Adam Nidzgorski

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Nom de naissance
Adam Pierre NidzgorskiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Polonaise et française
Adam Nidzgorski
Portrait photographique du photographe Jarosław Pijarowski
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Adam Pierre NidzgorskiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Polonaise et française
Formation
Académie d'éducation physique de Varsovie
Activité
Autres informations
Mouvement
Art brut, Art singulier
Mécène
Alain Bouillet[1], Maître de conférence et grand collectionneur d'art brut
Influencé par

Adam Nidzgorski, né le à Cormeilles-en-Parisis et mort le à Marseille[2], est un peintre, de nationalité polonaise à sa naissance[3] et naturalisé français en 1971.

Ses œuvres figurent dans des collections muséales permanentes du monde entier liées à l'Art brut et l'Art singulier : en France à Villeneuve-d'Ascq au LaM L'Aracine, à Bègles au Musée de la Création Franche, à Nice au Musée international d'art naïf Anatole-Jakovsky ; à l'étranger, aux Pays-Bas au Musée de Stadshof de Zwolle, en Espagne au musée de Navarre de Pampelune, en Italie dans le Cabinet d'Estampes de la bibliothèque Panizzi à Reggio d'Émilie, et chez d'innombrables particuliers et dans plusieurs musées de Pologne[4],[5],[6].

Son père Piotr Nidzgorski est né le à Bonkowo[7] (près de Mlawa en Pologne), sa mère Jozefa Slotwinska est née le à Krzywki-Bratki (également près de Mlawa). En 1927, ils émigrent en France, se fixant vers 1929-1930 à Cormeilles-en-Parisis où Piotr trouve un emploi à la carrière de gypse. C'est là que naît leur fils Adam, le dans la cité ouvrière Lambert. Il a un frère, Denis, né en 1934 à Argenteuil et mort à Marseille le , grand spécialiste des marionnettes africaines[8],[9],[10], et une sœur, Monique[11],[12].

Il fait ses études primaires à Cormeilles-en-Parisis et après l'obtention de son certificat d'études le maitre d'école encourage ses parents à le mettre au collège. Il y fait un an[13], ensuite il étudie au lycée polonais de Paris fondé par le diplomate polonais Zygmunt Zalewski. Un de ses professeurs de musique lui donne des cours de mandoline durant deux ans, mais Adam préfère le sport[14]. Il y obtient son baccalauréat en 1951[14]. C'est alors que la Pologne d'après-guerre lui offre une bourse d'études supérieures du sport, par les mains de son ambassadeur à Paris Jerzy Putrament. Il se rend à Varsovie, où jusqu'en 1954 il étudie à l'Académie d'éducation physique Józef Piłsudski. Il y découvre le yoga et le judo qu'il contribue à diffuser en Pologne.
Il reste en Pologne jusqu'en 1956, y vivant quelque temps de travaux de traductions. Il devient « un jeune homme à l'esprit trop libre pour un régime qui ne pouvait l'accepter comme tel. Ses diplômes, obtenus à Varsovie, ne sont pas reconnus dans une France dont il n'a pas encore acquis la nationalité, c'est vers la Tunisie, nouvellement indépendante, que l'oriente un solide réseau d'amis[15]. »
Après donc quelques mois passés en région parisienne, sans pouvoir y travailler du métier pour lequel il est formé, à partir de 1957 et pendant dix ans, il travaille comme professeur d'éducation physique à l'École normale supérieure d'éducation physique de Tunis[16].

Formé par Mikinosuke Kawaishi, maître japonais (7e dan) et Shozo Awazu (9e Dan), et dans leur sillage il contribue à la popularisation du judo et du ju-jitsu en France. Nidzgorski est appelé pour animer les master class, spectacles, tournois dans ce domaine avec son camarade du lycée polonais de Paris, Henryk Gielec[17].
Le la Fédération polonaise de judo l'honore de l'insigne d'or de la Fédération (no 1121)[18].

