Alain Ruscio
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Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne (maîtrise) (jusqu'en ) |
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| Directeur de thèse |
Alain Ruscio, né en 1947 dans le 19e arrondissement de Paris, est un historien, chercheur indépendant, et un militant politique.
En tant que chercheur, il a consacré l'essentiel de son travail, un premier temps, à la colonisation française en Indochine et à la guerre d'Indochine avant de travailler également sur la guerre d'Algérie et l'histoire coloniale.
Il fut membre du Parti communiste français durant 27 ans, jusqu'en 1991.
Carrière professionnelle
Fils d'un immigré italien[1], issu d'une famille de la petite bourgeoisie[2], Alain Ruscio s'est intéressé à l'Indochine coloniale et à la phase finale de cette histoire, la guerre d'Indochine (1945-1954) dont sa thèse de doctorat en histoire, soutenue à l'université Paris I en 1984 et publiée en 1985 sous le titre Les Communistes français et la guerre d'Indochine : 1944-1954[3].
L'appartenance d'Alain Ruscio au Parti communiste français (PCF) — il est membre de la direction des Jeunesses du parti[2] — lui facilite l'obtention de documents publics et privés, notamment au Vietnam, et lui permet d'effectuer deux séjours en tant que correspondant de L'Humanité en Indochine. Selon l'auteur Bui Xuan Quang, le travail de Ruscio est « celui de l'historien, son propos est celui du militant »[4].
De 1978 à 1980, il est journaliste correspondant de presse de L'Humanité au Vietnam et au Cambodge[5]. De cette connaissance du terrain en historien et comme journaliste, il témoigne dans ses ouvrages consacrés plus tard au général Giap et à la chute de Phnom Penh le [6], libérée des Khmers rouges par l'armée vietnamienne.
Ses premiers livres, au milieu des années 1980, découlent de sa thèse de 1984 sur l'action de la CGT contre la guerre d'Indochine, alors oubliée.
Il dirige un Centre d’information et de documentation (CID) sur le Vietnam contemporain, qui a comme fonction de collecter, de classer et de mettre à la disposition du public une masse importante de documents de toutes provenances, en langues vietnamienne, française, anglaise, russe, italienne, etc.
Depuis quelques années, Alain Ruscio a diversifié ses travaux et orienté ses recherches vers une histoire comparative, étudiant les autres colonies françaises. Il a notamment porté ses travaux sur ce qu'il est convenu d'appeler le « regard colonial » et, plus largement, sur l'histoire de la propagande coloniale, publiant une synthèse dès 1996, Le Credo de l'Homme blanc. Regards coloniaux français, XIXe – XXe siècles (Éditions Complexe). Il a aussi participé à la coordination d'un travail collectif, Histoire de la colonisation : réhabilitations, falsifications et instrumentalisations, auquel ont notamment participé Anissa Bouayed, Catherine Coquery-Vidrovitch, Vincent Geisser, Mohammed Harbi, Sébastien Jahan, Gilles Manceron, Gilbert Meynier, Rosa Moussaoui, François Nadiras, Trinh Van Thao...
Son ouvrage, Nostalgérie. L'interminable histoire de l'OAS (Paris, Éd. La Découverte, 2015) soutient que l'organisation qui lutta jusqu'au bout pour maintenir l'Algérie dans l'orbite française avait des racines profondément ancrées dans l'histoire des relations inégalitaires entre les deux communautés, permanentes durant toute la période coloniale. Il critique l'état d'esprit d'un certain nombre de Pieds-noirs continuant à refaire en permanence les combats d'hier et à vouloir une réécriture glorificatrice (voire auto-glorificatrice) de l'Algérie française. Il soutient que l'OAS, au lieu d'être un « bouclier » des Pieds-noirs, a accentué un climat de haine qui a abouti au tragique exode de 1962[réf. nécessaire].
Alain Ruscio a eu comme préfaciers à certains de ses ouvrages Madeleine Rebérioux[7], Raymond Aubrac[8] et Albert Memmi[9].
En 2019, Alain Ruscio publie Les Communistes et l'Algérie. L'ouvrage montre l'engagement du PCF et du PCA dans la lutte pour l'indépendance de l'Algérie, mais aussi les malaises et malentendus qui ont caractérisé la relation du Parti communiste français avec la cause algérienne. Pour l'historien André Loez, bien que « fortement documenté, son propos reste très personnel : il tient à la fois du réquisitoire anticolonial, du martyrologe pour les victimes de la torture et des exactions de l’Organisation armée secrète (OAS), et de l’examen de conscience militant, appuyé sur une formule d’Aragon : les communistes furent-ils bons « par rapport à eux-mêmes » ? »[10]
Engagements politiques
Historien marqué à gauche[11], Alain Ruscio a été militant communiste dès l'âge de 16 ans, adhère au parti peu après la mort du secrétaire général Maurice Thorez en 1964[2] et le demeurera jusqu'en 1991. Il a résumé son parcours politique dans un ouvrage, mi-mémoires, mi-essai politique, intitulé Nous et moi. Grandeurs et servitudes communistes, publié en 2003, qui avait fait l'objet d'un article élogieux de Pierre Vidal-Naquet dans Le Monde[2].
En 2012, il a soutenu Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle[12].
En 2014, il continue son engagement à gauche en appelant à un nouveau départ pour le Front de gauche[13] et signe, en 2018, le manifeste « Pour l’accueil des migrants » publié par les rédactions de Regards, Politis et Mediapart[14].
Lors de l'élection présidentielle de 2017, il appelle de nouveau à voter pour Jean-Luc Mélenchon[15] et en 2020 signe, avec plusieurs personnalités de gauche, une tribune contre la réforme des retraites du président Emmanuel Macron[16].