Abdallah Senoussi
ancien chef des services de renseignement libyen et beau-frère de Mouammar Kadhafi
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Abdallah Senoussi, en arabe : عبد الله السنوسي, né en 1949 au Soudan, est un militaire libyen. Marié avec la sœur de Safia Farkash, il est le beau-frère par alliance de Mouammar Kadhafi[1].
Biographie
Abdallah Senoussi est issu de la tribu Magarha. Pendant les années 1980, il est responsable de la sécurité intérieure de l'ex-Jamahiriya arabe libyenne, à une période où beaucoup d'opposants au régime sont tués. En 2002, il est nommé à la tête du Service de renseignements militaires de la Jamahiriya[2],[3].
En 1999, la France le condamne par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité pour son rôle dans l'attentat du DC-10 d'UTA qui a coûté la vie à 170 passagers en 1989[4],[3],[5].
Abdallah Senoussi est également soupçonné d’avoir joué un rôle central dans l’attentat du Boeing 747 de la Pan Am en 1988, en ayant notamment recruté Abdelbaset al-Megrahi[6],[3].
Récupérées après la chute du régime en 2011 par Samir Shegwara, opposant au régime, des archives des services secrets d’Abdallah Senoussi, dévoilent des actions terroristes de la dictature de Kadhafi, dont les préparatifs d’attentats, comme ceux de Boeing 747 de la Pan Am en 1988 et celui du DC 10 de l'UTA en 1989[7],[8].
D'après des dissidents libyens, Abdallah Senoussi serait également responsable du massacre de prisonniers dans la prison d'Abou Salim en 1996. Il est par ailleurs suspecté d'avoir organisé un complot visant à assassiner le prince héritier Abdallah d'Arabie saoudite, en 2003[1],[9].
Extradé vers la Libye en , Abdallah Senoussi est condamné en 2015, lors de son procès pour «crime de guerre» durant les insurrections de 2011[10] , à la peine de mort , en même temps que trente-six autres hauts responsables du régime de Kadhafi[11]. La cour suprême annule par la suite cette condamnation[12]. En 2025, Abdallah Senoussi est toujours en détention dans l'attente d'un nouveau procès[12].
Affaire Sarkozy-Kadhafi
En 2005, en contrepartie du financement occulte de la campagne présidentielle française de 2007 de Nicolas Sarkozy[13],[14], il reçoit le soutien de celui-ci, alors ministre et futur candidat à l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy met à sa disposition son avocat personnel Me Thierry Herzog, et promet selon le témoignage de Ziad Takieddine : « Dès ma prise de fonctions à la présidence de la République, pas le premier acte, mais le deuxième acte d’amnistie sera pour M. Senoussi »[4]. Claude Guéant et Brice Hortefeux font également le déplacement à Tripoli et rencontrent secrètement Abdallah Senoussi[15].
Lors de son procès qui se tient en en Libye, Senoussi déclare : « Pour ce qui est du soutien apporté à des personnalités occidentales pour leur permettre d'accéder au pouvoir, la somme de 5 millions d'euros a été versée pour la campagne du président français Nicolas Sarkozy en 2006-2007. J'ai personnellement supervisé le transfert de cette somme via un intermédiaire français, en la personne du directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur. Sarkozy était alors ministre de l'Intérieur. Il y avait aussi un second intermédiaire, le nommé Takieddine »[4]. Entendu séparément, Ziad Takieddine fournit un témoignage concordant[4].
Répression de l'insurrection de 2011
Du 15 au , au début de la révolte contre le régime de Kadhafi, il mène une répression violente contre le soulèvement de Benghazi. Ces événements font l'objet d'une enquête de la Cour pénale internationale, qui aboutit le à un mandat d'arrêt international pour crime contre l'humanité[16].
Le , Abdallah Senoussi est arrêté à l’aéroport de Nouakchott (Mauritanie) en provenance de Casablanca avec un faux passeport malien[17]. Le , il est remis par la Mauritanie aux autorités libyennes[18].