Abraham Dreyfus, dit Alfred Dreyfus, né le 26 mai 1823 à Épinal (Vosges) et mort le 8 août 1895 à Paris, est un négociant et industriel français du secteur de la confection, figure importante de l’organisation professionnelle de l’habillement parisien au XIXᵉ siècle[1]. Il fut chevalier de la Légion d’honneur en 1883 et joua un rôle majeur dans les institutions syndicales patronales de la couture et de la confection sous la Troisième République[2].
Origines et formation
Abraham Dreyfus naît le 26 mai 1823 à Epinal, dans le département des Vosges, alors en Lorraine. Il est issu d'une famille de négociants juifs implantée de longue date dans l'Est de la France[3].
Il monte à Paris dans les années 1840, suivant un parcours classique des entrepreneurs de ce milieu attirés par la capitale industrielle et par l'essor du commerce vestimentaire.
Activités professionnelles
Installé à Paris, Abraham Dreyfus devient négociant-confectionneur, spécialisé dans la chemiserie et les vêtements pour dames et enfants. Il appartient à la génération qui participe à la transformation de la confection parisienne aidée par le mélange entre artisanat traditionnel et industrialisation moderne[4].
Rôle institutionnel et responsabilités professionnelles
Abraham Dreyfus joue un rôle central dans l'organisation patronale de la profession. Il est ainsi:
Président de la Chambre syndicale de la confection pour dames et enfants à Paris;
Président de la commission de l'Exposition collective et anonyme de l'industrie de la confection présentée à Amsterdam en 1883, au cours de laquelle il obtient un diplôme d'honneur, distinction visant à valoriser l'industrie française à l'étranger[2];
Membre fondateur et président d'une société de secours mutuels et de bienfaisance professionnelle, dénommée La Couturière;
Expert bénévole près des tribunaux civils et de commerce de la Seine, fonction fréquente chez les notables industriels reconnus pour leur compétence technique
Il épouse Marie Victorine Dreyfus le à Paris (5e arrondissement). Le couple a plusieurs enfants, dont certains s'allient à des familles de la bourgeoisie commerçante et intellectuelle parisienne.
Il s'allie ainsi à la famille Ochsé par le mariage de sa fille Alix/Alice Fanny Dreyfus avec Albert Ochsé (1839-1910), famille influente d'origine alsacienne et allemande établie à Paris au XIXesiècle[3].
↑Claire Lemercier, «La chambre de commerce de Paris, acteur indispensable de la construction des normes économiques (première moitié du xixe siècle)», Genèses, vol.50, no1, , p.50–70 (ISSN1155-3219, DOI10.3917/gen.050.0050, lire en ligne, consulté le )