Abou Hafs al-Hachemi al-Qourachi (en arabe: أبو حفص الهاشمي القرشي) est le sixième chef et cinquième et actuel «calife» de l'organisation État islamique. Sa nomination en tant que chef de l'organisation est annoncée le , par le porte-parole du groupe, Abou Houdhayfah al-Ansari(en), dans un enregistrement audio publié sur Telegram.
Nom et identité
Comme pour ses trois prédécesseurs, l'État islamique (ÉI) ne donne aucune information précise à son sujet lors de l'annonce de sa nomination comme «calife» de l'organisation. Le porte-parole du groupe, Abou Houdhayfah al-Ansari(en), se contente de l'identifier par sa kounya (Abou Hafs) et ses nisab (al-Hachemi al-Qourachi), ces dernières suggérant une appartenance au clan des Hachémites et à la tribu des Qouraych (une condition pour être calife, selon la majorité des érudits musulmans). Également présenté comme «le moudjahidcheikh» et un vétéran du combat contre «les croisés et les apostats», il est probable qu'il soit un cadre de l'organisation auparavant connu sous un autre nom de guerre. Ce changement régulier des pseudonymes pour compliquer l'identification des combattants est une tactique mise en place par l'État islamique d'Irak à la suite de la mort d'Abou Omar al-Baghdadi en 2010[1],[2].
Peu après sa nomination, la «chaîne pour exposer les serviteurs d'al-Baghdadi et al-Hachimi» (Qanat Fadh 'Ubbad Al-Baghdadi Wal-Hashemi), un canal de diffusion Telegram tenu par des transfuges de l'ÉI, affirme qu'une autre de ses kounyat serait «Abou al-Mouthanna al-Janoubi». Elle cite également le nom «Imrane», sans préciser s'il s'agit de son véritable nom ou d'un pseudonyme utilisé dans ses activités clandestines. Elle le présente également comme le «boucher» de l'amniyat de Sinjar. Cette indication suggère une implication dans les massacres de Sinjar et le génocide des Yézidis en 2014, voire une proximité avec leur organisateur, Abdallah Qardash, devenu par la suite le deuxième calife de l'EI[3].
Mi-, deux responsables américains affirment à NBC News que Abdulqadir Mumin(en), chef de la branche somalienne de l'État islamique, «est discrètement devenu le dirigeant mondial du groupe terroriste» en 2023[4],[5],[6]. Toutefois, plusieurs analystes et chercheurs spécialisés en contre-terrorisme (Aaron Y. Zelin, Caleb Weiss, Tore Hamming etc.) émettent l'hypothèse que Mumin aurait plutôt été nommé à un poste opérationnel de haut niveau, comme celui de directeur général des provinces, plutôt que comme calife[7]. Le , un post sur la «chaîne pour exposer les serviteurs d'al-Baghdadi et al-Hachimi» indique que des «frères pieux en Somalie (...) nous ont confirmé que le calife de l'organisation de Dawla, Abou Hafs al-Hachemi al-Qourachi, est Abdulqadir Mumin»[8]. Fin , un rapport des Nations unies sur Daech et al-Qaïda fait savoir que «certains États Membres étaient de plus en plus convaincus qu’al-Qurashi était Abdul Qadir Mumin»[9].
Chef de l'État islamique
Selon le porte-parole de Daech, Abou Houdhayfah al-Ansari(en), l'instance dirigeante de l'organisation, appelée Conseil consultatif (en arabe: مجلس شورى, Majlis Shūrā), s'est réunie après la mort d'Abou al-Hussein al-Qourachi et a désigné Abou Hafs comme son successeur au poste de «calife», ce qu'il a immédiatement accepté[1]. Cette nomination est annoncée le , à 18h40, dans un enregistrement audio d'une trentaine de minutes publié sur Telegram[10]. Le surlendemain, Abou Hafs commence à recevoir des serments d'allégeance des provinces de Daech, à commencer par celle d'Irak[11]. Le , c'est au tour des provinces ouest-africaine, somalienne et yéménite de lui jurer allégeance[12]. Les séances d'allégeance (regroupant chacune une dizaine de combattants) font systématiquement l'objet de photographies qui sont par la suite relayées par des sites de propagande terroristes comme Al-Raud[13],[14].