Accident ferroviaire d'Adamuz
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| Accident ferroviaire d'Adamuz | ||
L'épave du S-120 de Renfe en arrière plan. | ||
| Caractéristiques de l'accident | ||
|---|---|---|
| Date | ||
| Type | Déraillement et collision | |
| Site | Adamuz (Andalousie, Espagne) | |
| Coordonnées | 38° 00′ 35″ nord, 4° 33′ 53″ ouest | |
| Caractéristiques des appareils | ||
| Type d'appareil | ETR 1000 | S-120 |
| Compagnie | ILSA | Renfe Viajeros |
| No d'identification | Iryo 6189 | Alvia 2384 |
| Lieu d'origine | Malaga | Madrid-Atocha |
| Lieu de destination | Madrid-Atocha | Huelva |
| Bilan | ||
| Morts | 9 | 37 |
| Blessés | 152 | |
| modifier |
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L'accident ferroviaire d'Adamuz se produit en Espagne au soir du , sur le territoire de la commune d'Adamuz, dans la province de Cordoue en Andalousie. Il résulte du déraillement des voitures de queue d'un train à grande vitesse, qui sont ensuite percutées par un autre train à grande vitesse arrivant en sens inverse sur la contre-voie.
Douze jours après la catastrophe, le bilan est de 46 morts et plus de 150 blessés.
Il s'agit de la première collision jamais survenue entre deux trains sur le réseau à grande vitesse espagnol.
En 2026, l'Espagne possède le deuxième réseau de lignes à grande vitesse le plus étendu au monde, avec 3 000 km de voies, derrière la Chine[1]. Inaugurée en 1992, la LGV Madrid - Séville fut la première ligne à grande vitesse opérationnelle en Espagne[2]. Le réseau ferré espagnol est géré par Administrador de infraestructuras ferroviarias (ADIF), une entreprise publique détenue par l'État espagnol[3].
Plusieurs opérateurs ferroviaires exploitent des trains à grande vitesse en Espagne[4]. Renfe Viajeros, opérateur public historique, exploite notamment le service Alvia, qui a la particularité d'utiliser des trains pouvant circuler indifféremment sur le réseau à grande vitesse espagnol, à l'écartement standard, et sur le réseau classique espagnol, à l'écartement ibérique[5]. ILSA, entreprise publique détenue majoritairement par l'opérateur italien Trenitalia, exploite depuis 2022 en Espagne des trains ETR 1000 sous la marque Iryo[6],[7].
L'Espagne a déjà connu de graves accidents ferroviaires. Le plus récent est celui de Saint-Jacques-de-Compostelle, survenu en 2013 et qui a fait 79 morts et 140 blessés. Cet accident impliquait un train à grande vitesse Alvia mais il circulait alors sur une voie de liaison à vitesse réduite[8].
Accident

La catastrophe se produit le et implique deux trains à grande vitesse :
- un ETR 1000 de la compagnie ILSA, qui assure le service Iryo 6189. Ce train est parti à 18 h 40 de Malaga pour rallier Madrid-Atocha, et transportait 289 passagers, quatre membres d'équipage, et un conducteur[9] ;
- un S-120 de la compagnie Renfe, qui assure le service Alvia 2384. Ce train est parti à 18 h 5 de Madrid-Atocha pour rejoindre Huelva, et transportait 187 passagers.
Ces deux trains circulaient sur la ligne à grande vitesse Madrid - Séville. À 19 h 43, sur le territoire de la commune andalouse d'Adamuz, au niveau d'un aiguillage, les trois voitures de queue de l'ETR 1000 de l'ILSA déraillent[10]. Ces trois voitures se déportent sur la contre-voie où elles sont percutées une dizaine de secondes plus tard[10] par le S-120 de la Renfe qui arrivait en sens inverse. La collision fait dérailler à son tour la tête du train de la Renfe, qui tombe le long du talus en bordure de voie[11],[12].
