Dette publique ottomane
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La dette publique ottomane est une dette remontant au [1],[2],[3],[4], lorsque l'Empire ottoman a conclu pour la première fois des contrats de prêt avec ses créanciers européens peu après le début de la guerre de Crimée[5].
L'Empire contracte par la suite des emprunts, en partie pour financer la construction des chemins de fer et en partie pour combler le déficit entre ses recettes et les dépenses fastueuses de la cour impériale[6]. Certains analystes financiers ont souligné que les conditions de ces emprunts sont exceptionnellement favorables aux banques françaises et britanniques qui les avaient accordés, tandis que d'autres ont noté que ces conditions reflétaient la volonté de l'administration impériale de refinancer constamment sa dette[6],[7].
Le gouvernement ottoman déclare un défaut souverain sur ses emprunts par le décret de Ramadan (Ramazan Kararnamesi) du [6]. Six ans plus tard, dans le cadre du décret de Muharrem (Muharrem Kararnamesi) du , qui réduit la dette publique globale, l'Administration de la dette publique ottomane (ADPO) est créée. Ce décret fait des créanciers européens des détenteurs d'obligations et confère à l'ADPO des droits spéciaux pour la perception de diverses recettes fiscales et douanières au sein de l'Empire ottoman[6].
Après avoir contracté ses premiers emprunts, l'Empire en contracta d'autres en 1858, 1860, 1862, 1863, 1865, puis chaque année de 1869 à 1874. Mais des difficultés économiques se profilaient. La crise de 1873 plonge l'économie dans la récession, et de mauvaises récoltes s'ensuivirent. Finalement, le , l'Empire suspend le paiement des intérêts de ses emprunts. Le montant du défaut de paiement est estimé à 214,5 millions de livres sterling (l'équivalent de 26,1 milliards de livres sterling en 2023). Or, le revenu total de l'Empire n'est que de 21,7 millions de livres sterling (l'équivalent de 2,64 milliards de livres sterling en 2023)[8]. À titre de comparaison, le ratio dette/revenu des États-Unis était d'environ 7,8 en 2022[9]. Le défaut de paiement de la dette ottomane a provoqué l'indignation des nations européennes, créancières de cette dette. Les efforts concertés du Royaume-Uni et de la France, dont les citoyens sont les principaux détenteurs d'obligations ottomanes, ont abouti à la création de l'Administration de la dette publique ottomane en 1881. Celle-ci fonctionne comme un organe indépendant de l'administration ottomane, dont l'objectif est de collecter des recettes fiscales à reverser aux citoyens détenteurs d'obligations. Parmi les autres nations représentées figurent l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche, les Pays-Bas, ainsi que des détenteurs d'obligations ottomanes internes[8]. La dette ottomane s'est avérée un fardeau considérable pour l'Empire et n'a fait qu'aggraver les autres crises apparues dans les années 1870[10].