Affaire Yves Grosjean
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Affaire Yves Grosjean | |
| Chefs d'accusation | agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité |
|---|---|
| Pays | |
| Nombre de victimes | 13 |
| Jugement | |
| Statut | Affaire non jugée |
| modifier |
|
L'affaire Yves Grosjean est une affaire judiciaire mettant en cause un prêtre de l'archidiocèse de Dijon, Yves Grosjean, accusé d'agressions sexuelles sur treize mineurs. Il a reconnu les faits dénoncés dans cinq plaintes.
Un collectif, constitué après la mise en examen du prêtre et son incarcération en , dit avoir recueilli les témoignages de plusieurs autres victimes présumées, mineures au moment des faits allégués entre la fin des années 1980 et le milieu des années 2010.
Yves Grosjean, né le à Nancy[1], est ordonné prêtre en 1993[2]. Après plusieurs affectations à Châtillon-sur-Seine, Montbard et Auxonne en Côte-d'Or[3], il exerce de 2001 à 2013 dans la paroisse de Sombernon[2] et parallèlement à Vitteaux entre 2010 et 2012[4]. En 2007, il devient aumônier diocésain du Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ)[5]. Il est nommé en 2013 curé des paroisses de Bligny-sur-Ouche et Arnay-le-Duc[2],[6].
Le prêtre est apprécié par les jeunes des paroisses où il a exercé. Il organise des soirées cinéma au presbytère, des déplacements dans des parcs d'attraction, leur distribue des cigarettes et les laisse utiliser son téléphone et son ordinateur[7]. Après un signalement en 2016 à l'évêque, Roland Minnerath, il fait l'objet d'une enquête préliminaire qui est classée sans suite pour prescription[8],[9].
En , le prêtre quitte soudainement sa paroisse sans explications. Son départ pour « une année de formation » est annoncé dix jours plus tard sur le site du diocèse de Dijon[6],[10],[11]. Il est accueilli en 2017 comme prêtre Fidei Donum dans l'archidiocèse de Rabat au Maroc[12] où il exerce des responsabilités auprès de jeunes, notamment comme aumônier scout[9]. À la demande de l'archevêque de Rabat, il revient en France en 2024 « pour une période d’un an afin de pouvoir bénéficier d’un suivi psychologique ». Les causes de son départ auraient été, selon les déclarations d'Yves Grosjean, des relations « problématiques » avec de jeunes garçons[1] pour lesquelles il aurait fait l'objet au Maroc d'une enquête de police[13].
Il est affecté en comme prêtre coopérateur à l'église Saint-Pierre de Dijon[14],[12], proche de l'école Saint-Pierre dont il est l'aumônier[7]. Interrogé en par le quotidien La Croix, le prêtre chargé de veiller à l'application des restrictions tenues secrètes touchant Yves Grosjean, son ami depuis 30 ans, fait valoir que « Saint-Pierre est une école primaire [et que] le problème des relations ne s’est posé qu’avec des adolescents »[9].
Première plainte en novembre 2024
En , le prêtre envoie un SMS à l'une de ses victimes présumées qu'il avait connue à Sombernon, Jean Jedrysek, pour prendre de ses nouvelles[15]. Ce message inattendu provoque chez le jeune homme, âgé de 27 ans, le retour d'un souvenir remontant à ses 12 ans, en 2010, quand Yves Grosjean l'avait emmené au Futuroscope. Seul avec le prêtre, qui lui caresse la cuisse lors du voyage, il est contraint de dormir avec lui dans une chambre d'hôtel[8]. Yves Grosjean reconnaît, dans l'échange de messages qui suit, lui avoir « caressé le corps »[13].
Quelques jours après ces aveux, Jean Jedrysek dépose une plainte à la gendarmerie de Sombernon[13]. L'archevêque de Dijon, Antoine Hérouard, reçoit par l'intermédiaire de la Conférence des évêques de France une lettre de Jean Jedrysek qui l'amène à prendre des mesures conservatoires en interdisant au prêtre le toute activité auprès de mineurs[16],[13],[Note 1] et tout contact avec les paroisses où il a été en fonction, interdiction qu'Yves Grosjean n'aurait pas respectée en se rendant à Arnay-le-Duc en [11].
Une enquête est ouverte au cours de laquelle apparaissent des faits nouveaux, concernant une autre personne, qui sont classés sans suite pour cause de prescription[13]. Yves Grosjean est mis en examen le pour « agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité », d'autres plaintes ayant été portées contre lui, et placé en détention préventive à Bourges dans le Cher[8]. Antoine Hérouard révèle l'information dans un communiqué[14] paru le lendemain[12].