Affaire French Bukkake

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L'affaire French Bukkake démarre en à Paris avec une série de mises en examen pour viol, proxénétisme et traite d’être humain, et concerne le site internet French Bukkake, détenu par Pascal Ollitrault (dit Pascal OP), qui diffuse des vidéos pornographiques d’une extrême violence.

Chefs d'accusationTraite d'êtres humains aggravée, viols en réunion
PaysDrapeau de la France France
VilleParis
StatutInstruction en cours
Faits en bref Chefs d'accusation, Pays ...
Affaire French Bukkake
Chefs d'accusation Traite d'êtres humains aggravée, viols en réunion
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
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Statut Instruction en cours
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Contexte

Selon un rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes[1], ces affaires judiciaires font exception, et l’industrie pornographique profite d'une large impunité pour banaliser des « atteintes graves à la dignité humaine »[2]. Les victimes sont principalement des jeunes femmes et sont ciblées pour leur précarité[3].

Un rapport d'information de la délégation aux droits des femmes au Sénat, publié le , « Porno : l'enfer du décor - Rapport » qui évoque entre autres les affaires French Bukkake et Jacquie et Michel tire des conclusions similaires[4].

Affaire judiciaire

L'enquête révèle que Julien D., qui se présentait sous le nom d’Axelle Vercoutre, appâtait de jeunes femmes sur les réseaux sociaux avec des promesses de larges rémunérations, pour leur faire tourner des vidéos pornographiques ; mais les très nombreuses victimes expliquent avoir été violées devant la caméra pour le tournage, sous la menace, de scènes très dégradantes, en particulier des scènes de bukkake montrant des dizaines d’hommes éjaculer sur la même femme[5],[6].

Mat Hadix, qui travaillait aussi pour la plate-forme de vidéos du producteur Marc Dorcel et pour le site Jacquie et Michel, fournissait le matériel technique et les appartements pour les tournages[6]. Un intermédiaire recrutait les acteurs masculins amateurs[7],[8].

Les femmes étaient aussi escroquées lorsqu'elle demandaient la suppression de la vidéo en ligne[7],[9]. Les victimes témoignent de grandes difficultés psychologiques à la suite de ces tournages. Certaines tentent des démarches judiciaires dès 2017, mais la police ne réagit pas : les alertes à Toulouse, Brignoles, Les Andelys, et Reims (où réside Julien D.) sont toutes ignorées, jusqu'à l'enquête de gendarmerie de la section de recherches de Paris qui débute en [10], et inclut une première vague d’arrestations et de perquisitions en octobre de cette année-là[11],[12],[13],[8]. Ce sont 42 personnes qui se sont portées parties civiles dans cette affaire, ainsi que quatre associations, Les Effrontées, le Mouvement du Nid, Osez le féminisme et la Ligue des droits de l'Homme[3].

Pascal Ollitrault et ses associés utilisent la même défense : selon eux, les femmes étaient consentantes[6]. Selon les enquêteurs au contraire, les protagonistes étaient conscients de la violence qu’ils exerçaient, et le parquet demande dans son réquisitoire en le renvoi de dix-sept personnes (producteurs, réalisateurs ou acteurs) devant la cour criminelle pour des faits de viol (commis souvent en réunion), traite d’êtres humains, proxénétisme aggravé, et travail dissimulé[14],[15],[16]. Certains avocats des victimes font appel de cette ordonnance pour faire valoir des circonstances aggravantes (sexisme, racisme, actes de torture et de barbarie) et obtenir que le procès ait lieu en cour d’assises[14],[17].

Le , la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris renvoie le dossier à l’instruction. Elle ordonne « un supplément d'information pour mise en examen supplétive du chef de viol en réunion d'une personne déjà mise en examen pour d'autres viols ». Cette décision doit intervenir « avant le , date à laquelle la chambre de l'instruction statuera sur le fond »[18]. La cour d'appel de Paris a finalement repoussé au sa décision au sujet des recours intentés sur le renvoi en procès[19].

Dans une série d'articles parus dans Médiapart[20], le journaliste Robin d'Angelo affirme que de nombreux acteurs et producteurs auraient participé aux violences des deux principaux accusés ou les auraient couvertes[21], et cible en particulier les diffuseurs Marc Dorcel et Jacquie et Michel[22],[23].

Pascal OP a été remis en liberté le [24]. Les 17 autres personnes mises en cause ont également été libérées de prison et comparaitront libres à leur procès[24].

En , la Cour de cassation retient les circonstances aggravantes de « sexisme » et de « racisme », mais pas celles de « tortures et actes de barbarie », aussi rejetées par la cour d’appel. La cour indique en outre que l’accusation peut être retenue contre quiconque « tire profit ou s’enrichit, en violation de l’ensemble des règles qui régissent le tournage de films pornographiques, de la participation payante de tiers à des activités sexuelles filmées et de la vente de vidéos ainsi réalisées ». Avec ces circonstances aggravantes, les peines encourues passent de vingt à trente ans et l'affaire relève donc désormais de la cour d’assises et non plus de la cour criminelle[25].

Débats juridiques et sémantiques

En droit français la pornographie n’est réprimée que si elle concerne les mineurs, et le proxénétisme n'est pas défini en lien avec l'activité pornographique mais avec celle de prostitution, laquelle n'est pas explicitement définie[26]. Pour qualifier les délits, les magistrats devront donc s'appuyer sur une jurisprudence complexe, en particulier il n'est pas sûr que la pornographie puisse être considérée comme une activité prostitutionnelle[26].

Références

Articles connexes

Bibliographie complémentaire

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