Affaire Jeanne-Marie Préfaut
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| Affaire Jeanne-Marie Préfaut | |
| Titre | Affaire Jeanne-Marie Préfaut |
|---|---|
| Fait reproché | Meurtre filicide |
| Chefs d'accusation | Assassinat |
| Pays | |
| Ville | Montpellier |
| Nature de l'arme | Anesthésie et étouffement |
| Type d'arme | Alimémazine |
| Date | |
| Nombre de victimes | 1 |
| Jugement | |
| Statut | Affaire jugée |
| Tribunal | Cour d'assises de Montpellier |
| Date du jugement | |
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L'affaire Jeanne-Marie Préfaut est une affaire judiciaire française, concernant le meurtre de Sophie, une jeune adulte autiste, par sa mère filicide Jeanne-Marie Préfaut, qui l'a anesthésiée puis étouffée. Les faits se produisent le .
Jeanne-Marie Préfaut est reconnue coupable d'assassinat sur personne vulnérable, puis condamnée en à une peine de principe de 5 ans de prison avec sursis. Elle publie ensuite un livre décrivant sa vie avec sa fille, Maman, pas l'hôpital.
L'affaire Jeanne-Marie Préfaut est l'un des meurtres d'enfants autistes les plus médiatisés en France. Rétrospectivement, le déroulement, le jugement et les suites de ce meurtre sont décrits comme violents envers les personnes autistes.
Le meurtre se produit le , alors que Sophie, jeune femme autiste, a 23 ans[1]. Sa mère lui promet qu'elle ne sera plus jamais envoyée en hôpital psychiatrique[2]. Elle lui administre une forte dose de Théralène dans un verre de grenadine, et la dépose sur la banquette arrière de sa voiture[2]. Elle l'étouffe ensuite en lui pinçant les narines et en plaquant sa main sur sa bouche[2].
La mère se rend d'elle-même à la police, puis est écrouée durant un mois et demi[2].
Profils de la meurtrière et de la victime
Sophie Préfaut naît en 1971, et reçoit un diagnostic de psychose infantile à l'âge de deux ans[1]. Elle est décrite comme une enfant intelligente, dotée de sens de l'humour et souriante, qui a connu une évolution importante de son état, capable de rédiger une dictée sans fautes en classe de sixième, de calculer des racines cubiques et de voyager en compagnie de ses parents à Prague et San Francisco[1]. Il ne s'agit donc pas d'une enfant autiste dite « sévère », mais d'une personne autiste dite « de haut niveau »[3]. Elle n'est pas intégrée au collège ni dans le médico-social[3].
D'après sa mère filicide, elle connaît des périodes de crises durant lesquelles elle « hurle atrocement, s'agite, agresse, court des heures et des jours durant, casse tout, s'arrache les cheveux, redevient bébé, fait pipi au lit, mange ses excréments ou ceux des animaux »[1]. Lorsqu'elle devient majeure, elle est envoyée en hôpital psychiatrique[2]. Elle est victime de traitements violents par neuroleptiques et électrochocs pendant quatre mois en 1992 à La Colombière, et de crises d'épilepsie qui ont failli la tuer[1].
Jeanne-Marie Préfaut, mère de cinq filles[2], a abandonné son emploi en 1985 pour s'occuper de Sophie et la surveiller durant la nuit. Elle témoigne ne dormir que deux ou trois heures de chaque après-midi[1]. Elle est membre de la Fédération Sésame Autisme Languedoc-Roussillon[4].
Son mari Christian Préfaut est professeur à la faculté de médecine de Montpellier[1].
Procès

Anne-Marie Préfaut est jugée pour homicide volontaire avec préméditation sur personne vulnérable[1]. Au contraire de la majorité des procès du genre, plutôt traités dans la discrétion, celui-ci est très fortement médiatisé[4],[5] ; le rapport du Sénat n° 350 (1995-1996) déposé le cite « un grand retentissement » pour cette affaire[6]. En effet, d'après la psychiatre Catherine Zittoun, la meurtrière « revendique haut et fort la justesse de son acte »[7].
D'après le journaliste Jean-Michel Dumay, envoyé spécial au tribunal de Montpellier, la salle est « emplie de parents d'enfants autistes » et « entièrement acquise à sa cause, émue par la dignité et le calme de cette ancienne institutrice »[8]. Jeanne-Marie Préfaut a en effet obtenu le soutien de l'association Sésame autisme[1].
L'accusée déclare « j'ai vécu en couple avec ma fille, une véritable histoire d'amour », et assure que son meurtre est un « geste d'amour »[1],[2]. Elle ajoute « Le plus terrible pour moi, c'est de ne plus avoir les bras de Sophie autour de mon cou »[8]. Christian Préfaut déclare aux jurés de l'Hérault que « Aujourd'hui, Sophie ne souffre plus », tout en adressant un clin d’œil à son épouse[1]. Il explique aussi que la mère était « fusionnelle » avec son enfant[1]. Un proche de la famille Préfaut déclare que la responsabilité est « peut-être celle de notre société, qui admet l'interruption volontaire de grossesse et pas l'interruption volontaire de souffrance »[8]. D'après le journaliste de Libération Michel Henry, qui couvre le procès, la meurtrière n'exprime aucun regret vis à vis de son meurtre, et l'acte criminel en lui-même est très peu abordé durant le procès, où c'est surtout l'autisme qui est débattu[1]. De plus, la salle d'audience a ri quand Jeanne-Marie Préfaut a répondu « je me trouve pas mal » à la question « Comment vous décrivez-vous ? », sans être rappelée à l'ordre[1].
L'avocat général reconnaît l'état de fatigue physique et psychique de l'accusée, et une possible altération du discernement, réclamant une peine « de principe »[8]. Les avocats de Jeanne-Marie Préfaut demandent l'acquittement[8].
Condamnation
Le , Jeanne-Marie Préfaut est reconnue coupable d'assassinat sur personne vulnérable, et condamnée à une peine « de principe » de cinq ans de prison avec sursis[8],[9],[3]. La salle est restée silencieuse à l'annonce de sa culpabilité, puis a longuement applaudi ce verdict[8].