Achard de Saint-Victor

From Wikipedia, the free encyclopedia

Achard de
Saint-Victor, Can.Reg.
Image illustrative de l’article Achard de Saint-Victor
Détail du gisant d'Achard, dans la nef de l'abbatiale de La Lucerne.
Biographie
Naissance vers 1100
Angleterre ou Normandie
Ordre religieux Chanoines réguliers de saint Augustin
Décès
Avranches
Évêque de l'Église catholique
Évêque d'Avranches
Abbé de Saint-Victor de Paris
Autres fonctions
Fonction religieuse
chanoine régulier de Saint-Augustin
Prieur de Bridlington

Achard de Saint-Victor, né vers 1100, mort en 1171, est chanoine régulier et un ancien abbé de Saint-Victor de Paris, devenu ensuite évêque d'Avranches de 1161 à 1171. Son œuvre théologique, reconnue à son époque, est longtemps restée manuscrite et n'est traduite que depuis peu. Il est considéré saint par l'Église catholique et fêté le .

Abbaye Saint-Victor de Paris, gravure de 1550.

Né vers le commencement du XIIe siècle, on ne sait dire s'il est natif d'Angleterre ou de Normandie, compte tenu des diverses hypothèses sur le début de sa vie. Ceux qui en font un Normand estiment qu'il appartenait à un noble lignage du Passais (actuel département de l'Orne) ; ceux qui le disent Anglais s'appuient sur le fait qu'il aurait été prieur d'un prieuré anglais. Ce prieuré est celui de Bridlington, dans le Yorkshire[1].

Le bienheureux Achard devient chanoine régulier de Saint-Augustin, à l'abbaye de Saint-Victor-lez-Paris (où se trouve aujourd'hui l'Université de Jussieu), après y avoir fait ses études. À la mort de l'abbé Gilduin de Saint-Victor en 1155, Achard est choisi comme successeur par le chapitre canonial.

En 1157, le chapitre cathédral de Séez le choisit comme successeur de l'évêque Gérard II - choix confirmé par le pape Adrien IV, mais le roi Henri II Plantagenêt, duc de Normandie, préfère lui substituer son chapelain Froger († 1184). Achard garde tout de même de bonne relation avec la cour de Henri II et ce dernier ne met aucune opposition à son élection au siège d'Avranches en 1161, et continue de lui donner des marques particulières d'estime, le choisissant dès cette même année pour parrain de sa fille Aliénor (1161-1214), future reine de Castille. Cette nomination n'est pas du goût du roi Louis VII, qui voit l'un des esprits les plus brillants de Paris passer en terrain anglo-normand.

L'épiscopat d'Achard est marqué par sa présence à Londres en 1163 lors de la translation du corps de saint Édouard le Confesseur à l'abbaye de Westminster.

En 1164, il approuve la fondation par Hasculphe de Subligny de l'abbaye Sainte-Trinité de la Lucerne, qu'il confie à des chanoines prémontrés venus de l'abbaye de Dommartin. Il a projeté d'y être enterré. Il se lie en outre avec saint Thomas Becket († 1170) et c'est au pied de la cathédrale Saint-André d'Avranches que le roi Henri II reçoit à genoux, des légats du pape, l'absolution apostolique, le dimanche , pour le meurtre de Thomas Becket.

Mais entre-temps, Achard meurt en 1171 et est inhumé dans l'abbatiale de la Lucerne en pleine construction (elle n'est terminée qu'en 1178), avec pour seule épitaphe : « Hic jacet Achardus episcopus cujus caritate divitata est paupertas nostra »[2] (ci-gît Achard, évêque d'Avranches, dont la charité a enrichi notre pauvreté). Il est fêté le principalement dans le diocèse de Coutances-et-Avranches, et plus particulièrement encore à l'abbaye de la Lucerne, où sont encore ses reliques.

Ses traités doctrinaux sont remarqués dès son époque, ainsi que ses sermons, dont beaucoup sont longtemps restés manuscrits : « Il est le seul évêque d'Avranches à avoir laissé une œuvre doctrinale importante, parvenue jusqu'à nous. Ce mystique a écrit un traité de métaphysique et un recueil de sermons. »[3]

Œuvres

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI