Administration de la dette publique ottomane

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Ancien siège de l'Administration de la dette publique ottomane (ADPO) à Constantinople

L'Administration de la dette publique ottomane ou ADPO (en turc ottoman : دیون عمومیهٔ عثمانیه واردات مخصصه اداره‌سی, en anglais : Ottoman Public Debt Administration) est une administration sous contrôle européen, créée en 1881 pour collecter les paiements que l'Empire ottoman devait aux entreprises européennes dans le cadre de la dette publique ottomane. L'ADPO devient une vaste administration indépendante, au sein de l'administration ottomane et gérée par les créanciers : son conseil d'administration comprend un représentant de chacun des créanciers britanniques, français, allemands, autrichiens, italiens, néerlandais et ottomans, ainsi qu'un représentant de l'État ottoman[1]. Elle emploie 5 000 fonctionnaires chargés de collecter les impôts qui sont ensuite reversés aux créanciers européens[2]. À son apogée, elle compte 9 000 employés, soit plus que le ministère des Finances de l'empire[3].

L'ADPO joue un rôle important dans les affaires financières ottomanes. Elle sert également d'intermédiaire auprès des entreprises européennes en quête d'opportunités d'investissement dans l'Empire ottoman. En 1900, l'ADPO finance de nombreux chemins de fer et autres projets industriels. Les capitulations de l'Empire ottoman garantissent les privilèges financiers et commerciaux des étrangers non musulmans.

L'ADPO fut créée par un traité qui définit ses pouvoirs. Les Ottomans acceptent de lui céder une grande partie de leurs revenus. L'État lui octroi des monopoles sur le sel et le tabac. Elle perçoit des taxes sur les timbres, l'alcool, la pêche et la soie. Bien que ces taxes ne sont perçues que dans certaines régions, elles incluent la région de Constantinople, la plus importante. Des taxes non régionales sont également prévues, notamment sur les commerces et des droits de douane. Si ces sources de revenus s'avèrent insuffisantes, l'ADPO est également habilitée à percevoir une part des indemnités étrangères versées aux Ottomans par divers États balkaniques en vertu du traité de Berlin[4]. Ces indemnités ne consolent guère les Ottomans, car le traité avait considérablement réduit la taille et la population de l'Empire, et donc son assiette fiscale[5].

Les incertitudes comptables, ainsi qu'un manque de communication entre l'ADPO et les Ottomans, ont rendu difficile l'évaluation précise de la dette ottomane. Ces difficultés de calcul ont favorisé le développement des statistiques et des pratiques comptables. L'indignation particulière du public britannique face au défaut de paiement et son lobbying en faveur de la création de l'ADPO, conjugués aux difficultés comptables, ont pu entraîner une surreprésentation des détenteurs d'obligations britanniques dans le plan de remboursement de l'ADPO[5].

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