Le train de la Renfe assurant le service Avlo 02187 au départ de Séville à 18 h 45, qui suivait le Iryo 6189, est automatiquement arrêté en pleine voie à deux kilomètres du lieu de l'accident, en raison d'une perte de tension sur la caténaire qui déclenche le freinage du train[13].
À 19 h 45, le conducteur de l'Iryo contacte le centre de régulation du trafic afin de signaler un « accrochage » mais ne semble pas conscient de la collision avec l'Alvia. Le centre de régulation se met en lien à 19 h 49 avec la cheffe de bord de l'Alvia, qui signale avoir reçu un coup à la tête et fait savoir qu'elle va tenter de contacter le conducteur. Une minute plus tard, le centre de sécurité déclenche les services d'urgence et de sécurité[14].
Selon le récit des premiers agents de la Garde civile arrivés sur les lieux, aux alentours de 20 h 30, personne sur le site n'avait connaissance de la présence de l'Alvia accidenté. Ce sont deux gendarmes, partis inspecter la voie, qui ont rencontré des voyageurs du train de la Renfe utilisant la lampe torche de leurs téléphones portables et ont alors pris la mesure de la catastrophe[15].
Il s'agit du premier accident mortel sur le réseau à grande vitesse espagnol depuis son lancement en [16].
Enquête
Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, qualifie l'accident d'« extrêmement étrange »[17] car il s'est produit sur un tronçon de voie rectiligne, rénové en après 700 millions d’euros d'investissement et supposé en parfait état de fonctionnement, et implique un train Iryo récent, mis en service quatre ans auparavant[18]. Le président de l'entreprise Renfe, Álvaro Fernández, indique qu'aucun des deux trains ne circulait à plus de 210 km/h. Le tronçon en question est limité à 250 km/h, ce qui semble exclure un accident lié à la vitesse[19]. Selon le ministère des Transports, le « premier indice technique » des causes de la catastrophe pourrait être la « rupture ou une altération du rail », sans que l'on sache encore si cela a provoqué le déraillement ou n'en est que la conséquence[11]. Le ministère précise que « toute hypothèse concernant des soudures ou d'autres défauts nécessite une analyse en laboratoire »[11].
La commission d'enquête sur les accidents ferroviaires (Comisión de Investigación de Accidentes Ferroviarios (es), CIAF), organisme indépendant, est chargée d'une investigation à caractère technique[20]. Une information judiciaire est confiée à un juge d'instruction du tribunal d'instance de Montoro[21].
La CIAF remet son rapport préliminaire le . Elle indique travailler sur « l'hypothèse » de la rupture d'un rail au niveau d'une soudure entre deux tronçons, qui serait antérieure au passage du train Iryo. Le rapport démontre en effet que les voitures de l'Iryo qui n'ont pas déraillé ainsi que les trois trains qui l'ont précédé présentent des encoches au niveau de certaines roues et souligne que « ces entailles [...] et la déformation observée sur la voie sont compatibles » avec la casse d'un rail. La CIAF précise que ce postulat « devra être corroboré par des calculs et des analyses détaillés ultérieurs »[22].
Bilan humain
Un bilan provisoire dans la nuit du 18 au fait état d'au moins 21 personnes tuées et 30 grièvement blessées[23]. Dans la matinée du , le bilan est réévalué à 40 morts[24] et 152 blessés dont cinq très grièvement et 25 grièvement[25]. Parmi ces personnes, 33 se trouvaient dans le train de la Renfe, le train percuteur, et six dans le train de l'ILSA, le train percuté[11]. Le nombre de morts est relevé à 42 au soir du [26] puis à 43 dans l'après-midi du 21[27]. Deux corps sont retrouvés dans les décombres du train de la Renfe le , portant le bilan à 45 morts[28]. Le , le bilan est rehaussé à 46 victimes à la suite du décès d'une passagère de l'Alvia, hospitalisée à Cordoue[29].
