Affaire Khalifa
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L'affaire Khalifa est une affaire politico-financière en Algérie impliquant l'homme d'affaires Rafik Khalifa et 11 coaccusés[1]. L’ensemble des chefs d’inculpation sont la constitution d'association de malfaiteurs, falsification de documents officiels et usage de faux, vol en réunion, escroquerie, abus de confiance et corruption, falsification de documents bancaires, et banqueroute frauduleuse[2],[3].
Après la création très rapide d'un petit empire économique à la fin des années 1990, il apparaît comme le symbole de la réussite individuelle en Algérie. Mais son groupe fait faillite en 2003 et il est condamné en 2007 par la justice algérienne par contumace à la prison à vie pour détournement de fonds et usage de faux[3]. Il s'est entre-temps réfugié à Londres, où il est arrêté par la justice britannique en 2007 à la suite d'un mandat d'arrêt européen délivré par la France[4]. Le , la justice britannique autorise son extradition mais il fait appel. Il est finalement livré aux autorités algériennes le . En , il est condamné à dix-huit ans de prison. En , cette peine est confirmée en appel par le tribunal de Blida[5].
La question de l'origine de la richesse de Rafik Khalifa reste un mystère non élucidé : pour les économistes, il est inconcevable que sa pharmacie ait permis de générer assez d'argent pour lancer une banque et une compagnie aérienne en dix ans. Certains avancent que l'argent serait issu des généraux, ces chefs militaires qui se partagent le pactole autour du pétrole et des importations nationales[6].
Le , après avoir décelé des flux financiers suspects, la Banque d'Algérie bloque les transferts vers l'étranger d'El Khalifa Bank. Le groupe sombre alors rapidement, notamment après qu'en , trois de ses proches collaborateurs sont arrêtés sur le tarmac de l'aéroport d'Alger - Houari-Boumédiène avec 200 000 euros en liquide. Au début de l'année 2003, une procédure de liquidation judiciaire est ouverte[7].
L'affaire connaît également des suites judiciaires à Mila, où plusieurs des proches de Rafik Khalifa sont inquiétés[7] puis Khalifa lui-même.
Réfugié en Grande-Bretagne, il fait l'objet d'un mandat d'arrêt international et la justice britannique instruit alors l'affaire en vue d'une éventuelle extradition. Sa défense avance alors que Rafik Khalifa n'est pas le suspect numéro 1[8] et que la faillite du groupe serait orchestrée par le gouvernement de l'ancien président algérien Abdelaziz Bouteflika. Le procès a un important retentissement car il a impliqué plus de cent accusés et plus de deux cents témoins.
En , la justice britannique autorise son extradition vers l'Algérie. Le , le ministre britannique de l'Intérieur, Alan Johnson, donne son aval à l'extradition de Rafik Khalifa vers son pays, où il a été condamné à la prison à perpétuité[9]. Le , il est remis aux autorités algériennes et directement entendu par le procureur général de la cour de Blida institutrice de l'affaire, puis emprisonné à la prison militaire de Blida[10].
