Al-Walīd Ier
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Al-Walīd Ier ou ʾAbū Al-ʿAbbās Al-Walīd ibn ʿAbd Al-Malik (en arabe : أبو العباس الوليد بن عبد الملك), né en 668 à Médine et mort en 715 à Ghouta, est le sixième calife omeyyade. Il est le fils aîné de ʿAbd Al-Malik et lui succède en octobre 705. Son frère cadet Sulaymān lui succède à sa mort en 715. Comme son père, il continue à faire confiance à Al-Hajjaj ibn Yussuf Ath-Thaqafi pour agrandir le Califat omeyyade. Il est payé en retour par la conquête de la Transoxiane, du Sind et de la péninsule Ibérique. Al-Ḥajjaj a pour rôle de choisir les généraux aptes à mener ces conquêtes.
| Calife omeyyade | |
|---|---|
| - | |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom dans la langue maternelle |
الوليد بن عبد الملك |
| Activités | |
| Famille | |
| Père | |
| Mère |
Wallada bint al-Abbas ibn al-Jaz (d) |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Umm al-Banin bint Abd al-Aziz (en) |
| Enfants |
ʿAbd al-ʿAzīz ibn al-Walīd Al-Abbas ibn al-Walid (en) Yazīd III le Réducteur Masrur ibn al-Walid (en) ʾIbrāhīm Bixr ibn al-Walid (en) Umar ibn al-Walid (en) |
| Parentèle |
ʿUmar II (cousin germain paternel) |
| Propriétaire de |
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Conquêtes
Conquêtes en Asie centrale
Dès son accession au pouvoir en 705, Al-Walīd Ier nomme Qutayba ibn Muslim gouverneur du Khorassan. Qutayba conquiert Merv la même année. En 707, il franchit l'Amou-Daria, mais son armée est encerclée, si bien qu'il reste deux mois sans pouvoir envoyer de messager à Al-Hajjaj. Il finit par vaincre ses adversaires et assiège Paikand pendant deux mois. Après la capitulation, les habitants de Paikand se révoltent contre la garnison omeyyade. Qutayba assiège de nouveau la ville, mais cette fois il ordonne de tuer tous les hommes en âge de porter les armes. Il retourne ensuite à Merv en 708. Le butin est immense[1]. Sur ordre d'Al-Hajjaj, Qutayba franchit de nouveau l'Amou-Daria et part à la conquête de Boukhara (708). Il poursuit ses adversaires à Balkh (hivers et printemps 709). L'avant-garde de Qutayba prend la ville et un grand nombre d'ennemis sont tués[2]. Kaboul préfère se soumettre sans combat. Qutayba conquiert le Khwarezm avec l'aide de son frère ʿAbd Ar-Raḥmān. Il en reçoit 100 000 esclaves et autant de pièces d'étoffe. Le roi de Khamjerd[3] harcelant le Khwarezm, Qutayba envoie son frère qui tue le roi et fait 4 000 prisonniers que Qutayba met à mort avant de repartir vers Merv[4].
Après cette campagne, Qutayba repart vers l'est pour conquérir la Transoxiane, un tribut prévu n'ayant pas été versé. Il met le siège devant Samarcande en compagnie de ʿAbd Ar-Raḥmān. La ville est assez facilement prise. Les habitants doivent verser 10 000 000 dirhams par an et donner 3 000 esclaves la première année. Ils doivent en outre détruire tous les temples zoroastriens et en livrer les trésors. Qutayba annonce la prise de Samarcande à Al-Hajjaj en lui envoyant le cinquième du butin[5]. Il continue sa progression vers l'est en pénétrant dans la vallée de Ferghana en 713. Après quelques combats à Khodjent, les habitants capitulent la même année, aux mêmes conditions que celles de Samarcande. En juin 714, Al-Hajjaj meurt et Qutayba fait demi-tour vers Merv en apprenant la nouvelle.
