Affaire Manuela Gonzalez
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| Affaire Gonzalez | |
| Titre | Affaire Manuela Gonzalez |
|---|---|
| Fait reproché | Homicide |
| Chefs d'accusation | Assassinat |
| Pays | |
| Ville | Villard-Bonnot (Isère) |
| Nature de l'arme | Indéterminée |
| Type d'arme | Indéterminé |
| Date | |
| Nombre de victimes | 1 : Daniel Cano |
| Jugement | |
| Statut | Affaire jugée |
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L'affaire Manuela Gonzalez est une affaire criminelle française, dans laquelle Manuela Gonzalez que l'on surnomme la veuve noire de l'Isère, assassine son mari, Daniel Cano, à Villard-Bonnot, dans l'Isère, le .
Le , en pleine nuit, un incendie se déclare dans la chambre de Daniel Cano. Il se réveille, malgré des somnifères, et sort de la chambre. Les pompiers maîtrisent l'incendie ; la cause n'est pas déterminée.
Le , un promeneur découvre une voiture calcinée dans un champ, à Villard-Bonnot. Le corps d'un homme est trouvé à l'arrière, et celui d'un chien dans le coffre. Sur la base des restes de la plaque minéralogique et de traces d'ADN, le corps est identifié comme celui de Daniel Cano, chaudronnier, âgé de 58 ans[1].
L'instruction qualifie l'acte de tentative d'assassinat, après avoir découvert que deux anciens compagnons de Manuela Gonzalez (François Collazo en 1989 et Thierry Lechevallier en 1991) sont morts dans des circonstances violentes. L'autopsie du corps de Daniel Cano montre qu'il a ingéré trois somnifères. Les gendarmes relèvent que Manuela Gonzalez a été impliquée dans plusieurs escroqueries.
Le mobile du meurtre établi serait une somme de 235 000 euros, provenant de deux contrats d'assurance-vie ainsi qu'une exonération de remboursement de prêt.
Procès et condamnation
Lors du procès devant la cour d'assises de l'Isère en 2014, son avocat, Me Ronald Gallo, plaide l'acquittement ; le parquet requiert 30 ans de réclusion criminelle.
« Je souffre de la perte de mon mari. » dit l'accusée avant que le jury ne se retire : « Si je ne pleure pas on me juge froide (…) si je pleure on dit que je fais la comédie. »[1]
Ses avocats décrivent une famille « harmonieuse », en couple depuis près de 20 ans, où chacun s'occupait de l'enfant de l'autre.
« On est là face à une énigme, on ne peut pas se permettre de condamner dans le doute. », a déclaré Me Saint-Pierre, avocat de l’accusée[2].
Pour l'avocat général, le mobile est « criant de vérité » : l'argent. L'addiction aux jeux, d'une part, et des problèmes avec son auto-école, fermée après un trafic de permis : elle contracte alors un emprunt de 165 000 euros, cautionné par son mari[3].
La thèse du suicide est réfutée par Me François Leclerc, avocat des parties civiles :
Il déclare que Manuela Gonzalez est une « menteuse en série » pour qui « l'argent est le nerf de la guerre ».
Me Leclerc a également déclaré : « Il faut tuer Daniel Cano parce que dès qu'il sera mort, l'assurance du crédit hypothéqué marchera et ce sera 165 000 euros de gagné, (évoquant l'héritage de la maison, les apports d'une assurance-vie et d'un contrat de prévoyance). Il ne faut pas que ce soit un suicide, sinon tout tombe à l'eau, donc encore de la drogue et encore du feu. »[3]
Manuela Gonzalez est condamnée à 30 ans de réclusion criminelle.
Manuela Gonzalez et son avocat font appel.
Elle est libérée une première fois, en [4], car la justice juge le délai entre son premier procès et l'appel trop long. Un vice de procédure qui enclenche une vive polémique[2].
La sentence est confirmée en par la cour d'assises de la Drôme. La femme de 55 ans retourne en prison.
Son avocat annonce un pourvoi en cassation le lundi . Il est rejeté[3]. Manuela Gonzalez formule ensuite un pourvoi devant la Cour européenne des droits de l'homme. Elle est déboutée.