Abdallah ben Saoud ben Abdelaziz (arabe: عبد الله بن سعود بن عبد العزيز, ‘Abd Allāh bin Saʻūd bin ʻAbd al-ʻAzīz) est un dirigeant du Premier État saoudien (1814-1818).
Après cette date, une guerre ouverte entre Ottomans et Saoudiens éclate. Abdallah hérite donc d'une situation compliquée. D'autant plus que le fils de Mohammed Ali, Ibrahim Pacha, débarqué sur la péninsule arabique en septembre1816, vient de relancer la campagne de son père en organisant une expédition contre le bastion saoudien du Nejd en 1817-1818. Refusant d'affronter directement les envahisseurs, Abdallah préféra éparpiller ses forces dans les différentes cités du Nejd. Ibrahim, qui disposait d'une armée bien plus avancée, n'eut donc aucun mal à les reprendre une par une et finit par poser le siège devant la ville de Dariya en avril1818. La capitale saoudienne dans laquelle Abdallah s'était retranché fut finalement prise et détruite en septembre1818 après la reddition de ce dernier. Il fut alors emmené à Constantinople avec son trésorier et son secrétaire, pour y être exécuté sur ordre du sultan Mahmoud II, en dépit des promesses de sécurité d'Ibrahim et d'intercession en sa faveur de Mohammed Ali.
Son exécution et ses raisons
Le [1] ou 1802, une armée wahhabite forte de 12 000 hommes[2] envahit la ville de Kerbala dans l'eyalet de Bagdad, tuant sans distinction plusieurs milliers d'habitants[3],[4] et détruisant le tombeau d'Al-Hussein ibn Ali, le petit-fils du prophète Mahomet. Cette attaque dura huit heures et fut menée par Saoud, le père d'Abdallah[2]. Par la suite, de nombreuses personnes furent tuées à la Mecque et Médine par son armée, qui endommagea même la mosquée du Prophète (le second lieu saint de l'islam). Cela mit les Ottomans extrêmement mal-à-l'aise car ils étaient les dirigeants officiels de la péninsule arabique. De plus, leur chef avait le titre de calife depuis 1517 et se devait donc de garantir la sécurité des lieux saints du culte musulman[5].
Par ailleurs, Abdallah, un salafiste, prononça le kufr sur la personne de l'empereur, qui suivait lui l'école maturidiste[6].
L'exécution d'Abdallah semble donc avoir été motivée à la fois par les crimes de son père (massacres de civils, attaques contre les villes saintes et les mosquées[7]), mais aussi par son takfir de Mahmoud II.
↑ Khatab, Sayed., Understanding Islamic fundamentalism: the theological and ideological basis of al-Qa'ida's political tactics, American University in Cairo Press, (ISBN9789774164996 et 9774164997, OCLC721887535, lire en ligne), p.74
↑ Meir Litvak, «KARBALA», dans Iranica Online, (lire en ligne)