Né à Vincennes et ayant subi une faillite, Bligny rejoint le mouvement anarchiste en France à la moitié des années 1880. Il côtoie diverses figures du mouvement, comme Louise Michel, avec qui il organise des réunions ou Jean Grave, qu'il aurait accompagné au congrès international de Londres en 1887 et avec qui il correspond. Il organise différents groupes, en particulier dans les banlieues est de Paris, comme Montreuil, où il prend en charge un groupe anarchiste abstentionniste. Il est visé par la répression de début 1894 mais est remis en liberté et innocenté des charges qui pèsent alors contre lui.
Aimé Eugène Bligny naît le à Vincennes[1],[2],[3].
Il exerce comme entrepreneur en serrurerie et épouse Françoise Pauline Bezouar, qui exerce comme cartomancière et chiromancienne[1],[3]. En 1883, Bligny subit une faillite et passe ses biens au nom de son épouse[1],[2],[3].
Rapport de police française renseignant les mouvements de Jean Grave, Louiche, Joseph Tortelier, Kropotkine et Bligny autour du congrès international de Londres en 1887 (collection d'Archives anarchistes - Archives de la PP de Paris)
L'année suivante, il est remarqué par les autorités françaises comme ayant rejoint le mouvement anarchiste en France[1],[2],[3]. Le , Bligny organise une première réunion publique anarchiste[1],[2],[3]. Dans les années 1884-1888, le serrurier rejoint de nombreux groupes anarchistes, comme le groupe anarchiste du Faubourg Saint Antoine, les Insurgés, le groupe Cosmopolite ou encore la Chambre syndicale des hommes de peine[1],[2],[3].
En , il préside une réunion anarchiste où Louise Michel et Joseph Tortelier, deux figures du mouvement, interviennent[1],[2],[3]. En avril de la même année, Bligny préside une nouvelle réunion où Michel se déplace, mais une bagarre éclate et il est blessé par un jet de pierre[1],[3].
L'anarchiste est en contact avec Jean Grave et l'aurait accompagné au congrès international de Londres de 1887[2]. Suite à la tenue d'une réunion, le , en compagnie des groupes La Révolution sociale, de Picpus et de Montreuil, il cesse de participer aux réunions pendant quelques années[1],[3].
Bligny réapparaît au sein du mouvement anarchiste en 1892, quatre ans plus tard, quand il remarqué comme membre de La Jeunesse anarchiste du 20e arrondissement[1],[2],[3]. En juin de la même année, il fonde le Groupe abstentionniste révolutionnaire de Montreuil[1],[2],[3]. Par ailleurs, Bligny est remarqué pendant cette période comme participant de nouveau à de nombreuses réunions, comme celles tenues par le «Groupe de propagande, le Cercle International, les Égaux du 20e, l’Autonomie individuelle, les Sociologues et de la Commune anarchiste» selon Dominique Petit[1].
Celui-ci identifie aussi certains des compagnons avec lesquels échange et interagit Bligny, comme «Jean Grave, Louiche, Leboucher, Hivon, Mathias Hourt, Delique, Bernard, Barthélemy, Migeon, Bondoux»[1].
En 1895, il est mis hors d'état de cause par la justice[1],[2],[3]. Cette année, il est repéré par les informateurs de la police comme cherchant à refonder des groupes abstentionnistes à Montreuil[2].