Adji Bousso Dieng
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Université Cornell
| Naissance | |
|---|---|
| Formation |
Université Columbia (docteur en philosophie) (jusqu'en ) Université Cornell |
| Activités |
| A travaillé pour |
Université de Princeton (depuis ) |
|---|---|
| Directeurs de thèse |
David M. Blei, John Paisley (d) |
| Site web |
(en) adjidieng.github.io |
| Distinction |
Savage Award () |
Adji Bousso Dieng est une informaticienne et statisticienne sénégalaise, spécialisée dans le domaine de l'intelligence artificielle. Ses recherches font le lien entre les modèles graphiques probabilistes et l'apprentissage profond afin de définir des modèles génératifs. Elle est également depuis 2019 chercheuse en intelligence artificielle chez Google Brain à Mountain View, en Californie. En 2021, elle prend des fonctions de professeure à l'université de Princeton, devenant ainsi la première femme noire à enseigner à la faculté d'ingénierie et de sciences appliquées de cette université, ainsi que la première personne noire à enseigner au département d'informatique. Elle a fondé également l'organisation à but non lucratif The Africa I Know (TAIK) dans le but d'inciter les jeunes Africains à se lancer dans des carrières dans les STIM (acronyme désignant quatre disciplines : science, technologie, ingénierie et mathématiques) et l’intelligence artificielle, en mettant en avant des modèles africains, en informant le grand public sur les développements réalisés par les Africains dans les STIM et l'IA, et en sensibilisant le grand public à l’histoire de l'Afrique.
Premières années et formations
Dieng est née et grandit à Kaolack, au Sénégal au début des années 1990[1]. Son père n'a jamais été scolarisé et sa mère a commencé des études secondaires, mais ne les a pas terminées. Dieng fait partie d'une fratrie de 15 enfants, issue d’une famille modeste[1]. Pour subvenir aux besoins de la famille, ses parents tiennent un commerce de tissus[2]. Son père meurt lorsqu'elle a quatre ans[1], mais sa mère continue à faire de l'éducation une priorité pour la famille. Elle fréquente les écoles publiques de Kaolack pour ses études primaires et secondaires[1].
Au lycée, elle se distingue par ses résultats scolaires[1],[3]. Elle remporte l'un des prix de l'Olympiade sénégalaise (« Concours Général ») en philosophie, est sélectionnée pour participer au camp d'excellence 2005 organisé par la Fondation Pathfinder pour l'éducation et le développement, une organisation à but non lucratif fondée par Cheick Modibo Diarra, puis est sélectionnée pour participer à un concours organisé pour les filles africaines en partenariat entre la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest et la Fondation Pathfinder[1]. Elle reçoit une bourse pour étudier à l'étranger après avoir remporté ce concours.
Pendant son séjour à l'étranger, elle fréquente le lycée Henri-IV, un établissement public d'enseignement secondaire situé à Paris[1]. Elle intègre ensuite Télécom ParisTech[1], un établissement public français d'enseignement supérieur et de recherche en ingénierie situé à Palaiseau, en France. Elle passe sa troisième année du cursus de Télécom ParisTech à l'université Cornell, où elle se rend en 2012[1]. En 2013, elle obtient son diplôme d'ingénieur (un diplôme d'ingénieur du système français des Grandes Écoles) à Télécom ParisTech[1]. Elle obtient également un master en statistiques appliquées à l'université Cornell à Ithaca, dans l'État de New York.
Après avoir travaillé pendant un an à la Banque mondiale à Washington[1], Adji Bousso Dieng commence un doctorat en statistiques à l'université Columbia. Elle collabore avec David Blei et John Paisley afin de faire le lien entre la modélisation graphique probabiliste et l'apprentissage profond, dans le but de découvrir des modèles significatifs à partir de données non étiquetées pour des applications dans le traitement du langage naturel, la vision par ordinateur et les soins de santé[2]. Elle soutient et obtient une thèse intitulée «Deep Probabilistic Granphical Modeling» en [1]. Les travaux de doctorat de Dieng sont récompensés à plusieurs reprises, notamment par la bourse Google PhD Fellowship in Machine Learning[2], le prix Savage Award for Applied Methodology (elle est la première femme noire à remporter ce prix depuis sa création en 1977). Dieng est également la deuxième femme noire à avoir obtenu un diplôme du département de statistiques de l'université Columbia[2].
Carrière et recherche
Adji Bousso Dieng effectue des stages dans de grandes entreprises spécialisées dans l'IA, telles que Microsoft Research à Seattle et Google DeepMind à Londres. Puis elle travaille également avec Yann Le Cun chez Facebook Artificial Intelligence Research. En 2013, elle accepte un poste de Junior Professional Associate à la Banque mondiale, où elle travaille sur la modélisation des risques au sein du département des risques de marché et de contrepartie. Elle quitte la Banque mondiale l'été suivant, en 2014, après avoir obtenu une bourse du doyen de l'université Columbia pour commencer un doctorat en statistiques. En 2019, Dieng rejoint Google Brain en tant que chercheuse en intelligence artificielle (IA). Elle continue de travailler à temps partiel chez Google Brain, en même temps qu’elle mène ses études de doctorat.
En 2021, Dieng rejoint le département d'informatique de l'université de Princeton pour y enseigner[4] en tant que professeure adjointe titulaire. Elle est la première professeure noire en informatique de l'histoire de cette université[4], la première femme noire titulaire à la faculté d'ingénierie de Princeton et la deuxième femme noire titulaire en informatique dans l'Ivy League.
À l'université de Princeton, elle fonde le laboratoire de recherche Vertaix, qu;elle dirige ensuite, et qui se concentre sur l'intersection entre l'intelligence artificielle et les sciences naturelles[5]. Les modèles et algorithmes développés veulent résoudre les problèmes rencontrés dans ces domaines et contribuent à faire progresser la recherche méthodologique en IA. Dans le cadre de ses activités de recherche au sein de Vertaix, Adji Bousso Dieng utilise des outils d'apprentissage automatique statistique et d'apprentissage profond pour développer des méthodes d'apprentissage à partir de données de différentes modalités issues des sciences naturelles. Dans le cadre de ces recherches,elle est co-chercheuse principale dans le cadre d'une subvention de la NSF.
Dieng est également boursière AI2050 Early Career Fellow de Schmidt Futures (en)[6]. Dans le cadre de cette bourse, elle s'inspire de la manière dont les écologistes mesurent la biodiversité pour concevoir une méthode permettant d'évaluer la diversité d'un modèle d'IA et de quantifier le degré de biais de ce modèle[7].
Dieng est l'auteur ou le coauteur de plusieurs articles publiés dans des revues et conférences spécialisées en intelligence artificielle telles que Neural Information Processing Systems, ou encore International Conference on Learning Representations, et est citée en tant que telle[8].