qui fut impossible à stopper par les forces Portugaises, couplé à l'avancée saadienne[4]. Également dans cette histoire, les origines berbères de Yahya n'arrangeaient en rien la consolidation de son titre de caïd "des Portugais" par les Gharbiya et les Abda étant des tribus arabes[5].

Période Saadienne

Ère d'Ahmed al-A’raj

Portrait d'Ahmed al-A’raj

Sous le règne de ce sultan, plusieurs territoire Abda furent reconqueris, ces derniers étant sous domination portugaises et les tribus qui furent alliés des portugais, tel qu'une partie des Abda un temps, subirent une guerre contre eux de la part d'Ahmed al-A’raj et de son "émirat de Chorfa"[6].

Période Alaouite

Ère de Moulay al-Mustadhi

Lors de sa première accession au trône, très brève, il envoie son frère Moulay Benasser demander l'allégeance à plusieurs tribus, seuls les Doukkala et les Beni Ahsen lui répondent (ces derniers étant ses "khawal" c'est à dire ses "oncles maternels", signifiant, dans le système tribale arabe, la tribu de sa mère, cette relation favorisant une allégeance au sultan). Quant aux Abda et aux Rehamna, ils sont partisans de son frère Moulay Abd'Allah. Alors une partie des partisans d'al-Mustadhi vont partir en expédition punitive contre les Abda, tuant, massacrant et pillant ces derniers. Les Doukkala mettrons de l'huile sur le feu, complotant contre les Abda avec al-Musthadi. Le sultan envoya donc son chapelet (tasbih) et la promesse de la sécurité des notables abdis qui viendront à sa rencontre. Ces derniers (environ 100 notables) prirent alors avec eux le tissus (kiswa) sur le mausolée d'un wali ("saint") de la région, Sidi Cheikh Abu Muhammad Salih. Dès qu'ils se présenterent au sultan, celui-ci les fit tous exécuter et prit leurs chevaux et armes pour les donner aux Doukkala. La guerre entre les Abda et les Doukkala était déclaré et celle-ci fut violente causant notamment des famines et menant les Doukkala à supplier le pieux Sidi al-Maati ben Saleh, pendant 30 jours durant, hommes et femmes demandant la visite de l'homme ayant une grande influence dans la région. Il accepta finalement de se rendre à Azemmour et de leur prêché les appels à la paix. Il parti ensuite pour Safi avec d'autres savant pour également prêché les Abda, et mènera à un traité de paix entre les deux confédération en 1740[7].

Ère de Mohammed III

C'est sous le règne du Sultan Mohammed ben Abdallah (dit Mohammed III) que la ville d'Asfi connu un grand essor en partie grâce à l'aide des tribus Abda et de leur caïd, Abd ar-Rahman ben Nasser al-Abdi. C'est durant cette période que la ville obtint de grands bâtiments tels que sa Kasbah, sa grande mosquée et le palais du sultan[8].

Ère de Moulay Slimane

Sous le règne de Moulay Slimane, les Abda sont réunis dans un seul grand gouvernorat avec les Doukkala et Essaouira, celui du Caïd Mohammed ben Abd as-Sadeq al-Meskini, exactement depuis le 27 juin 1813 (27 Jumada al-Thani 1228). Cette situation ne dura pas fort longtemps, en effet le mercredi 3 mai 1815 (21 Jumada al-Awal 1230) les Abda se révoltent contre leur gouverneur et assiegerent la ville de Safi où le caïd se trouvait. Les portes de la ville ne fût ouvertes que le samedi 6 mai, le 10 mai les Abda pillèrent et détruisirent le bétail, les récoltes et les jardins des habitants de Safi. Le 23 mai les portes furent à nouveau fermées et ne furent réouverte que le 15 juin. En parallèle la région des Doukkala fait rage et le gouverneur Abd ar-Rahman ben Bouchaib est destitué puis assiégé, il parvient à fuir et le sultan le nomma gouverneur d'Abda en destituant al-Meskini, dont le sultan reconnu les fautes et une part de la tyrannie qu'il avait sur la région[9].

