Alain-Michel Boyer
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(à 75 ans) |
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Alain-Michel Boyer est un anthropologue français et historien de l'art, spécialiste de l’Afrique, né le à Vienne (Isère) et mort le .
- Alain-Michel Boyer naît le à Sainte-Colombe-lès-Vienne.
- Études secondaires au lycée Ponsard à Vienne.
- Baccalauréat en 1968.
- Études universitaires à l’Université de Lyon II.
- Diplômé de l’Institut d’études politiques en 1973.
- Agrégé de lettres modernes en 1974.
- En 1974, ayant choisi la coopération pour effectuer son service national et afin de se rendre utile, il part en Côte d’Ivoire comme professeur agrégé de lettres, où il va séjourner deux ans. Dans ce pays, il nouera des contacts très réguliers avec la population des villages.
- En 1975, il épouse Jacqueline, qui lui donnera une fille. Sa fille lui donnera deux petits-fils. Cette même année, son épouse l’accompagne en Côte d’Ivoire pour sa 2e année de séjour dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
- Alain-Michel Boyer a suivi des cours d’anthropologie à Harvard, après l’obtention d’une Fulbright Scholarship.
Carrière universitaire
- 1978-1980 : enseigne à Brandeis University, Boston, États-Unis.
- 1980 : Alain-Michel obtient un poste de maître-assistant de littérature comparée à l’université de Nantes, puis de maître de conférences.
- 1982 : soutient sa thèse en Sorbonne.
- 1996 : obtient son habilitation à diriger des recherches en Sorbonne et devient professeur de littérature comparée.
- De 2008 à 2012 : Alain-Michel dirige 10 thèses13.
- 2015 : professeur émérite.
Immersion en Afrique de l'Ouest
En 1974 il publie l’un des premiers livres consacrés à Michel Leiris, dans lequel il étudie l’influence de la méthode ethnographique sur l’œuvre autobiographique de l’auteur de L’Age d’homme[1].
Michel Leiris ayant mis Alain Michel Boyer en relation avec Denise Paulme, celle-ci l’incite à s’intéresser aux arts de l’Afrique de l’Ouest, notamment du centre de la Côte d’Ivoire, dans la vallée du Bandama, sur la zone de rencontre de deux grandes aires culturelles (celle des Mandé à l’ouest et celle des Akan à l’est).
La création plastique des Baoulé, des Yaouré, des Wan, des Mona, n’était jusque-là pas étudiée. Il effectue une première mission chez les Baoulé (ou Baule), en séjournant pendant deux ans, de 1974 à 1976, à Tounzuébo, village des Baoulé-kodé, proche de Béoumi. Il vécut ensuite pendant deux ans chez les Yohouré (ou Yaouré), de l’autre côté du fleuve Bandama, dans des villages proches de Bouaflé. Il publie les premiers résultats de ses travaux dans la revue Arts d’Afrique Noire de Raoul Lehuard en 1982-1983, sous le titre « Miroirs de l’invisible »[2].
En 2005, il publie, en collaboration avec Michel Butor, L’Homme et ses masques, ouvrage qui réunit des poèmes et des images de sculptures provenant de toute la planète.
En 2006, Les Arts d’Afrique prend en compte l’ensemble des créations du continent ; et en 2007, Le Corps africain, dans le sillage ouvert par Michel Leiris, étudie la manière dont les altérations dans l’apparence de la personne modifient son image originelle, pour la magnifier, la sublimer, et transfigurer l’épiderme au même titre que le bois ou l’or que métamorphosent les sculpteurs et les orfèvres.
Désormais professeur émérite d’art africain, il poursuit ses collaborations avec le musée du quai Branly-Jacques Chirac, la fondation Dapper et le musée Barbier-Mueller de Genève pour l’établissement des catalogues.
Il travaille également comme consultant de Christie's et Sotheby's.
Depuis 2010, Alain-Michel Boyer est membre du comité scientifique de la Fondation Culturelle du Musée Barbier-Mueller qui soutient, au niveau international, des missions d’observations anthropologiques afin de collecter des informations sur la culture matérielle et les croyances des peuples méconnus ou en péril. La publication de livres, photographies, vidéos contribue à écarter la menace de l’oubli pesant sur des communautés sans tradition écrite.
Alain-Michel Boyer a effectué de nombreux séjours de recherche en Côte d’Ivoire[3], de l’ouest du pays, chez les Wè, à l’est chez les Koulango ; mais aussi au Liberia (chez les Grebo[4]), au Mali (chez les Songhaï, les Dogon), au Ghana (chez les Ashantis), ainsi qu’en Tanzanie, au Malawi et dans la vallée de l’Omo, au sud de l’Ethiopie, où il s’est rendu fréquemment[5].
De 2001 à 2010, il a effectué plusieurs campagnes pour photographier des peintures pariétales au Zimbabwe (monts Matobo[6]), en Namibie (vallée de Huab), au Lesotho (Ha Baroana), en Afrique du Sud (Drakensberg), en Algérie (Tassili des Ajjer) et au sud de la Libye (Messak Settafet et Tadrart Akakus).
Il a accompli des recherches décisives concernant les arts de plusieurs peuples de Côte d’Ivoire, notamment en montrant que les statuettes des Baoulé ne sont pas, comme on le croyait, des effigies d’ancêtres, mais des conjoints mystiques et des génies de la brousse[7] ; et il a publié le premier livre (et pour l’instant le seul) consacré aux Koulango et aux Yohouré (ou Yaure), en établissant que les masques de ces derniers ne sont pas des « portraits », mais des hommages rendus à des divinités[8].
Certains de ses livres ont été traduits en anglais, en portugais et en chinois (Taïwan).
Il est également auteur de volumes de poésie[9], pour lesquels il a obtenu le prix de l’Académie de Bretagne en 1989 et le Grand Prix de Poésie de la ville de La Baule en 1996.
En 1976 et 1977, il a collaboré avec Le Monde des livres.
Son ultime ouvrage, édité par les éditions 5Continents à Milan et paru le , porte le titre de Peignes d’Afrique de l’ouest. Cet ouvrage, créé sur demande, fait connaître et valorise une collection privée d’un collectionneur connu.
Alain-Michel Boyer est décédé le .
Décoration
Officier de l’Ordre National du Mérite de la République de Côte d’Ivoire[10]
