Albert Ancel

personnalité politique française From Wikipedia, the free encyclopedia

Albert Daniel Ancel, né le à Paris[1] et mort le à l'Île-aux-Moines, est un homme politique français, maire, conseiller général et député de la Mayenne sous la Troisième République. Figure du légitimisme et de la droite conservatrice, il est connu pour son engagement en faveur des principes religieux et sociaux, ainsi que pour sa gestion controversée de sa fortune personnelle.

CirconscriptionMayenne
LégislatureIre, IIe et IIIe (Troisième République)
Faits en bref Fonctions, Député français ...
Albert Ancel
Fonctions
Député français

(9 ans et 8 mois)
Élection 20 février 1876
Réélection 14 octobre 1877
21 août 1881
Circonscription Mayenne
Législature Ire, IIe et IIIe (Troisième République)
Groupe politique Union des droites
Prédécesseur Circonscription créée
Successeur Circonscription supprimée
Conseiller général de la Mayenne

(11 ans, 10 mois et 4 jours)
Circonscription Canton de Craon
Prédécesseur Prosper Jamet
Successeur Élie-René Herrouet
Maire de Bouchamps-lès-Craon
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris
Date de décès (à 57 ans)
Lieu de décès Île-aux-Moines
Nationalité Française
Résidence Mayenne
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Biographie

Origines et famille

Albert Ancel naît dans une famille aisée, qui comptera plusieurs hommes politiques en Normandie. Albert Ancel est le neveu de Jules Ancel. Il est le petit-fils de Marie-Euphrasie Trois-Œufs-Halligon, veuve d'Alexandre-Henri Colin, et le neveu d'Antoine Trois-Œufs-Halligon, ancien maire de Bouchamps-lès-Craon et député de la Mayenne. Il hérite du Château de la Bouche d'Uzure et d’une fortune estimée à plusieurs millions de francs, principalement grâce à l’héritage de son oncle et de sa grand-mère.

  • Claude Pierre Daniel Ancel (1786-1813)
    • Gustave Ancel (1811-1872) x Marie Amélie Colin (1823-1905)
      • Albert Ancel (1844-1901)
      • Valentine Ancel x Charles de Gourjault (1845-1888)
    • Jules Ancel (1812-1905)
  • Antoine Halligon (1744-1821)
    • Claudine Halligon x Antoine Ambroise Trois Œufs-Halligon (1770-1846)

Carrière politique

Débuts locaux

Propriétaire, Albert Ancel commence sa carrière politique comme maire de Bouchamps-lès-Craon et conseiller général du canton de Craon à partir du . Il est réélu à plusieurs reprises, affirmant son ancrage local et son influence auprès des électeurs ruraux. Il est conseiller général du canton de Craon du au [2].

Député de la Mayenne

Le , Albert Ancel est élu député de l'arrondissement de Château-Gontier (Mayenne) avec 8 256 voix, face à Alexandre Fournier (7 721 voix), le candidat républicain, maire de Château-Gontier aux élections législatives de 1876. Il se présente comme un « enfant du pays », fort du nom de son oncle Antoine Halligon, et promet de défendre les intérêts agricoles et les principes religieux et sociaux[3]. Il soutient le maréchal de Patrice de Mac Mahon et se déclare non républicain, mais prêt à respecter les Lois constitutionnelles de 1875[4].

Il est réélu aux élections législatives de 1877, comme candidat du Gouvernement[5] et aux élections législatives de 1881, malgré des controverses sur son assiduité parlementaire et sa gestion financière personnelle. Il siège à droite parmi les royalistes, et vota en toute circonstance contre le gouvernement républicain. En 1881, il dénonce dans sa circulaire électorale les mesures « tyranniques » du gouvernement républicain, notamment l’expulsion des religieux et la laïcisation des écoles. Il est député de la Mayenne du au .