Le , il épouse Catherine Vincentelli, née à Sousse en Tunisie d'un père corse et d'une mère sicilienne[19]. Le couple n'ayant pas d'enfant, pourvoit aux besoins de trois enfants béninois, deux garçons et une fille[15].

Il revient en France en 1968, il se fixe en région parisienne où, son diplôme polonais enfin reconnu en France, il exerce le métier de professeur d’éducation physique dans divers établissements scolaires parisiens[16] et il acquiert la nationalité française en 1971.

En 1998, Adam qui a 65 ans, s’installe avec son épouse à Marseille qu'ils ne quitteront plus. Retraité depuis 1994 de son métier de professeur d'éducation physique, il se consacre désormais entièrement à l’art pictural[20].

Après le décès de son épouse en 2005[21], très affecté par ce deuil et sur le conseil d'un ami, Hédi Bouraoui[22], il lui consacre un livre, Lettre à Catherine publié pour la première fois en Tunisie en 2009 (Éditions L'Or du Temps)[23], réédité à plusieurs reprises, une première fois en 2015 chez le même éditeur à Tunis avec des dessins de Catherine Nidzgorski[24],[25], une seconde fois en 2024 à Paris[26] et traduit en plusieurs langues : en 2012 en polonais List do Katarzyny[27],[28], en 2013 en arabe « رسالة إلى كاثرين »[29], en 2018 en italien Lattera a Catherine (Grafitalia, 2018) au moment de l’exposition à la galerie Rizomi de Parme[30],[31].

Carrière de peintre

Ses débuts

À Tunis, il rencontre Nicole Monaco, une amie de son épouse, tout juste diplômée de l'École des Beaux-Arts, grâce à laquelle il découvre la peinture[32].
À 30 ans, en 1963, sans avoir reçu aucune formation artistique, en véritable autodidacte, il commence à dessiner et à peindre, avec un ardent désir de création. « Dès le début de mon séjour dans ce pays nouveau et inconnu pour moi, me sentant dans une grande solitude, j’ai senti un besoin d’exprimer certaines souffrances de mon exil ; mais aussi il m’arrivait de percevoir chez les autres, comme par exemple chez ma femme, une vie personnelle difficile en même temps qu’une grande sensibilité. C’est alors que j’ai commencé à dessiner. Mes amis se moquaient de mes dessins, ils les trouvaient enfantins. Par contre Catherine ma femme m’a beaucoup encouragé à continuer, car ‘cela lui faisait beaucoup de bien’, disait-elle : elle me trouvait très sincère dans mes dessins[32]. ». À quelques rares exceptions près, son unique sujet est la figure humaine. Délaissant totalement leur environnement, il représente des personnages cernés de noir, aux têtes trop grandes pour des corps résumés à leurs vêtements très colorés et de grands yeux ronds très expressifs malgré leur simplicité[33].
Lors d'une interview donnée de nombreuses années plus tard, il revient sur les pas de son enfance à Cormeilles-en-Parisis, il confie que rétrospectivement il réalise combien la grande tapisserie brodée par sa mère en 1935-36[34], représentant de façon naïve des motifs de son village polonais de Krzywki et fixée au mur de l'unique chambre où dormait toute la famille, l'a inconsciemment profondément marqué et été déterminante dans son orientation artistique[11]. Ses œuvres de début de carrière ne sont présentées qu'à Tunis où il expose en compagnie d'autres artistes.

