Abdennour Bidar
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Abdennour Bidar, né en à Clermont-Ferrand, est un philosophe et essayiste français. Figure intellectuelle de l'islam libéral, il fut membre de l'Observatoire de la laïcité et membre du Comité consultatif national d’éthique jusqu'en 2025. Depuis 2017, il est membre du Conseil des sages de la laïcité et des valeurs de la République du ministère chargé de l’Éducation nationale. Haut fonctionnaire, il est administrateur de l’État, dans une fonction d’inspecteur général de l’éducation nationale[1]. Il est par ailleurs membre, comme chercheur associé, du laboratoire GSRL (Groupe sociétés, religions, laïcités) du CNRS et de l'École pratique des hautes études (EPHE, Paris).
Ancien élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, Abdennour Bidar est agrégé de philosophie et docteur en philosophie[2],[3], après la soutenance d'une thèse intitulée « Mohammed Iqbal : une pédagogie de l'individuation » sous la direction d'Étienne Tassin[4],[5]. De 2004 à 2012, il enseigne la philosophie en classes préparatoires aux grandes écoles[source secondaire souhaitée]. À compter du , il est nommé maître de conférences en philosophie à l'ESPÉ de Lyon (université Lyon-1)[source secondaire souhaitée]. Il est chercheur associé au Laboratoire GSRL (Groupe Sociétés, Religions, Laïcités) de l'École pratique des hautes études[6][source insuffisante].
En , il est chargé de mission sur la pédagogie de la laïcité au ministère de l'Éducation nationale et au Haut Conseil à l'intégration. Il publie sur le sujet, à La Documentation française, un ouvrage intitulé Pour une pédagogie de la laïcité à l'école[7][source insuffisante]. Il est nommé le membre de l'Observatoire de la laïcité[8].
Outre ses articles dans la presse et les grands médias publics, il est également rédacteur pour la revue Esprit[9]. De à , Abdennour Bidar produit et anime l'émission de débat sur le thème du vivre ensemble et de l'identité Cause commune, tu m'intéresses sur France Inter[10]. Durant l'été 2014, il est le producteur et le présentateur de l'émission France, Islam : questions croisées sur France Inter[11]. En , il reprend l'émission Cultures d'islam sur France Culture après la disparition de son créateur Abdelwahab Meddeb[12], et l'anime jusqu'en , date à laquelle Ghaleb Bencheikh lui succède[13].
Anne-Bénédicte Hoffner, directrice-adjointe de La Croix le présente comme « méditant engagé » dans un de ses articles[14]. Il souhaite œuvrer avec d'autres pour une « réparation du tissu déchiré du monde », et fonde à cette fin deux associations.
En , avec la psychologue Inès Weber, il fonde le Sésame, un centre de culture spirituelle non confessionnel, où athées, agnostiques, croyants de toutes confessions peuvent venir partager leurs questions de sens, et se nourrir aux héritages des traditions de sagesses — philosophique, mythologique, religieuse, mystique, poétique — d'Orient et d’Occident. Le Sésame propose d'abord des rencontres (conférences, concerts, temps de silence) à Paris, puis des sessions d'enseignement et des retraites spirituelles dans une grande maison en Provence ouverte toute l'année[15].
En , Abdennour Bidar fonde Fraternité Générale, un mouvement pour la fraternité, à travers des actions culturelles, sportives et citoyennes, avec Fabienne Servan-Schreiber[1].
En , il est nommé membre du conseil scientifique de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (DILCRA), alors présidé par Dominique Schnapper[16]. Il fut aussi membre du Comité consultatif national d'éthique, et est toujours membre du Conseil des sages de la laïcité[17].
Ouvrages
De tradition soufie[18], l'école de sagesse qu’il décrit comme « la voie initiatique de l’islam qui mène à la connaissance de soi et l’éveil intérieur », il est spécialiste de la pensée et de la spiritualité de l'islam, et des évolutions de la vie spirituelle dans le monde contemporain.
Ses ouvrages Un islam pour notre temps (2004), Self Islam, Histoire d'un islam personnel (2006), L'islam sans soumission (2008), Lettre ouverte au monde musulman (2015), L'islam spirituel de Mohammed Iqbal (2017)[19], Les cinq piliers de l'islam et leur sens initiatique (2023), L'islam du coeur (2026), font de lui une des figures de l'islam libéral, qui dit : "mon travail fondamental, c’est d’élaborer une autre vision de l’islam, d’en faire une critique créatrice, d’en montrer une image plus profonde sur le plan spirituel et moins dogmatique sur le plan des mœurs". Son ouvrage de 2017 sur Mohammed Iqbal (1877-1938) ainsi que sa thèse de doctorat sont consacrés à l’œuvre de ce penseur musulman de l'époque moderne, dont il traduit également et publie en 2020 le principal ouvrage philosophique, dans la Bibliothèque des Idées (Gallimard), intitulé La reconstruction de la pensée religieuse en islam.
Élargissant son propos au-delà de l'islam, il propose de considérer que l'humanité vit actuellement "un temps d'intervalle" entre deux ères spirituelles, où des défis planétaires sans précédent nous appellent à libérer des forces intérieures insoupçonnées : "À des problèmes transcendants, seules des forces transcendantes peuvent faire face. C'est la bénédiction paradoxale, quand on y regarde de plus près, de notre époque qui ressemble tant de loin à une malédiction : nous avons créé nous-mêmes des situations si menaçantes et si catastrophiques que nous sommes au pied du mur, contraints et forcés désormais, sans autre solution, de faire appel à ces forces divines en nous-mêmes dont seuls quelques saints et sages avaient jusqu'ici libéré en eux la puissance"[20].
Dans la veine humaniste et engagée de ses ouvrages Histoire de l'humanisme en Occident (2014)[21], Plaidoyer pour la fraternité (2015)[22],[23] et Quelles valeurs partager et transmettre aujourd'hui (2016), son ouvrage Les Tisserands est consacré à la mise en lumière de l'importance du triple lien - à soi, aux autres et à la nature - comme vital pour grandir en humanité. Dédié à celles et ceux qui « réparent le tissu déchiré du monde », il reçoit en 2016 le prix de l'Essai de l'année du magazine L’Express[24].
Accueil critique
Abdennour Bidar est critiqué en 2015 par Pierre Tevanian[25] et Alain Gresh en 2012[26] pour essentialiser l'islam, la culture et la civilisation musulmanes, une critique infondée et inacceptable selon Pascal Bruckner qui estime en 2017 que ce sont des propos d’agitateurs en quête d’une cause[27].
Pour le chercheur Mohammed Hashas, l'œuvre de Bidar est peut-être la première tentative d'esquisser de manière innovante un cadre théorique pour la pensée islamique européenne qui ne soit ni eurocentrique ni islamocentrique au sens classique du terme. À travers une approche théosophique, Bidar tente de réunir les deux visions du monde dans un véritable effort de théologien-philosophe. Son projet [consiste] en trois concepts de base : l'auto-islam, l'existentialisme islamique et le dépassement de la religion[28].
Pour la professeur Nadia Kiwan, dans ses essais et ses interventions, Abdennour Bidar tente d'esquisser les contours de ce qu'il appelle un existentialisme musulman du XXIe siècle ; il peut être considéré comme un médiateur culturel qui cherche à confronter de manière productive les concepts occidentaux et non-occidentaux de religion, de spiritualité, de modernité et d'humanisme[29].
