Accords Murphy-Weygand

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Les accords Murphy-Weygan sont des accords diplomatiques et commerciaux signés par Robert Murphy et Maxime Weygand le , et ratifiés à Vichy le .

Visée géopolitique américaine

Le président Franklin Roosevelt est inquiet par la modification de la situation géopolitique en Europe de l'Ouest après l'invasion de la France. Le régime de Vichy se soumet volontiers aux intérêts du Troisième Reich ; or, la France dispose d'une Marine de guerre puissante qui pourrait être utilisée par l'Allemagne nazie pour attaquer ultérieurement des cibles américaines. En plus de cela, Roosevelt perçoit une opportunité économique importante pour son pays : les gouvernements français de la Troisième République avaient refusé d'abaisser les droits de douane dans les territoires de l'Empire colonial français[1].

Dès la mise en place du régime de Vichy, Roosevelt s'assure de nouer des liens de qualité avec les hauts responsables du régime. Il appelle Philippe Pétain « mon cher vieil ami », et l'entourage de Pétain est antigaulliste, contre la souveraineté française, et atlantiste. Négocier un accord avec Vichy pourrait aussi permettre de rattacher Vichy à l'Amérique plutôt qu'à l'Allemagne, et ainsi éviter une déstabilisation stratégique de l'Europe de l'Ouest et de l'Afrique[2]. Aussi, un investissement américain en Afrique permettrait, comme le souligne Pierre Abramovici, de « favoriser l'implantation d'un réseau politique et militaire visant à la préparation d'un débarquement, ce qui aura effectivement lieu en novembre 1942 »[3]. Roosevelt comprend enfin qu'il a la possibilité de faire ouvrir les frontières douanières de l'Empire français pour augmenter les exportations américaines, et d'approfondir une coopération dans les territoires africains afin d'avancer les objectifs stratégiques américains[1].

Visée géopolitique britannique

Le Royaume-Uni n'est pas officiellement partie de l'accord. Le pays participe toutefois activement aux négociations en restant en contact permanent avec les États-Unis. Le ministre de l'Économie de guerre, Hugh Dalton, écrit dans un mémorandum secret : « Récemment, dans l'espoir de vérifier l'infiltration allemande en Afrique du Nord, nous avons proposés à Washington de faire une offre dramatique à Vichy, par laquelle nous donnerions des navicerts de 5 à 8 millions de boisseaux de blé pour la France non occupée et une quantité raisonnable de principaux produits pour l'Afrique du Nord française. Mais à la condition que Vichy arrête cette infiltration et accepte le contrôle par les observateurs américains de la distribution de ces importations ; et que certains observateurs britanniques devraient également entrer en Afrique du Nord française, soit comme agents consulaires, soit autrement »[3].

Visée politique du régime de Vichy

Le gouvernement de Vichy, lui, cherche à cette époque à obtenir une aide américaine, notamment économique, pour sa zone non occupée[2]. L'Afrique du Nord n'est plus ravitaillée que très difficilement, et les populations souffrent. Vichy souhaite obtenir des Américains qu'ils ravitaillent l'Afrique française afin d'éviter de stimuler la dissidence gaulliste. L'Afrique équatoriale française s'est en effet spontanément rangée du côté de Charles de Gaulle après l'appel du 18 Juin[2].

Accords

Conséquences

Notes et références

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