Abdullah Abdurahman
homme politique sud-africain
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Abdullah Abdurahman (1872 – 1940) est un homme politique et médecin sud-africain, né à Wellington, dans la colonie du Cap. Formé en médecine à l'université de Glasgow, il est le premier conseiller municipal coloured du Cap. À partir de 1902, il dirige un mouvement anti-ségrégationniste : l'African Political Organization.
Wellington (Afrique du Sud)
Le Cap
Abdullah Abdurahman
| Naissance |
Wellington (Afrique du Sud) |
|---|---|
| Décès |
(à 67 ans) Le Cap |
| Profession |
Médecin |
| Activité principale |
Homme politique, Conseiller municipal |
| Formation | |
| Descendants |
Zainunnisa Gool (fille) |
Enfance
Abdullah Abdurahman nait le dans le quartier de Verlatekloof à Wellington. Il grandit dans un milieu Malais du Cap relativement favorisé à Wellington puis au Cap. Son père, diplômé de l'université al Azhar du Caire, possède une poissonnerie et gère une école de théologie islamique. Sa mère enseigne également dans cette école et est couturière. Ses grands-parents sont probablement marchands de fruits et légumes, et des esclaves qui avaient racheté leur liberté[1]. Après avoir étudié dans des écoles gérées par des missionnaires, il entre au prestigieux South African College Schools (en)[2],[3]. À partir de 1888, il étudie la médecine à l'université de Glasgow et obtient son diplôme de docteur en 1893[4],[3]. C'est à Glasgow qu'il rencontre sa première épouse, Nellie Potter James[5]. De retour en Afrique du Sud, il ouvre un cabinet médical prospère au Cap[6].
Carrière politique au Cap
En 1904, il est élu premier conseiller municipal coloured de la ville du Cap, poste qu'il occupe presque sans interruption jusqu'à sa mort. En tant que conseiller, il œuvra à l'amélioration des conditions de vie de la communauté Coloured, notamment dans le domaine de l'éducation. Il contribue à la création des premiers lycées coloured de la ville du Cap[6]. De 1923 à 1937, il préside de nombreuses commissions du conseil municipal, ce qui lui conféra une influence croissante sur l'administration locale. Abdullah Aburahman fut également le premier colouredd élu au Cape Provincial Council (en) en 1914, poste qu'il occupa jusqu'à son décès[7].
African Political Organisation
Les plus grandes réussites politiques d'Abdullah Abdurahman sont liées à son engagement au sein de l'African Political Organisation (en). Élu président en 1905, sa contribution au succès du parti fut telle que celui-ci était souvent surnommé, non sans humour, « l'Organisation politique d'Abdurahman »[8]. L'objectif du parti était de lutter contre l'oppression raciale croissante dans le pays, initialement au nom des Coloured qui constituaient la majorité des électeurs du docteur dans le quartier de District Six. En 1906, Abdullah Abdurahman mène une délégation à Londres afin d'obtenir le droit de vote pour la population coloured[9]. En 1909, avant la création de l'Union sud-africaine en 1910, le Dr Abdurahman participe à une seconde délégation à Londres pour tenter d'étendre ce même droit aux Sud-Africains noirs. Cette délégation, dirigée par William Schreiner, comprenait des membres de la communauté noire qui allaient former le Congrès national africain en 1912. Elle échoue. À son retour en Afrique du Sud, le médecin tend la main aux mouvements politiques africains et indiens pour tenter de résister à la montée du racisme.
En 1925, le Dr Abdurahman fut chargé par le Congrès indien d'Afrique du Sud de conduire une délégation auprès du vice-roi des Indes. Il rencontra Lord Reading, qui fut profondément impressionné. Le vice-roi écrivit à Londres : « Le Dr Rahaman [sic] a présenté des arguments convaincants et bien étayés dénonçant les injustices sociales, politiques et économiques humiliantes subies par les Indiens en vertu de la législation de l'Union (d'Afrique du Sud), et a exprimé, non sans raison, la crainte que la législation asiatique envisagée ne rende leur situation totalement impossible… Le Dr Rahaman a insisté sur la nécessité d'un traitement de faveur pour les Blancs au sein d'une population composée, dans de nombreux cas, de personnes nées hors de l'Empire britannique ou n'y étant pas fidèles, au détriment des Indiens nés en Afrique du Sud et fidèles à la Grande-Bretagne… J'ai trouvé cette position très difficile. Je suis profondément touché par les humiliations subies par les Indiens d'Afrique du Sud et par la gravité des conséquences du projet de loi, qui sera examiné en deuxième lecture dès le début de l'année prochaine »[10]. Lors de sa visite, le Dr Abdurahman s'adresse également au Congrès national indien à Kanpur en décembre 1925, et son discours passionné fait forte impression[10]. Un journaliste du Sunday Times écrit à ce propos le 31 janvier 1926 : « Partout où le Dr Rehman [sic] et ses collègues se sont rendus — et à cette date, ils ont pratiquement parcouru tout le pays — ils ont été accueillis avec une chaleur et un accueil unanimes par le peuple indien »[11].
Toutefois, les campagnes du Dr Abdurahman, à l'instar de celles du Congrès national africain, du Parti communiste sud-africain ont relativement peu d'impact[12]. À la fin des années 1930, d'autres partis politiques, comme la National Liberation League (en) ou le Non European Unity Movement (en)[12] plus radicales s'imposent.
Mort et héritage
Le , Abdullah Abdurahman décède d'un arrêt cardiaque. Plus de 30 000 personnes assistent à ses funérailles[8]. Après sa mort, le parti qu'il avait fondé décline rapidement. Son héritage politique est contrasté ; les commentateurs modernes, plus radicaux, le considèrent comme trop conciliant envers les autorités blanches, et, en termes de résultats concrets, les réalisations de sa carrière politique sont limitées[6]. En revanche, il ne fait guère de doute qu'il fut le politicien coloured sud-africain le plus influent de son époque, et sa popularité au sein de la communauté non européenne était immense, tout comme le respect dont il jouissait auprès de l'élite blanche. En 1999, Nelson Mandela décerne à titre posthume au Dr Abdurahman l'Ordre du Mérite 1re classe (Or) pour son combat contre l'oppression raciale[6].
Abdullah Abdurahman a été marié deux fois : une première fois avec la Britannique Helen (Nellie) Potter James, rencontrée à Glasgow. De cette union naquirent deux filles, Waradea « Rosie » et Zainunnisa (Cissie) Gool (qui sera elle-même conseillère municipale au Cap)[8]. Le couple divorce en 1923 et il épouse ensuite Margaret May Stansfield en 1925. De cette union naquirent une fille, Begum, et deux fils, Abdul et Nizam.