Ère de Moulay Abderrahmane

En 1845 éclata un conflit fratricide entre les Bahatra et les Al-Amer, sous font de conflits de succession. En effet, les Jeramnah, un des clans des Al-Amer, étaient depuis plusieurs décennies à la commande des Abda tout entier, exemple parfait avec l'accession au pouvoir de Abd ar-Rahman ben Nasser al-Abdi en 1777 sous le règne de Mohammed III et ensuite de son fils, Mohammed ben Abd ar-Rahman ben Nasser. Au moment des faits, la mort du caïd actuel, Hajj Haman al-Jermouni (du clan des Jeramnah) mourrut et laissa sa place à son fils, Fadoul ben Haman al-Jarmouni qui devient caïd de tout les Abda. C'est alors que les Bahatra lança une révolte contre lui, Fadoul ben Haman et des contingents des Jeramnah partirent confronté les révoltés, ce qui enlisa la région et touchant même la ville de Safi. Le gouverneur de la ville, Mohamed ben Azzouz essaiera tant bien que mal d'être médiateur entre les deux parties mais en vain. C'est alors que le khalifa du sultan à Marrakech, son fils et futur sultan du Maroc, Mohammed ben Abd ar-Rahman décida d'intervenir et de mené une armée. Les Bahatra prévenus partirent se réfugiés, le khalifa de Marrakech décida alors d'envoyer les Chorfa Ghanimiyin (une famille influente religieusement de la région) pour les raisonnés mais les révoltés rejetés une paix en bloc. Le fils du sultan décida donc de leur faire la guerre qui mena à la sédition des Bahatra, mais ces derniers réussirent à devenir indépendants politiquement en obtenant leurs propres caïds et devenant "tribu des Bahatra" au lieu de "fraction des Bahatra" dans la politique makhzenienne[10].

Ère de Moulay Abdelaziz

À la mort de Hassan Ier, le Maroc en général est enclin aux révoltes tribales. En 1902, suite à une insurrection des tribus Beni Mtir et Guerrouane, le sultan appela plusieurs tribus, dont les Doukkala, les Sraghna, les Chaouïa et les Abda, dû un manque de contingents dans son armée. Le 17 octobre 1902, les troupes partent, les Chaouïa dirigés par plusieurs caïds tel que el-Hajj al-Maati al-Mzamzi avec 800 hommes, les Doukkala dirigé par Sidi Bou Ali al-Dukkali avec plus de 300 hommes, les Sraghna environ d'un millier d'hommes dirigés par le caïd Jilali ben el-Mouden et enfin Aissa ben Omar, qui dirige 1600 hommes des Abda et des Ahmar. Mais à peine arrivé à Fès, que une lettre arriva, les exhortant au combat contre le Rogui, Bouhmara, qui a déclaré la révolte au nord de Fès. L'opération débuta contre les Guerrouane, mais celle-ci ne pût pas vraiment commencer car les Guerrouane s'étaient réfugiés chez les Zemmour, leurs étant vides d'homme dès lors[11].

Territoire

Flore

Parmis les 700 000 hectares d'Arganiers au Maroc, s'étendant depuis Essaouira, on en retrouve sur le territoire des Abda et de leurs voisins les Chiadma[12].

Arganier et ses chèvres

Traditions et religion

Moussems

Moussem de Sidi Abdelaziz ben Yffou

Ce moussem célèbre le "wali" soufi, Abdelaziz ben Yffou, chérif venu de Ouadi Dahab qui s'est installé au XIXe siècle dans la région de Sidi Bennour, où se pratique donc le moussem, réunissant tbourida, fauconnerie et chants et les descendants du "saint", les chorfa bouffyine puis les tribus de la région, que ce soit les Abda, les Doukkala ou les Chaouïa[13].

Chants

Aïta

L'aïta est une forme de chant populaire répandu dans plusieurs tribus des plaines atlantique et notamment reconnu chez les Abda, avec l'icône de ce genre, Kharbousha qui illustra la résistance contre la tyrannie du caïd Aissa ben Omar via ses chants soutenant la révolte des Ouled Zaid, son clan. L'origine de ce genre remonte à l'arrivée des Banu Hilal et autres tribus arabes au Maroc sous les Almohades[14].

Tariqa et Zaouïa

Zaouïa Mdadha

Les Mdadha sont une branche de la tribu des Ouled Bou Sbaa, ayant la qualité de Chorfa, ils fondèrent chez les Abda une zaouïa au XVIe siècle[15].

Composition tribal et administration

Pendant longtemps les Abda étaient (presque) un seul caïdat uni, retraçant ses caïds depuis l'époque du sultan Mohammed III, avec Abd ar-Rahman ben Nasser al-Abdi caïd en 1777 et remplacé ensuite par son fils Mohammed ben Abd ar-Rahman ben Nasser al-Abdi, puis quelques années plus tard avec le caïdat de Hajj Haman al-Jermouni jusqu'en 1845 à sa mort, remplacé par son fils Fadoul ben Haman al-Jermouni jusqu'à la révolte des Bahatra qui mettra fin au caïdat unique sur les Abda[16].