Conquête du Sind
Muhammad ibn al-Qasim Ath-Thaqafi est un proche parent d'Al-Ḥajjaj dont le père est mort en bas âge. L'art de la guerre lui est enseigné très tôt. À dix-sept ou vingt ans selon les sources, Al-Walīd Ier l'envoie à la tête d'une armée vers le Sind et le Penjab, après l'échec d'une première expédition menée par Badīl ibn Tuḥfa à cause de la chaleur, de l'épuisement et des maladies, notamment le scorbut. En 711, Ibn Al-Qasim, avec une armée de 6 000 soldats, prend la route du Sind et remonte vers le sud du Penjab jusqu'à Multan. Al-Hajjaj prend plus de précautions dans la préparation de cette campagne, Ibn Al-Qasim restant en contact permanent avec lui.
Ibn Al-Qasim passe par le sud, établissant sa base dans la région du Makran. De là, il part pour Thatta pour y libérer les captifs et captives faits lors de la première campagne échouée et faire jonction avec une flotte de ravitaillement. De Thatta, Ibn Al-Qasim part à Nerun Kot[6], le gouverneur bouddhiste ayant fait allégeance au calife lors de la première campagne. De là, Ibn Al-Qasim remonte l'Indus sur sa rive droite vers Siwistan[7] où il reçoit le soutien de divers chefs de tribus. Le roi du Sind, Raja Dahir (en), essaie d'empêcher Ibn Al-Qasim de franchir l'Indus. Il n'y parvient pas et la bataille a lieu à Raor[8], en 712. Raja Dahir meurt au cours de la bataille. Son fils, Jaisiah, rassemble des troupes à Brahmanabad, près de l'actuelle Lahore. Ibn Al-Qasim assiège la ville pendant six mois avant de la prendre, mais Jaisiah fuit avant même que les Omeyyades n'y parviennent.
À Brahmanabad, Ibn Al-Qasim commence à organiser le gouvernement de ce nouveau pays. Il se dirige vers Aror (actuelle Rohri), l'ancienne capitale du Sind, qui se rend sans combat, puis reprend la direction du nord vers Multan qui est prise. Il reçoit alors un ordre venant d'Al-Walīd Ier lui enjoignant d'arrêter sa campagne. Après la conquête de Multan, Ibn Al-Qasim essaie d'établir l'ordre dans ces territoires nouvellement conquis. Il fait preuve d'une certaine tolérance religieuse qu'Al-Hajjaj ne manque pas de critiquer. Ibn Al-Qasim se prépare à attaquer le Rajasthan lorsqu'Al-Hajjaj meurt.
Conquêtes en Anatolie
Maslama ibn ʿAbd Al-Malik, général et demi-frère d'Al-Walīd Ier, entreprend une campagne en Anatolie contre l'Empire byzantin. Il conquiert Antioche et pénètre à l'intérieur des terres anatoliennes où il remporte une bataille contre les Byzantins à Tyane, en 707, qui lui permet de rapporter un butin immense[9]. Un an plus tard, Maslama prend la forteresse d'Amorium, donnant ainsi l'accès au centre de l'Anatolie aux Omeyyades. En 712, il termine la conquête de Mélitène et met à sac Amasée et Mistia, où il passe l'hiver. Il prend possession d'Antioche de Pisidie et poursuit vers la Galatie. L'empereur Anastase II essaie de traiter avec Al-Walīd Ier qui refuse. Les Omeyyades préparent alors une flotte pour attaquer directement Constantinople et Anastase II se prépare à résister, accumulant des vivres pour trois ans de siège, et relève les défenses de la ville.