« ARRONDISSEMENT DE CHATEAU-GONTIER.
M. ANCEL.
ÉLECTIONS DU 21 AOUT 1881[6].
Électeurs,
Deux fois déjà vous m'avez fait l'honneur de m'envoyer représenter à la Chambre des députés vos intérêts, les intérêts conservateurs.
Depuis cinq ans vous m'avez vu à l'œuvre et par mes votes vous avez pu juger ma conduite politique. Je n'ai donc pas à me faire connaître. Les actes sont plus concluants que les déclarations.
Je n'étais pas républicain en entrant à la Chambre, et je ne le suis pas devenu. J'ai vu avec trop d'indignation les mesures violentes et oppressives d'un gouvernement que les Républicains nous représentent comme libéral.
L'expulsion des religieux, l'obligation de l'instruction primaire, la laïcisation des écoles dont on chasse les religieuses et les Frères, et d'où l'on exclut Dieu et la religion, ne sont-ce pas là des actes tyranniques qui nous donnent la mesure du libéralisme de la République?
Que devons-nous aussi penser, nous agriculteurs, dont tous les intérêts sont en souffrance, quand un ministre de ce gouvernement n'a pas craint dédire au concours régional de Versailles, dans un discours officiel  L'agriculture fait entendre des plaintes qui, à bien des égards, ne sont que trop justifiées, mais comment soulager les souffrances de l'agriculture? Que faire contre la concurrence étrangère? Je vous conseille donc de ne pas compter beaucoup sur l'État, il ne peut rien ou presque rien pour vous, parce que vous êtes trop nombreux. » (Discours du Ministre de Affaires étrangères du .)
Je n 'ai pu que protester par mes votes contre ces violences, puisque la minorité de la Chambre était trop faible pour les empêcher.
Mais si la France, comprenant enfin ses intérêts, envoyait à la nouvelle Chambre une majorité conservatrice, vous ne pouvez douter que je serais de ceux qui réclameraient avec le plus d'énergie le rétablissement de ces libertés sans lesquelles notre pays ne peut prospérer.
C'est à vous, Électeurs, de juger si vous devez me continuer l'honneur de vous représenter encore.
Albert ANCEL Député sortant, Conseiller Général, Maire de Bouchamps. Bouches-d'Uzure, le . »

Prises de position

Albert Ancel s’oppose farouchement aux lois laïques et à la politique anticléricale de la Troisième République. Il défend les libertés religieuses et l’enseignement catholique, s’inscrivant dans la lignée des députés légitimistes et conservateurs de l’époque. Il est l'un des 158 députés qui votèrent l'ordre du jour de confiance demandé par le ministère de Broglie lors de la crise du 16 mai 1877[7].

Il est également connu pour avoir soutenu Léon-Armand de Baudry d'Asson lors d’un incident parlementaire en 1881, où ce dernier fut expulsé de la Chambre pour avoir protesté contre l’application des Lois Jules Ferry[8]. Il est suspendu de ses activités de maire par un arrêté préfectoral le suite à son arrêté illégal, tendant à interdire la distribution des prix aux élèves des écoles primaires publiques de sa commune[9].

Vie privée et controverses

Fortune et prodigalité

Albert Ancel, héritier d’une fortune colossale, est réputé pour son train de vie fastueux et ses dépenses excessives[10]. En quelques années, il dilapide une grande partie de son patrimoine, ce qui alarme sa famille, et les créanciers. En août 1882[11], sa mère, Mme veuve Ancel, obtient du tribunal civil de la Seine la nomination d’un conseil judiciaire, Raoul-Henri Pierre Rony, pour gérer ses affaires, le jugeant incapable de gérer sa fortune. A cette époque, Ancel voyageait en Amérique[5].

Cette mesure le place dans une situation juridique délicate[10] : selon l’article 7 de la loi de 1871 :un conseiller général pourvu d’un conseil judiciaire doit démissionner[10]. Cependant, la loi électorale ne prévoit pas cette incompatibilité pour les députés, ce qui lui permet de conserver son mandat parlementaire, bien qu’il s’absente régulièrement des séances[10], et où François-Marie Villiers vote pour lui[10].

Fin de carrière et décès

Albert Ancel quitte la vie politique en 1885. Il se retire dans sa propriété de l’Île-aux-Moines (Morbihan), où il décède le , à l’âge de 57 ans. Ses obsèques ont lieu à Bouchamps-lès-Craon.

Héritage et postérité

Inventions et brevets

Albert Ancel est également associé à des inventions industrielles. En 1882, il est co-titulaire d’un brevet pour un procédé d’extraction des métaux à partir de leurs minerais, en collaboration avec Antonin Thiollier.

Succession et litiges

Après sa mort, sa veuve, née en 1897, hérite d’une rente viagère de 15 000 francs, instituée par testament par sa grand-mère, la veuve Colin. Cependant, des litiges judiciaires éclatent entre les héritiers et la veuve Ancel, notamment à propos de la vente controversée d’actions destinées à garantir cette rente[12].

Voir aussi

Bibliographie

  • Archives départementales de la Mayenne, Élections législatives de 1876, 1877 et 1881 : circulaires et résultats électoraux
  • Nomination d’un conseil judiciaire à M. Albert Ancel, Tribunal civil de la Seine, août 1882.
  • Décès de M. Albert Ancel, Le Figaro, novembre 1901.
  • Brevet US272344A – Process of and apparatus for extracting metals from their ores[13], Antonin Thiollier et Albert Ancel, 1882.
  • Arrêt de la Cour de Paris, , Affaire Ancel c/ héritiers Colin.
  • Le cas de M. Ancel : incompatibilité et règlement de la Chambre, Le Temps, 1882.
  • « Albert Ancel », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]

Notes et références

Liens externes

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