Adpocalypse (YouTube)
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Adpocalypse est un terme d'argot internet (un mot-valise) créé en combinant les deux premières lettres du nom des services publicitaire AdSense / Adwords / Ads / Advertisement ; et le mot apocalypse.

Il désigne une série de crises économiques et structurelles majeures qui ont secoué YouTube, empêchant simultanément de nombreuses chaînes de percevoir des revenus publicitaires sur leurs vidéos, jugées inappropriées pour les annonceurs, ce qui entraîne par ricochet, une baisse significative des recettes publicitaires pour d'autres chaînes[1],[2].

1ère adpocalypse, 2017
Le premier élément déclencheur a été la publication d'une enquête par le journal The Time en mars 2017 selon lesquelles des groupes extrémistes tels que le Hezbollah utilisaient YouTube pour en faire la promotion du terrorisme et grâce à la possibilité de monétiser le contenu[3], leurs activités étaient même financées par les annonceurs[4].
Le deuxième événement était animé par le YouTubeur PewDiePie (alors plus grand youtuber de la plateforme avec plus de 53 millions d'abonnée[5]), qui, en février 2017, a mis en ligne une vidéo sur sa chaîne dans laquelle il payait deux hommes qui ne parlaient pas anglais. Ils ont alors brandi le panneau « Mort à tous les Juifs ». À l'époque, PewDiePie travaillait en étroite collaboration avec les studios Maker de Disney, mais la société a par la suite mis fin à cette collaboration[6].
YouTube déploie alors ses premières règles strictes de monétisation adaptées aux annonceurs (Advertiser-friendly guidelines), entraînant une démonétisation automatique massive subie par des milliers de chaînes.
2e adpocalypse, 2018
Cette crise combine deux événements majeurs de l'histoire de YouTube, tout d'abord le le YouTubeur Logan Paul (15 millions d'abonnée à l'époque), adepte pendant cette période du concept de vlog, a lors d'un vlog au Japon le 31 décembre 2018[7],[8], visité la forêt des suicides (Aokigahara (青木ヶ原)) au Japon. Il a alors malheureusement découvert un homme décédé par pendaison et manqué de respect au corps sans vie avec des paroles et une attitude déplacées[9].
L'autre scandale apparu à la même période est celui de l'Elsagate. Le terme d'Elsagate est un mot-valise mélangeant le nom du personnage d'Elsa de Disney dans la reine des neiges, fréquemment présenté dans les vidéos, et le suffixe « -gate », utilisé pour désigner les scandales. Le début exact de cette pratique consistant à mettre en scène des dessins animés ou des vidéos avec des acteurs costumés (notamment le personnage d'Elsa) est impossible à dater précisément. Cependant, le problème ne devient de notoriété publique qu'en début 2018. YouTube avait depuis 2015 déjà mis en place son programme YouTube Kids (YTK), une sous-partie de la plateforme réservée aux utilisateurs de 3 à 9 ans, mais cela n'a pas empêché des chaînes telles que Toy Freaks et Webs & Tiaras de proposer des contenus softporn, dangereux (violence, simulations d’actes sexuels, drogues, alcools, etc...) et parfois haineux tout en attirant les plus jeunes grâce à des miniatures colorées avec des personnages reconnaissables rassurant l'enfant, tels Elsa ou Spider-Man[10],[11].

3e adpocalypse ou loi COPPA, 2019
La troisième adpocalypse, aussi surnommée loi COPPA du nom du texte de loi américain (Children's Online Privacy Protection Act), est née de deux raisons différentes. Pour commencer, le premier problème était celui de l'homophobie latente et non modérée de certaines vidéos de la plateforme ; encore une fois mise en lumière par le journal The Times[12]. Cela a montré que malgré les règles d'utilisation mises en place par le réseau social, les abus de certains utilisateurs n'étaient jamais punis. Ensuite, le second problème était celui du traitement des données personnelles, des utilisateurs ayant en dessous de 13 ans et donc considérés comme enfants selon les règles de la plateforme. Ces mêmes utilisateurs avaient accès sur YouTube Kids à des fonctionnalités non conformes à cette loi (scroll infini, auto scroll, notifications, commentaires, chat en direct...)[13] et à un manque de possibilité de contrôle du contrôle parental, notamment sur la gestion du temps d'écran[14].
La mise en conformité de cette loi effectuée le 1er janvier 2018 par YouTube s'est faite de façon stricte et parfois incompréhensible, on peut citer par exemple cette Américaine qui possédait une chaîne de tutoriels tricot et crochet entièrement démonétisée pour aucune raison apparente et, malgré ses réclamations, cela a été une décision définitive[15],[source insuffisante].
Autre adpocalypse
Si les trois vagues de 2017, 2018 et 2019-2020 sont considérées comme les grandes Adpocalypses historiques qui ont façonné le terme, la communauté YouTube a traversé plusieurs autres mini-Adpocalypses ou vagues de démonétisation soudaines.
Conséquences
Découvrir que des publicités sont associées à des vidéos avec du contenu controversé a conduit à un retrait massif d'un certain nombre d'annonceurs de contrats avec Google (propriétaire de YouTube depuis 2006). Plus de 250 marques mondiales avait déjà rejoint la plateforme, dont McDonald's, L'Oréal, Volkswagen, O2 et Tesco[pas clair].
Outre la baisse du chiffre d'affaires déjà mentionnée, dans le domaine de la publicité via AdSense/AdWords, Google a introduit un nouvel algorithme chargé d'examiner chaque vidéo téléchargée et de déterminer si elle convient aux annonceurs.
La cinquième vague de l'Adpocalypse a commencé à se profiler début 2019. Le problème a été décrit le 18 février par Matt Watson. Il s'agissait d'abus de la fonction commentaire sur des vidéos mettant en scène des enfants. Afin de préserver ce qui pouvait l'être, Google a réagi en ajustant ses algorithmes de vérification de la pertinence des vidéos et en modifiant ses règles de publication, mais cela a de nouveau conduit à La baisse des revenus, en particulier pour les producteurs vidéo indépendants, est la conclusion à laquelle parvenait l'article de The Verge c'est que l'âge d'or de YouTube est définitivement révolu[16],[17].