Khawâdjâ Abdallâh Ansârî
exégète musulman, spécialiste du hadīth, maître spirituel, orateur de talent (Iran, XIe s.)
From Wikipedia, the free encyclopedia
Khawâdjâ Abdallâh Ansârî[1] (en persan : خواجه عبدالله انصاری) est né à Hérat, au Kuhandiz, en 1006 en Afghanistan dans la province du Khorassan, mort le [2]. Il fut juriste (faqīh), exégète, maître en hadīth, historien estimé et orateur, fervent hanbalite.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom dans la langue maternelle |
عبد الله بن محمد بن علي الأنصاري الهروي |
| Activités |
| Maîtres |
|---|

Biographie
Adolescent, il poursuit ses études à Nishapur puis à Tūs et à Bistām. Il a plusieurs fois essayé de faire le pèlerinage (hajj) à la Mecque, mais la situation politique difficile dans les provinces orientales (à la suite de la mort de Mahmud de Ghazna en 1030) l'en empêcha. Néanmoins, sa vie fut changée par la rencontre, en 1034, du célèbre mystique al-Khirkānī al-Kharaqani (peu avant sa mort)[3]. Il le prend pour maître sur la voie de la réalisation intérieure, dont les débuts avaient été orientés par son propre père.
Hanbalite convaincu, excellent connaisseur du Coran, il se considérait comme un défenseur fervent de la sunna et il s’opposa fermement aux acharites — bien qu'ils aient été considérés en général comme membres d’une école théologique orthodoxe de l’islam sunnite — ainsi qu'aux mutazilites. Il ne ménagea ni le Sultan ni les notables. Ceux-ci cherchèrent souvent, mais en vain, à le faire condamner ; toutefois , ils réussir à l'obliger à quitter sa ville à plusieurs reprises.
Il réunit autour de lui de nombreux disciples et accomplit divers voyages (à Nishapur, à Bassorah et Bistām, ainsi que dans diverses autres villes où il reçut l’enseignement de plusieurs maîtres). Quand il mourut en 481/1089 dans sa ville natale, il fut gratifié du titre de shaykh al-islām par ses disciples, bien que la légitimité de ce titre ne fasse pas l'unanimité.
Œuvre
Dès l’âge de quatorze ans, il fut connu comme poète. Il compte parmi les grands maîtres du soufisme et ses recueils en vers parmi les chefs-d’œuvre de la littérature persane. Son Manāzil as-sā’irīn constitue un guide précieux pour le chercheur spirituel. Ses Tabaqāt aṣ-ṣūfiyya se situent entre celles de Sulamī et les Nafahāt de Jāmī. Son Kitāb dhamm al-kalām wa ahlih est un ouvrage développant son opposition à la théologie rationnelle (mutazalisme) à laquelle il fut opposé durant tout sa vie.
Ses nombreux ouvrages sont encore étudiés et commentés aujourd’hui. Parmi ceux-ci, le Manazil as-sā’irīn a été traduit en français sous le titre Les étapes des itinérants sur le chemin de Dieu. Il traite de cent stations spirituelles (maqāmāt) de la voie[4].
