Albéric Laurent
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Albéric Paul Félix Laurent, né le à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) et mort le à Cernay (Haut-Rhin) était un instituteur et résistant français[1] à l'Occupation de la France par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale et au Régime de Vichy.
Albéric Laurent était le fils de Félicie Marie, née Fébron et de Félix Laurent, un employé de commerce originaire de Gardanne. Très jeune, il devient Pupille de la Nation et est élevé par sa grand-mère. En effet, sa mère décède quelques jours après sa naissance et son père, caporal au 311e régiment d'infanterie lors de la Première Guerre mondiale, meurt au combat à Chauvoncourt le [2].
Il étudie à l'école normale d'Aix-en-Provence et intègre l'Éducation nationale comme instituteur. Il enseigne ensuite à l'école Saint-Louis[3] de Marseille et à l'école Jean Jaurès à Peynier[4].
Le , il épouse Adèle Samat (1910-2003)[5], rencontrée au village de Peynier où il est instituteur.
Résistance
Alors que la Seconde Guerre mondiale éclate, le jeune instituteur est mobilisé le dans le 9e bataillon de chasseurs alpins[4] de l'armée française. Moins d'un an après, en raison de la défaite de la France, il est démobilisé à Pau en .
En 1943, Albéric Laurent, qui s'est rapproché des résistants de la haute vallée de l’Arc, adhère au Mouvement de libération nationale. Il participe en cachant des résistants et des fugitifs persécutés par Vichy ainsi qu'en transportant des armes[6] et informations. Il passe des nuits camouflé dans la garrigue à attendre des colis parachutés par les Alliés[7] et dirige également les nouvelles recrues vers le maquis de Vauvenargues, alors sous les ordres de Max Juvénal[8].
À la suite du débarquement de Normandie, via la terrible Division Brandebourg[9],[10], la Wehrmacht réprime les maquis de Provence. Ainsi le , les nazis écrasent dans le sang la résistance à Jouques lors de l'assaut du Jas du Logis d'Anne[11] et, le , le Maquis de Sainte-Anne. Le , les colonnes allemandes patrouillent dans les forêts de Vauvenargues afin de détruire la poche de résistance qui s'y trouve. Si un grand nombre de maquisards, dont Max Juvénal, échappent aux troupes ennemies en se retirant par anticipation via des itinéraires préparés[8], une partie d'entre eux trouve alors refuge dans l'abri d'Albéric Laurent[12].
À partir du débarquement de Provence en , alors que les troupes des généraux Alexander Patch et Jean de Lattre de Tassigny opèrent dans le Var, la résistance se réorganise pour prendre en tenailles l'armée allemande. Albéric Laurent, devenu une figure de ce groupe, reprend le maquis. Ainsi, la troupe d'une cinquantaine d'hommes va tenir le stratégique col des Portes et mettre en déroute la petite garnison allemande de Puyloubier afin de harceler les convois qui fuient l'avancée américaine[12]. Le , parti à la rencontre des troupes alliées, c'est lui qui, au volant d'une moto, ouvre la route à l'armée américaine et les fait pénétrer dans Vauvenargues[6]. Le , la ville d'Aix-en-Provence est libérée.
Déterminé à ne pas en rester là, le , quelques jours après la création du Groupe des Commandos de Provence, dit « Commando Courson », Albéric Laurent s'engage[13] dans cette armée composée de quelque 600 anciens résistants des Bouches-du-Rhône décidés à libérer la France. Un mois plus tard, il fait mouvement vers le Jura. Cette unité de choc qui, sur le front des Vosges, participa à la libération de Belfort le , ira jusqu'en Allemagne. Albéric Laurent est mortellement blessé lors de la bataille de la poche de Colmar[4] par un éclat d'obus[4],[6],[14] le à Cernay. Il est déclaré Mort pour la France[6],[14],[15].
À titre posthume, il est nommé lieutenant[16] des Forces françaises de l'intérieur, décoré de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance[17],[18]. Pour son engagement, Albéric Laurent est également fait Chevalier de la Légion d'honneur.