Affaire Claire Geronimi

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L'affaire Claire Geronimi est une affaire criminelle française portant sur les deux viols successifs de Mathilde (pseudonyme), puis de Claire Geronimi, dans deux halls d'immeuble, à Paris, le , par Jordy Goukara, soumis à une obligation de quitter le territoire français[1]. Traumatisée par l'expérience, Claire Geronimi décide de médiatiser son statut de victime pour sensibiliser aux agressions sexuelles.

Profil des victimes

Mathilde, la première victime de l'accusé, est une femme âgée de 19 ans le jour du crime, ayant choisi de conserver l'anonymat. Étudiante en droit et en communication, elle a été violée dans l'entrée d'un immeuble alors qu'elle s'y rendait pour un entretien de baby-sitting.

Claire Geronimi est âgée de 26 ans au moment des faits, consultante dans la finance. Elle rentrait chez elle après une course, lors du crime. Elle prend la décision de médiatiser l'affaire et sa lutte judiciaire pour sensibiliser à la fois aux agressions sexuelles et dénonce les dysfonctionnements liés aux OQTF[2].

Profil de l'accusé

Jordy Goukara, l'accusé, est de nationalité centrafricaine, âgé de 25 ans au moment du drame. Il a grandi à Bangui, où il est principalement élevé par sa mère, enceinte jeune, commerçante dans le textile, en raison d'un père absent.

Sa scolarité en France se passe mal, plusieurs signalements sont faits, et Jordy est alors pris en charge par l'aide sociale à l'enfance[3]. Entre 2013 et 2023, son casier judiciaire est marqué par onze condamnations : vol avec violence (pour acheter de la drogue), usage de stupéfiants, rébellion, menaces de mort, violences avec arme[3].

En 2023, il est sorti de prison depuis une dizaine de mois. Au cours du procès, il indique qu'il se masturbait jusqu'à dix fois par jour, et fréquentait des prostituées, en raison de forts "besoins"[3].

Deux obligations de quitter le territoire français lui sont notifiées : une en , une autre en [3].

Description des faits

Viol de Mathilde

Le , Mathilde est déposée par ses proches, vers 16 h, à l'angle des rues Pierre Demours et rue de Courcelles, dans le 17e arrondissement de Paris. Elle se rend à cette adresse pour un entretien de garde d'enfants, chez une famille. Elle tente à plusieurs reprises de taper le digicode de l'entrée, mais se rend compte qu'elle est à la mauvaise porte. Elle remarque un sans domicile fixe, Jordy Goukara, assis sur la gauche, qui la regarde avec insistance, avant qu'elle ne se dirige, quelques secondes plus tard, vers la bonne porte.

Une fois la porte correspondante trouvée et ouverte, Mathilde s'avance dans l'entrée de l'immeuble. Elle ne remarque pas que l'individu la suit, avant de sentir sa présence, dans son dos. Il la saisit sous la menace d'une arme blanche. S'ensuit une première agression sexuelle, au cours de laquelle elle propose à son agresseur de lui donner son téléphone, afin qu'il mette fin à ses actes. L'individu essaie de trouver un endroit à l'abri des regards, mais il ne connaît aucun code pour ouvrir les portes à proximité, alors que la victime tente de se débattre, en criant. Ils se posent au sol, allongés, il la viole alors. Quelques minutes plus tard, lorsqu'une personne active le digicode de la porte qu'ils avaient franchie auparavant, signe qu'une autre personne va arriver dans l'entrée, son agresseur prend la fuite[4].

Viol de Claire Geronimi

Le même jour, vers 16 h 30, Claire revient d'un Monoprix à proximité, où elle faisait des courses. Une fois la porte d'entrée de l'immeuble passée, elle marche seulement quelques mètres et se retrouve plaquée au sol par Jordy Goukara, qui lui impose une fellation et exige qu'elle le guide jusqu'à son domicile : celle-ci prétexte alors que ses parents y sont, et l'attendent. Le viol dure une trentaine de minutes. Alors qu'une voisine ouvre la porte d'entrée, son agresseur prend la fuite, emportant avec lui les sacs de courses. Sa voisine découvre alors la victime, nue et pleine de sang à cause d'une bouteille en verre qui s'est fracassée au sol pendant l'agression[5].

Mode opératoire, enquête et arrestation

Les deux agressions laissent penser qu'il s'agit du même individu, notamment en raison de la façon dont le viol a lieu : prise par surprise dans le dos, menace à l'arme blanche, l'agresseur invectivant « Je vais te b***** » à ses victimes. L'agresseur a utilisé une lame artisanale. Il répète à plusieurs reprises « Tais-toi, sinon je vais te tuer »[6].

Les deux agressions sexuelles ont lieu le , entre 15 h 50 et 17 h 5[7].

Le viol de Mathilde est capté par une caméra de vidéosurveillance. Une trace ADN de son agresseur est retrouvée sur ses vêtements.

Jordy Goukara est arrêté quelques heures plus tard, dans le quartier des Champs-Élysées, en possession des sacs de courses de Claire Geronimi. Ayant d'abord nié les faits, il avoue, admettant qu'il était sous emprise d'alcool et de cannabis au moment de ses actes[5].

Procès

Le procès pour le double viol s'ouvre devant la Cour criminelle départementale de Paris le . Le verdict est rendu le [8]. Jordy Goukara est condamné à 18 ans de réclusion criminelle et à une interdiction définitive du territoire français pour viol aggravé en concours[9].

Mise en cause de la responsabilité de l'État pour les violeurs sous OQTF

Mathilde s'exprime dans Le Parisien : « Je comprends la colère de Claire. J’entends sa détresse. Mais je déplore l’instrumentalisation politique de sa souffrance. Je condamne autant l’extrême droite, qui a récupéré son témoignage, que les féministes de gauche et leur silence assourdissant[4]. »

À la suite de ce viol, Claire Geronimi, à l’époque consultante en finance, se rapproche du collectif fémonationaliste d'extrême droite Némésis et dénonce médiatiquement le dysfonctionnement des OQTF en France[10]. La médiatisation par BFM et par CNews est corrélée à l'actualité du  : députés et sénateurs se réunissent en commission mixte paritaire (CMP) afin d'adopter une nouvelle version du texte de la loi sur l'immigration[11]. Claire Geronimi s'engage par la suite dans l'UDR d'Éric Ciotti, dénonçant un « féminisme à géométrie variable » qu'elle juge discriminant pour les victimes en raison du statut d'OQTF de certains agresseurs. Elle pousse un projet de loi établissant plus directement la faute de l'État lorsqu'une personne visée par OQTF commet une agression[12],[13].

Réactions politiques

En 2025, au moment du procès, Marlène Schiappa, ancienne ministre des Droits des Femmes, apporte publiquement son soutien à Claire Geronimi[14] via un post Instagram.

Références

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