Les Abda sont composés de 3 grandes fractions, qui sont respectivement divisés en plusieurs sous clans ;

Rabi’ah

  • Rabi’ah (en arabe : الربيعة)[16]
    • Ash-Shehala
    • Sehim
    • al-Idhal’ah
    • al-Bekhāti

Avant la révolte des Bahatra, le caïd des Rabi’ah fût issue des Shehala systématiquement, dont un nom est parvenu, Abd as-Salam ben Haman ash-Shehali[17](frère de Fadoul ben Haman, il n'est d'origine pas un Shehala), il sera suivie ensuite par ’Allal ben Taher al-Shahlawi, caïd de 1868 à 1869, incapable de payé les dettes de la tribu[18], puis le caïdat des Rabi’ah était assuré jusqu'en 1879 par le caïd Ahmed ben El-Ayashi al-Abdi, suite à sa mort, le sultan Hassan Ier nomma Ahmed ben al-Abdi al-Hafezi qui resta caïd de 1879 à 1887, date de son décès. Il sera aussitôt remplacé par son frère Chafi’i ben al-Abdi al-Hafezi, où la tribu des Rabi’ah connaîtra une période de prospérité avec des récoltes 5 fois plus abondante que dans toutes les autres tribus Abda. Mais la vague de révolte qui parvient durant l'accession au trône du sultan Abd al-Aziz fût terrible, causant le pillage, la démolition et le viol, selon certains historiens, des femmes du caïd. Son caïdat prend fin en 1894, la tribu est rattachée à l'autorité d'Aissa ben Omar al-Abdi[19]. Dans les années 30, on retrouve Hadj Abd'Allah ben Abd al-Malek al-Ouazzani caïd des Rabi’ah et des Bahatra-Sud[20].

Abd Allah ben Abd al-Malek al-Ouazzani

Āl-’Amer

  • Al-’Amer (en arabe : آل عامر)[16]
    • Jeramnah
    • Mouissat
    • Al-Hussine
    • Al-Bahirat[21]

Pendant un certain temps, le caïdat unique des Abda fût aux mains des Al-Amer, notamment avec Abd ar-Rahman ben Nasser et son fils, puis Hajj Haman al-Jermouni et ses fils. Ensuite la confédération fût divisés en plusieurs caïdats. Au temps d'Aissa ben Omar, on retrouve le caïd Mohamed ben Themar al-Abdi en tant que caïd des Al-Amer[22]. En octobre 1913, avec la re-organisation des caïdats des Abda, les Al-Amer sont dirigés par le Caïd Mohammed Ould Caid Aissa ben Omar[23].

al-Bahatrah

  • al-Bahatrah (en arabe : البحاترة)
    • Ouled Salmane
    • Ghiyath
    • Derablah
    • Themara
      • Ouled Zaid
    • al-Hajoush
    • az-Zaa’ (aussi nommé Ashjaa)
    • al-Awlad
    • Ouled Barkah

Avant la révolte, les Bahatra furent sous le khalifa (lieutenant) Mohammed ben al-Ghanimi, au service du caïd Hajj Haman. Suite à leur révolte entre 1845 et 1847, les Bahatra sont devenus une entité politique indépendante et ayant eu 3 caïds jusqu'au début du protectorat français, étant ; Ahmed ben Aissa al-Gouti de 1847 à 1854, Mohammed ben Omar ben Aissa al-Themari de 1854 à 1879 et Aïssa ben Omar al-’Abdi de 1879 à 1914[10]. Tous issue de la même famille, descendants d'un certain Aissa al-Gouti ben Musa, qui donna deux fils, Ahmed, puis Omar, ce dernier donna Mohamed et Aissa[24]. En octobre 1913, l'administration du protectorat divise la tribu en 5 caïdats, les Bahatra coupés en deux. Les Nord-Bahatra, les Thamra et les Al-Amer sont dirigés par le caïd Mohammed Ould Caid Aissa ben Omar (fils du grand caïd) et les Sud-Bahatra sont eux dirigés par le Caïd Zehrouni ben al-Hajj Mohammed ben Mellouk az-Zidi, du clan des Ouled Zaid[23]. Le fils d'Aissa ben Omar, Mohammed, resta caïd jusqu'en mars 1918 suite à enquête sur lui, il sera remplacé par son frère, ancien pacha de Safi, Idriss ben Aissa ben Omar, avant que lui aussi soit demis de ses fonctions en janvier 1920. Ce sera le dernier de cette famille à posséder un rôle makhzenien[23]. Dans le caïdat des Sud-Bahatra dans les années 30 se retrouve Abd'Allah ben Abd al-Malek al-Ouazzani mentionné plus haut.

Personnalités

Personnalités religieuses

  • Mawla Bergui : disciple du wali soufi Sidi Ali az-Zaydi al-Abdi[25].
  • Abu al-Hassan Ali, surnommé ’Allala, ben Chetoui al-Bahiri al-Hayani al-Abdi : Religieux, fqih, hafidh, et professeur d'origine Hyayna, dont les ancêtres ont migrés chez les Abda[26],[27].

Personnalités politiques

  • Aïssa ben Omar : Caïd influent des Abda.

Personnalités culturelles

  • Kharboucha : chanteuse populaire et politique, issue des Ouled Zaid des Bahatra[14].

Dans la culture populaire

Littérature

- Hot Maroc (2020) de Yassin Adnan ; Roman où est mentionné notamment la tribu des Abda, et son caïd iconique, connu pour sa dureté, Aïssa ben Omar[28].

Références

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