L'épanouissement de son œuvre

Revenu en France dans l'effervescence des évènements de 1968 et des années qui suivent et à l'occasion de l'exposition collective organisée par des enseignants de l'Éducation nationale au centre universitaire Jean Sarrailh[35] en 1969 à Paris à laquelle il participe, il se joint au groupe d'artistes Concordance réuni par Patrick Fauconnet et il enchaîne avec eux les expositions à Paris et sa banlieue et plusieurs villes de France[36] pendant quelques années, jusque vers 1972[37]. « Le groupe Concordance se réunissait très souvent, dans différents lieux, et nous débattions beaucoup sur l’art : qu’est-ce que l’art ?... Je ne savais pas où me situer, dans toutes ces nouvelles mouvances qui naissaient à ce moment-là en France : art singulier ? marginal ? art brut ? etc... Je ne comprenais pas très bien ce qui se passait, car déjà l’art officiel ne m’était pas familier. Enfin toutes ces discussions ne me concernaient pas... » dit-il à Hédi Bouraoui dans une interview en 2020[37]. Il multiplie les techniques : dessin, à la mine de plomb, au crayon de couleur, au stylo bille, à l’encre de Chine, au fusain, au pastel sec ou gras ; peinture, à l'aquarelle, à la gouache, à l'acrylique, à l'huile ; collage ; broderie en application et il diversifie les supports : papiers de diverses qualités et couleurs, papier crépon, serviette et nappes en papier, papier essuie-tout, papier d'emballage, papier cadeau, papier d'argile, papier journal, papier professionnels luxueux, tickets de métro, boites d'allumettes, tissus[38],[39]... Il travaille aussi des panneaux textiles en collaboration avec son épouse ou avec une tisserande ou licière à qui il propose des dessins ; il réalise aussi des gravures[40].
Sa notoriété dépassant la région parisienne, entre art brut et art singulier, à partir de 1974 ses œuvres sont présentées partout en France et en Europe et jusqu’à New York[11].

Un tournant de son évolution artistique est la visite à Paris fin 1981 de l'exposition de Jean Dubuffet au Centre Georges Pompidou[41] qui le touche beaucoup[37]. Il décide de lire ses livres et, de 1982 à 1984, il entretient une courte correspondance avec Jean Dubuffet (car ce dernier décède en 1985), auquel Adam offre deux pastels et, en réponse, Jean Dubuffet l'encourage très vivement[37]. Il va voir l'exposition d'un peintre dont Dubuffet parle, Gaston Chaissac. Il se trouve beaucoup d'affinités avec cet artiste, « une fraternité d’expression »[37].

Alain Bouillet[42], maître de conférences à l'Université de Montpellier est collectionneur d'art brut et admiratif des œuvres de Nidzgorski ; ensemble ils exposent et parcourent l'Europe[réf. nécessaire]. La critique d'art Jeanine Rivais publie de nombreux articles dans lesquels elle décrit Adam comme un grand coloriste[43].

Expositions hors Pologne

Expositions et présentations en Pologne

  • 1973 : Première exposition des œuvres de Nidzgorski en Pologne préparée par le Club du mouvement international de la presse et du livre « Mur oriental» sans la présence du peintre,
  • 2008 : Première exposition en Pologne avec la présence de Nidzgorski au Théâtre de marionnettes Białostocki Teatr Lalek (pl) de Bialystok, du au [69],
  • 2009 : Musée des terres de Cujavie et Dobrzyn à Wloclawek,
  • 2009 : Galerie Oto Ja à Plock, l'exposition est couplée à une conférence donnée par Alain Bouillet intitulée « Art brut, est-ce que ça veut dire pareil partout ? »[70],
  • 2010 : Galerie Tak à Poznań,
  • 2012 : Musée silésien de Katowice du au [71],
  • 2013 : Galeria Rotunda à Poznań du 7 au [72],
  • 2017 : Musée national d'ethnographie à Varsovie,
  • 2019 : Centre de culture et d'art Themerson à Płock, du 1er au [73],
  • 2019 : Centre culturel de Cujavie-Poméranie à Bydgoszcz du 5 au [74],
  • 2020 : Maison municipale de la culture à Giszowiec (près de Katowice) de 2 au , exposition virtuelle dans le cadre du Festival de la francophonie[75],
  • 2023 : Musée national d'ethnographie à Varsovie du au [76],
  • 2024 : Dom Darmstadt à Plock du au [21].

Prix et distinctions

  • En 1987, il devient Commandeur de l'ordre national du Mérite.
  • En 1994, il reçoit le premier prix de la ville de Saint-Quentin en Picardie pour son travail au pastel à l'huile.

Sitographie

Bibliographie

Notes et références

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