Alain-Philippe Malagnac

homme d'affaires, collectionneur d'art et producteur musical français From Wikipedia, the free encyclopedia

Alain-Philippe Malagnac, né le [1],[a 1] à Paris 14e et mort le à Saint-Étienne-du-Grès (Bouches-du-Rhône)[2], était connu comme l'amant de l'écrivain Roger Peyrefitte, cette relation constitua le sujet de plusieurs romans de ce dernier. Alain-Philippe Malagnac était aussi un homme d'affaires[3], collectionneur d'art, producteur musical et compagnon de la chanteuse Amanda Lear.

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Alain-Philippe Malagnac
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Biographie

Selon Roger Peyrefitte, à l'âge de douze ans, sa mère lui fait lire Les Amitiés particulières de Roger Peyrefitte, ce qui lui donne envie de se présenter au casting pour jouer dans le film éponyme de Jean Delannoy et de rencontrer l'auteur du roman[a 2].

Selon Élisabeth Quin, c'est Josée Dayan  assistante de Jean Delannoy  qui le rencontra en 1963, alors qu'il habitait Vincennes et désira faire des photos[4].

C'est en , à l'âge de douze ans et demi, au cours du tournage en l'abbaye de Royaumont, du film Les Amitiés particulières dans lequel il joue le rôle d'un enfant de chœur, qu'il rencontre Roger Peyrefitte. Ils tombent mutuellement en admiration l'un de l'autre ; cet épisode est relaté d'une manière romancée par Peyrefitte dans son roman Notre amour (Flammarion, 1967)[a 3], puis plus précisément dans Propos Secrets (Albin Michel, 1980).

Selon Élisabeth Quin, c'est lorsqu'il avait 13 ans que Peyrefitte tombe amoureux de Malagnac et lorsqu'il en avait 16 qu'ils « devinrent amants »[4].

Commence alors une longue relation amoureuse et professionnelle entre deux. À dix-huit ans, Malagnac exerce la fonction de secrétaire particulier de Roger Peyrefitte qui l'institue légataire universel[5],[a 4]. Leur liaison est également le sujet du récit L'Enfant de cœur (Albin Michel, 1977). À l'âge adulte, soutenu financièrement par Peyrefitte, il commence une carrière d'homme d'affaires dans le domaine du spectacle et de la nuit, et mène un train de vie dispendieux[6] : deux Rolls-Royce, un sarcophage égyptien, des marbres antiques, des objets précolombiens, des tableaux de maîtres, dont un de Maurice Utrillo, achat d'un appartement à Paris rue Cassette et location d'un hôtel particulier à Neuilly-sur-Seine, dans lequel il fait faire de nombreux travaux[a 5].

Il est chargé des relations publiques du club et restaurant de nuit "Le Colony", rue Sainte-Anne, aux côtés de son animateur Gerald Nanty, un ami de Peyrefitte. Au milieu des années 1970, il produit les disques de Guy Bonnardot, avec lequel il entretient une relation, avec l'approbation de Peyrefitte[7]. Il achète un restaurant à Paris, avenue de l'Opéra (Le Belvédère) et à Montfort-l'Amaury (La Moutière)[a 6], est le producteur des spectacles de Sylvie Vartan (palais des congrès de Paris, 1975). Malgré leur succès et l'argent investi, ces activités se soldent finalement par un désastre financier[8], dont Roger Peyrefitte subit les conséquences, car afin de payer toutes les dettes de son amant, il est contraint de vendre sa collection de monnaies, puis sa bibliothèque de livres anciens, sa collection d'objets antiques et son cabinet florentin en ébène incrusté de Lapis-lazuli, d'agates et de pierres rares[a 7] et son célèbre musée secret d'objets érotiques, en plusieurs ventes à Paris de 1974 à 1977, un épisode relaté dans son livre L'Enfant de cœur (Albin Michel, 1978). Selon Philippe Bouvard, Malagnac fit une tentative de suicide deux semaines avant la première de la pièce dont il est l'auteur, Au plaisir Madame (1977). Acculé par ses dettes, il avait avalé des barbituriques avant d'être retrouvé par son conseiller et de subir un coma d'une dizaine de jours à l'hôpital. Alain-Philippe Malagnac s'était engagé en tant que producteur de la pièce, ce dont il n'était pas capable de suivre financièrement. Elle a pu se concrétiser sans l'argent de Malagnac[6].

Selon Roger Peyrefitte, Malagnac aurait obtenu les noms d'"Argens de Villèle" en étant adopté par une aristocrate française vivant en Belgique et demeurée sans descendance[a 8].

En 1978, Alain-Philippe Malagnac rencontre la chanteuse Amanda Lear en tombe amoureux et, lors d'un voyage aux États-Unis, ils se marient à Las Vegas le , une union non reconnue juridiquement en France[a]. Cette union dure jusqu'à la mort de Malagnac, survenue le dans l'incendie du mas dans lequel le couple vivait à Saint-Étienne-du-Grès[9]. Les gendarmes affirment qu'il a péri dans les flammes vers 6 heures du matin, avec une autre personne identifiée comme un « éleveur de chats »[10].

Cette mort brutale à l'âge de quarante-neuf ans, survenue six semaines après celle de Peyrefitte, pose quelques questions. La thèse de l'incendie accidentel est celle qui est retenue par les enquêteurs, qui affirment n'avoir trouvé aucun liquide inflammable dans les décombres [11], même si Peyrefitte, dans ses livres, évoque un « pacte de suicide » entre eux, c'est-à-dire l'intention de se tuer à la mort de l'autre, écrivant notamment que « les rares fois où nous avions parlé de la mort, nous avions dit que l'un suivrait l'autre »[a 9]. Un jeune ami de Malagnac périt également dans l'incendie et une quinzaine de toiles de Salvador Dalí furent détruites dans le sinistre.

Amanda Lear déclare également que, lors de leur rencontre à la fin des années 1970, Malagnac lui aurait déclaré : « J'ai un stock de médicaments prêt, j'ai déjà raté un suicide ; celui-là, je ne compte pas le louper »[12].

Notes et références

Voir aussi

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