Antigaullisme

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Photographie en noir et blanc montrant des personnes en train de manifester dans la rue. Des manifestants brandissent une banderole sur laquelle il est écrit « À bas le régime gaulliste, le peuple veut le pouvoir ».
Manifestation antigaulliste en à Paris.
Affiche en couleurs fond brun avec un dessin de crabe en noir marqué en son centre d'une croix de Lorraine et le texte « Lutte contre le cancer gaulliste ».
Affiche antigaulliste réalisée aux Beaux-Arts de Paris ().

L'antigaullisme désigne l'opposition organisée au gaullisme en regroupant des personnalités, des groupes et des mouvements qui s'opposent aux conceptions tant politiques que philosophiques et jusqu'à la personne physique du général de Gaulle. Loin d'être un ensemble doctrinal rigide, l'antigaullisme est un mouvement aussi bien de droite que de gauche.

L'historien Julian Jackson identifie quatre traditions de l’antigaullisme, plus ou moins véhémentes à l'égard du général de Gaulle et qui parfois se combinent sur certaines questions[1] :

Selon cet historien, l'antigaullisme communiste, contingent et circonstanciel, ne constitue pas à proprement parler une tradition. De Gaulle et les communistes sont plutôt deux « frères ennemis », rivaux et parfois complices sur certains points comme par exemple l'hostilité envers les États-Unis.

Antigaullistes durant la guerre

Régime de Vichy

Caricature du général de Gaulle en noir et blanc où le général, qui a une croix dans le dos, parle à un micro tenu par un Juif caricaturé. Le général déclare au micro « Allez, braves Français, je vous promets la croix !… ».
Caricature de De Gaulle réalisée par A.R. Charlet dans la revue collaborationniste L'Appel ().
Affiche de propagande antisémite en antigaulliste éditée par l'Institut d'étude des questions juives en .

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'antigaullisme en France est né à la suite de la déclaration du général dénonçant l'Armistice du 22 juin 1940, dont la signature est demandée par le Maréchal Pétain. Pour les partisans de Vichy, le gaullisme est associé à la Résistance intérieure française : de Gaulle a ainsi bafoué les valeurs d'ordre et d'autorité qui fondent le métier militaire en s'attaquant par le verbe et par les armes à Pétain, dont le gouvernement le condamne à mort pour « trahison, intelligence avec l'ennemi et désertion en pays étranger »[2],[3]. Le régime collaborationniste mettra sur pied le Bureau des menées antinationales, dont un des objectifs est de combattre le gaullisme sous toutes ses formes[4].

En 1940, Charles Platon alors secrétaire d'État aux Colonies, tente par tous les moyens de s'opposer à des ralliements à de Gaulle[5]. De son côté, le général Weygand jugera négativement son départ à Londres[6].

Charles Maurras le dénonce comme un traître, qui s'est vendu aux Britanniques, considérés selon lui comme « l'ennemi numéro un »[3].

Les collaborationnistes trouvent un nom aux émissions du « général Micro » à Radio Londres, le « Dingaullisme », qu'ils définissent comme « une épidémie caractérisée par une fébrilité frénétique, une agressivité en rupture totale avec la réalité »[7], précisant, dans un humour douteux, qu'il « s'attrape, surtout, par les organes auditifs » et que « le plus souvent, il résulte d’une intoxication chronique par les ondes courtes. Certains malades ne peuvent plus se passer de leur drogue habituelle, et se relèvent, la nuit, pour boire, à Radio Londres, une coupe de messages « stupéfiants ». Il s’attaque de préférence aux natures débiles : femmes nerveuses, collégiennes impubères, vieillards inadaptés aux conditions nouvelles de vie, émigrés déracinés, oisifs de la zone non occupée »[8]. Dans le même temps la Propaganda-Abteilung Frankreich diffuse les tracts dessinés par Marcel Mars-Trick dénonçant sur le même ton la « Dingaullite », maladie honteuse[9],[10].

Les Alliés

Chez les Alliés, le sentiment antigaulliste se caractérise surtout par la méfiance vis-à-vis des positions antiaméricanistes et indépendantistes de De Gaulle et ses collaborateurs. La France libre fera tout pour avoir une place importante dans les prises de décisions militaires : elle refusera notamment le contrôle de ses territoires par les Alliés. En 1941, l'archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon est convoitée par le Canada et les États-Unis pour sa position stratégique. Malgré le véto américain, De Gaulle ordonnera le ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon à la France libre[11],[12].

Le président américain Roosevelt, qui n'appréciait pas de Gaulle, ne lui reconnaissait aucune légitimé pour représenter la France tant militairement que politiquement et ira jusqu'à tenter de convaincre Churchill de se débarrasser de lui[13],[14]. De son côté, le Premier ministre anglais écrit le une lettre dans laquelle il dit « si nous devons à présent éliminer de Gaulle en tant que force politique. (...) Je suis tout prêt à défendre moi-même cette position au Parlement et je montrerai au monde que le mouvement anti-capitulard français autour duquel la légende de De Gaulle s'est bâtie et la réalité de cet homme vaniteux et même méchant n'ont plus rien à voir ensemble »[15].

Les deux chefs d'états lui préfèrent ainsi le général Giraud, qui n'apprécie pas l'homme de l'appel du 18 juin, le qualifiant même de fasciste et dont une lutte allait naitre entre les deux pour diriger la résistance française[16],[17].

Pour sa part, Staline jugeait de Gaulle comme une quantité négligeable et n'acceptera de signer un traité d'amitié entre la France Libre et l'URSS qu'avec la promesse que les forces communistes ne seront pas écarté du futur gouvernement provisoire ainsi que de cautionner la mise en place en Pologne d’un gouvernement baptisé Comité de Lublin[18],[19],[20].

France Libre

Bien que l'amiral Muselier ait été le premier officier général à répondre à l'appel du général de Gaulle, il aura par la suite de graves divergences politiques avec ce dernier[21].

Arrivé à Londres pour continuer la lutte contre l'Allemagne, André Labarthe y fonde La France Libre, une revue fortement hostile à de Gaulle[a] et constitue bientôt, avec les dirigeants du journal France et du groupe Jean-Jaurès, ainsi que quelques proches de l'amiral Muselier, un groupe informel d'opposants « de gauche » au général de Gaulle[b].

Épuration à la Libération en France

Plusieurs personnalités dénonceront les exactions de certains membres des Forces françaises de l'intérieur, désignant de Gaulle comme principal responsable de ces répressions visant à éliminer de futurs opposants ou à régler des comptes[22],[23].

Autre

En 1940, L'Humanité publie un article disant « Le Général de Gaulle et autres agents de la finance anglaise voudraient faire battre les Français pour la City et ils s’efforcent d’entraîner les peuples coloniaux dans la guerre. Les Français répondent le mot de Cambronne à ces messieurs »[24].

En 1944, Antoine de Saint-Exupéry écrit plusieurs lettres dans lesquels, il explique n'aimer ni l'entourage de de Gaulle ni ce dernier, ayant une vision rétive du gaullisme[25].

Antigaullistes après guerre

Voir aussi

Notes et références

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