Abus sexuels dans les Foyers de charité

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Les abus sexuels dans les Foyers de charité désignent les agressions sexuelles commises au sein de cette institution par certains de ses membres.

En , les responsables des Foyers indiquent qu'à leur connaissance, depuis 1950, 13 membres des Foyers de charité, prêtres ou laïcs, ont fait l'objet d'accusations d'abus sexuels. Georges Finet, cofondateur avec Marthe Robin des Foyers de charité en 1936, fait partie des personnes mises en cause. En , une commission pluridisciplinaire est mise en place pour enquêter sur ces abus. En , l'ensemble des membres de cette commission démissionnent considérant qu'ils n'ont pas les moyens nécessaires pour accomplir leur mission. Une nouvelle commission indépendante voit le jour en . Ses travaux seront publiés début 2027.

Changements de gouvernance

En , la direction des Foyers de charité rend public un rapport[1] qui révèle les abus sexuels commis par son fondateur, Georges Finet, selon 14 témoignages recueillis. Neuf autres témoignages dénoncent également des abus commis par d'autres personnes, prêtres et laïcs. Le rapport précise en annexe que « depuis 1950, 13 membres des Foyers de charité, prêtres ou laïcs, ont fait l'objet d'accusations d'abus sexuels »[2].

Plusieurs membres des Foyers font l'objet d'accusation : André Van der Borght à Tressaint, Michel Tierny à Courset, René Bonnafous à Roquefort-les-Pins, Henri Oury à Spa en Belgique. Ils sont reconnus par les Foyers de charité comme des agresseurs sexuels dans le cadre de la confession ou d'un accompagnement spirituel, sur des femmes majeures et mineures[3].

Le , à la suite de ces révélations, le pape François demande au cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque émérite de Bordeaux, délégué pontifical pour les Foyers de charité, d'en prendre temporairement la gouvernance[4]. Mais celui-ci démissionne un mois plus tard  officiellement pour raisons de santé, mais selon Libération à la demande du président de la Conférence des évêques de France, Éric de Moulins-Beaufort  quelques mois avant de s'accuser publiquement en de faits de nature sexuelle commis trente-cinq ans auparavant sur une adolescente de 14 ans[5],[6]. C'est d'ailleurs cette dernière qui est à l'origine de la démission du cardinal Ricard, ayant signalé les faits au moment de sa nomination, considérant qu'il était intolérable de voir son agresseur à la tête des Foyers de charité pour régler des problèmes d'abus sexuels[7].

Le , le pape nomme Michel Dubost délégué pontifical des Foyers de charité. Il est assisté de deux vice-délégués pontificaux avec Laurent Landete ancien modérateur de la communauté de l'Emmanuel, membre du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, et Christine Foulon, religieuse assomptionniste[8]. Ils sont assistés par un Conseil provisoire et une Direction générale. Ancien général de corps d'armée et ancien directeur de l'IHEDN, Benoît Durieux est nommé le à la tête de la Direction générale des Foyers de charité[9],[10].

Mise en place d'une commission de recherche

En , une commission pluridisciplinaire[a] est mise en place pour enquêter au sein des Foyers de charité afin de déterminer d'éventuelles « déviations théologiques » ayant pu conduire à des « abus spirituels et sexuels »[11].

François Jaclot président de la Fondation des Foyers de charité[12], refuse d'accepter une convention de recherche prévue avec l'École pratique des hautes études et de financer les travaux de la commission pluridisciplinaire[13]. Le travail de la commission est alors arrêté le [14].

Le , une réunion se tient entre les représentants des membres de la commission et les trois délégués pontificaux (Michel Dubost, Laurent Landete et Christine Foulon) pour déterminer les conditions de la reprise du travail. Les membres de la commission rapportent : « nous avons été les témoins impuissants des fortes dissensions qui s'exprimaient entre nos interlocuteurs, dissensions auxquelles nous avons eu la conviction que notre commission servait de prétexte »[14].

Michel Dubost donne en sa démission, qui est acceptée le mois suivant[15]. En Laurent Landete et Christine Foulon sont nommés codélégués pour gouverner temporairement les Foyers de charité[16].

Démission des membres de la commission

En , les membres de la commission refusent les exigences des deux délégués pontificaux, qui selon eux remettent en cause leur indépendance, et démissionnent. Cette décision est prise à l'unanimité des membres. Pour Marie-Jo Thiel, membre de cette instance, les obstacles au travail entrepris ne sont pas venues de Michel Dubost : selon elle, on s'est servi de la commission sans écouter ses membres. Elle pressent qu'il existe au sein des Foyers « de gros intérêts de pouvoir, mais aussi matériels et financiers ». Elle révèle par ailleurs que la commission a eu « des témoignages d'abus de pouvoir, spirituel ou sexuels dans pratiquement tous les foyers. Le statut des « Pères » placés à la tête des foyers est un facteur de risque spécifique »[14]. Les délégués pontificaux expliquent qu'il y avait une divergence quant aux objectifs de cette commission[17]

Nouvelle commission

Une nouvelle commission[b] voit le jour en . Ses travaux doivent s'achever en [18],[19],[20]. L'un de ses membres, l'historien Florian Michel, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, avait participé aux rapports des commissions de l'Arche et des frères de Saint Jean sur les abus de leurs fondateurs, où, selon lui, « Marthe Robin apparaît en toile de fond ». Il s'interroge sur le caractère systémique des abus et le rôle qu'aurait pu jouer « un schème initial qui serait celui de Marthe Robin et du père Finet »[21]. Le choix de personnalités marquées politiquement comme Guillaume Drago, membre du Conseil scientifique de l'ISSEP, l'école de sciences politiques fondée par Marion Maréchal, ainsi que Pascal Thuillier, ancien prêtre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X et ancien aumônier de Civitas, interroge Pierre Vignon sur la capacité des membres de la commission à travailler ensemble[22]. Le , la commission lance un appel à témoignages[23],[24].

Affaires médiatisées

Notes et références

À voir

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