Conquêtes en Afrique du Nord et en péninsule Ibérique
Nommé gouverneur de Ifriqiya, devenue indépendante de l’Égypte, Moussa Ibn Noçaïr pousse jusqu’à l’océan Atlantique vers l’ouest et jusqu’à Sijilmassa vers le sud. Il échoue à prendre Ceuta mais réussit à conquérir Tanger. Il impose l’islam à une population où prédominent des religions traditionnelles, ainsi que des chrétiens et des juifs[10]. Le comte Julien, gouverneur byzantin de Ceuta, s'allie avec Moussa, probablement pour se venger du roi wisigoth Rodéric, qui aurait attenté à l'honneur de sa fille et qu'il considère comme usurpateur. D'autres sources rapportent que le comte Julien négocie avec Musa la reddition de la ville.
En 710, le général Tariq ibn Ziyad envoie Tarif ibn Malik (qui donnera son nom à Tarifa) à la tête de 400 hommes et 100 chevaux pour débarquer au sud de la pénincule Ibérique, tester et préparer la conquête. Selon des sources espagnoles, le comte Julien accompagne Tarif lors de cette expédition, en tant que guide. Au printemps 711, Moussa Ibn Noçaïr envoie Tariq ibn Ziyad à la conquête de la péninsule Ibérique, à la tête de 7 000 à 12 000 hommes. Tariq débarque à Gibraltar (de l'arabe : ǧjabal Tariq, la montagne de Ṭāriq). Après le débarquement, Tariq aurait brûlé ses navires et tenu un discours, devenu célèbre, à ses soldats :
« Ô gens, où est l'échappatoire ? La mer est derrière vous, et l'ennemi devant vous, et vous n'avez par Dieu que la sincérité et la patience […] »
— Tariq ibn Ziyad
La bataille de Guadalete, du 19 au , s'engage entre le Califat omeyyade et le Royaume wisigoth, avec à sa tête le roi Rodéric. La bataille se termine par la déroute et la mort du roi wisigoth. Ṭāriq conquiert ensuite Cordoue, Tolède et Séville. Moussa franchit à son tour le détroit avec 18 000 hommes. Il rejoint Tariq à Talavera. Tariq doit lui remettre son butin. Moussa lui retire son commandement en Al-Andalus, son fils ʿAbd Allāh reçoit cette charge en 712[11].
Mort
L'année avant sa mort, Al-Walīd Ier envisage de désigner son fils ʿAbd Al-ʿAzīz comme successeur à la place de son frère Sulaymān. Sulaymān refuse de se retirer, alors Al-Walīd Ier demande aux gouverneurs de faire allégeance à son fils. Tous refusent sauf les deux fidèles Al-Hajjaj et Qutayba ibn Muslim. Al-Hajjaj meurt peu de temps après. Al-Walīd Ier veut négocier avec son frère, qui se dérobe. Il décide d’aller à sa rencontre, mais en chemin, il tombe malade et meurt (715). Le jour même de sa mort on prête serment à Sulaymān[12].
Réalisations
Constructions

Al-Walīd Ier fait transformer la basilique consacrée à Jean le Baptiste à Damas en mosquée tout en y conservant son mausolée (Jean le Baptiste est considéré en islam en tant que prophète, sous le nom de Yahya). Des artisans byzantins participent à l'édification de la Grande mosquée des Omeyyades[13]. La même année, Al-Walīd Ier ordonne au gouverneur de Médine d'annexer à la mosquée l'enclos des Mères des croyants jusqu'à obtenir une superficie de 200 coudées sur 200 coudées. Il demande à l'empereur byzantin de lui fournir 100 000 mitqal d'or, 100 artisans et quarante charges de mosaïque pour rénover et agrandir la Mosquée du Prophète[14]. Le calife fait également construire à Qusair Amra, probablement entre 711 et 715, l'un des plus célèbres châteaux du désert, exemple remarquable de l'art et l'architecture omeyyades à leurs débuts. Ce château est une résidence destinée à la chasse et aux plaisirs. Al-Walīd Ier fait aussi construire la ville d'Anjar.
Réformes
Al-Walīd Ier poursuit la politique de son père, il développe le système de santé et fait construire des hôpitaux et des centres d’enseignements. Il renforce aussi l’armée et développe une forte marine.